Interview

Kakà : "Avec le Real madrid, les choses ne se sont pas passées comme prévu"

Dans l'entretien qu'il a accordé à FIFA.com, avant un entraînement avec São Paulo, Kaká évoque son nouveau club, mais également celui de ses débuts dans le football professionnel

Auteur : vendredi 03 octobre 2014 20:13

Votre entraîneur Muricy Ramalho a beaucoup parlé de l'influence positive que vous avez sur le groupe, affirmant que malgré votre statut de star reconnue, vous restez l'un des joueurs qui se donnent le plus. Dans votre carrière, y a-t-il eu un joueur qui vous a particulièrement impressionné dans ce rôle ?
J'ai eu l'occasion de travailler avec de très grands joueurs qui étaient des leaders, sans forcément être capitaines. Je pense notamment à Gennaro Gattuso. Quel que soit le match, l'adversaire ou l'enjeu, il courait et se donnait à fond. Gennaro dépensait tellement d'énergie que quand je le voyais courir, je me sentais obligé de l'aider. Je ne pouvais pas faire autrement. Ce genre de comportement fait du joueur un leader naturel, car son attitude rejaillit forcément sur le reste du groupe.

Vous êtes arrivé au plus haut niveau dans le football à un très jeune âge. De fait, l'étiquette de "gamin" vous a longtemps collé à la peau. Aujourd'hui, cela doit vous paraître étrange d'assumer un rôle de vétéran ?
C'est une nouvelle étape dans ma carrière et dans ma vie professionnelle. J'ai commencé à me rendre compte de ce changement de statut quand j'ai été convoqué en équipe du Brésil pour la première fois après la Coupe du Monde 2010. Le changement de génération était frappant. Plusieurs joueurs me disaient : "Quand je jouais en benjamins à São Paulo, t'étais mon idole". C'est là que j'ai commencé à comprendre que quelque chose avait changé. Mais en même temps, c'est plutôt agréable. C'est sympa de voir chez les autres le même regard admiratif que j'avais quand j'étais petit. Parfois, quand toute l'équipe déjeune ensemble, je vois des jeunes qui lancent des regards furtifs dans ma direction. Je ne vais pas me plaindre.

Parlons un peu du football brésilien. Après ce fameux 7 à 1, on a évidemment beaucoup parlé des choses à améliorer...
Améliorer le football brésilien et améliorer la Seleção sont à mon avis deux choses bien distinctes. En équipe nationale, la plupart des joueurs évoluent à l'étranger et le sélectionneur fonctionne différemment. Mais dans le championnat du Brésil, oui, il y a beaucoup de choses à améliorer. Nous avons chez nous un potentiel technique qui pourrait faire du Campeonato Brasileiro l'une des meilleures ligues de la planète. Ce championnat est déjà extrêmement compétitif, mais on pourrait faire beaucoup mieux avec une meilleure organisation et de la planification à long terme. Ce n'est pas grave si pendant un ou deux ans, les résultats sont moyens. Il faut s'inspirer des Allemands. Ils ont mis en place une politique en 2006, l'année où ils ont organisé la Coupe du Monde, et ils en ont récolté les fruits en 2014. Ils ne sont pas partis de rien. Ils ont élaboré un projet, ils l'ont mis en place et ça s'est révélé payant.

Vous avez vous aussi traversé une période de critiques avec la Seleção éliminée en quarts de finale en 2006 et en 2010, lors du premier mandat de Dunga comme sélectionneur du Brésil. Dunga est-il l'entraîneur indiqué pour mettre en place un nouveau processus de rénovation ?
Dunga est un entraîneur qui réussit particulièrement bien à faire adhérer les joueurs au système et à la mentalité qu'il essaie de mettre en place. J'ai travaillé avec lui pendant quatre ans et au début, ça n'a pas été facile, précisément parce que j'étais l'un des rares rescapés de 2006. J'ai d'ailleurs commencé sur le banc et j'ai dû gagner ma place. Je crois qu'en ce moment, Dunga peut-être celui qui va redonner à l'équipe du Brésil un certain sens de l'engagement et du dévouement. "Redonner" n'est peut-être pas le bon mot, car en 2014, ce n'est pas le dévouement qui a manqué. C'est plutôt la combinaison d'une série de facteurs. Mais dans l'ensemble oui, je crois que c'est quelqu'un qui peut beaucoup apporter à la Seleção.

Vous n'avez jamais dit que la Seleção ne faisait plus partie de vos plans. Comment vous situez-vous par rapport à elle ?
Pour moi, la Seleção sera toujours une récompense en fonction de mes performances en club. Ma priorité est donc de jouer régulièrement et de fournir de bonnes prestations aussi souvent que possible. Ensuite, si l'encadrement technique de l'équipe du Brésil estime que je réponds aux critères de convocation, j'accepterai volontiers. Si l'on estime au contraire que je ne réponds pas aux critères, mon objectif sera toujours d'être régulier, de faire de bons matches et de maintenir un niveau élevé, ici à São Paulo.

Quand vous étiez au Real Madrid, pensiez-vous déjà revenir dans les deux clubs qui vous tiennent le plus à cœur, Milan et São Paulo ?
Non, ce n'était pas planifié. Au début, mon intention était de rester au Real Madrid pendant les six années de mon contrat. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Ma priorité était de maintenir une continuité de temps de jeu. C'est ce qui m'a poussé à revenir à Milan. Mon idée était d'avoir le plus de temps de jeu possible et d'évoluer à un niveau suffisamment élevé pour avoir une chance de disputer la Coupe du Monde en 2014. C'était mon choix et je ne le regrette absolument pas. Je n'ai pas été sélectionné pour la Coupe du Monde, mais j'ai réussi à revenir et à bien jouer.

La prochaine étape pour vous est un saut dans l'inconnu, à Orlando City...
Plusieurs facteurs sont entrés dans ma décision d'aller jouer aux États-Unis. Ai-je décidé d'y aller seulement pour le championnat américain, qui est en pleine expansion ?
Il est évident qu'il n'y a pas que ça, même si l'aspect professionnel a beaucoup compté dans ma décision. Mais pas seulement. Je souhaite aussi vivre dans un pays où je n'ai jamais vécu et découvrir une nouvelle culture. Après, le fait de jouer dans un championnat en pleine expansion est également très motivant. Pour l'instant, je n'y pense pas trop. Je suis concentré sur São Paulo, où je suis en train de vivre quelque chose de vraiment très sympa. Je penserai à cette nouvelle étape de ma carrière le moment venu.

Avez-vous déjà commencé à penser à ce que vous ferez après avoir raccroché les crampons ?
Non, je n'ai aucun plan pour l'instant. Aujourd'hui, j'ai un contrat avec São Paulo qui dure jusqu'au mois de décembre et après, j'irai pendant trois ans aux États-Unis. Je n'ai rien planifié à plus long terme. Tout dépendra de ma condition physique et de ma motivation. Aurai-je encore envie de jouer ? De faire autre chose ? Je ne sais pas.

Autre chose, ça pourrait être quoi ?
Si je devais arrêter de jouer aujourd'hui, je n'aurais pas envie de faire quelque chose directement lié au terrain, comme coach ou entraîneur-adjoint. Je préférerais faire quelque chose entre le terrain et l'administration, comme par exemple manager. Mais franchement, je n'ai aucune idée de ce que pourront être mes choix dans trois ou quatre ans.

Par rapport au rôle de manager, avez-vous eu l'occasion de côtoyer quelqu'un qui a suscité cette envie chez vous ?
Leo (Leonardo, directeur technique de Milan entre 2008 et 2009) a occupé cette fonction et s'en est très bien sorti. J'ai de bonnes relations avec lui et nous avons pas mal discuté de son boulot. Il y a aussi Zinedine Zidane. Quand il a rejoint l'encadrement technique de Carlo Ancelotti, je lui ai demandé pourquoi il revenait. Il m'a dit : "Parce que maintenant, le terrain me manque. Quand j'ai arrêté, le terrain ne me manquait pas. D'autres choses manquaient, comme de passer du temps avec ma famille et mes enfants. J'étais ambassadeur du club et j'intervenais de façon sporadique, mais je ne ressentais pas le manque du terrain. Aujourd'hui, je commence à le ressentir. J'ai d'abord donné des coups de main au Real et une opportunité est apparue avec Ancelotti. C'est là que j'ai décidé de revenir". Pour moi, c'est pareil. Je n'ai aucune idée de ce qui me passera par la tête dans quatre ans, si le terrain me manquera ou si au contraire, je n'aurai aucune envie de revoir une pelouse. Laissons le temps faire son travail.

Entretien accordé au site FIFA.com

Publié dans : Brésil Ricardo Kaka

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