Interview

Löw : " Pour le Brésil, il sera impossible de dépasser les attentes "

je ne peux pas dire que nous serons champions du monde

Auteur : lundi 09 juin 2014 15:07

Joachim Löw, vous avez la réputation de vous préparer de façon extrêmement minutieuse avant un grand tournoi. À quel point peut-on planifier le succès, selon vous ?
Il y a un certain nombre de choses que l'on peut planifier, comme la condition physique, les déplacements, le comportement tactique. Mais le succès n'est planifiable que dans une certaine mesure. Nous pouvons poser les bases et augmenter ainsi nos chances de réussite. C'est dans ce sens que nous avons travaillé de manière intensive pendant notre camp d'entraînement dans le Tyrol du Sud. Je suis tout à fait satisfait de l'état d'esprit dont les joueurs ont fait preuve, ils ont joué le jeu, ils ont tout donné. Ce camp d'entraînement était très réussi sur le plan sportif, mais même la meilleure préparation qui soit n'apporte aucune garantie de succès pour la phase finale d'une Coupe du Monde et encore moins pour ce qui est de décrocher le titre.

Vous êtes sur le point de disputer votre quatrième grand tournoi international en tant que sélectionneur. Devient-on plus serein au fil du temps , ou une Coupe du monde reste-t-elle source de stress en dépit de l'expérience ?
Plus la compétition approche et plus je suis calme, parce que je sais que nous avons pensé à tout, je suis confiant. Par ailleurs, je sais aujourd'hui gérer ces situations où la pression est élevée, je dirais même que je les apprécie parfois, d'une certaine manière. J'attends avec impatience les matches de préparation, les entraînements et tout ce que nous allons vivre au Brésil. Pouvoir vivre une Coupe du Monde dans LE pays du football, c'est grandiose.

L’Allemagne propose un style offensif depuis la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud que vous avez mis en place. Cela vous rend-il fier ?
Fier, ce n’est pas le bon mot. Je dirais plutôt que je suis heureux et satisfait. C’est grâce au travail d’équipe que nous avons progressé de cette manière. Et la tâche de l‘entraîneur dépend toujours aussi du profil des joueurs dont il dispose. Nous avons de la chance de ce point de vue-là, les choses évoluent dans le bon sens en Allemagne depuis un certain nombre d’années. Je suis d’ailleurs reconnaissant aux clubs et à leurs centres de formation pour le travail qu’ils fournissent. C’est l’ensemble du football allemand qui fonctionne parfaitement bien. Il serait présomptueux de dire que le football que pratique l’équipe nationale n’est produit que par l’équipe nationale.

Est-il difficile pour un entraîneur de proposer un jeu créatif et tourné vers l’avant tout en préservant les principes de base comme l’endurance et la combativité ?
Ce n’est pas difficile, non. Les fondamentaux sont toujours d’actualité. Nous n’avons jamais négligé ceux-ci, mais nous avons réussi à faire en sorte que la créativité, la fluidité et le plaisir de jouer comptent également parmi les valeurs de l’Allemagne aujourd’hui. Si nous voulons réussir au Brésil, notre jeu doit réunir ces différents attributs. Les joueurs en sont conscients, la plupart d’entre eux ont déjà vécu des matches à fort enjeu et de grands tournois, ils savent quelle attitude ils doivent adopter pour relever un tel défi.

L’Allemagne ne s’est pas toujours montrée très brillante sur le plan défensif ces derniers temps. Avez-vous travaillé sur ce point ?
Nous avons analysé méticuleusement nos matches de ces deux dernières années. Nous avons perdu un peu de rythme dans l’entrejeu. Il est clair que corriger ce problème est l’un des aspects sur lesquels nous mettons l’accent pendant notre préparation. Nous ne devons pas changer de style de jeu. Notre équipe nationale a une philosophie en laquelle nous croyons à 100 %. La préparation a également pour objectif d’aider les nouveaux joueurs à intégrer cette philosophie. Nous accordons bien sûr aussi une attention particulière à notre comportement défensif et c’est valable pour tous les membres de l’équipe, pas seulement pour les défenseurs.

En 2006, vous étiez l’adjoint de Jürgen Klinsmann. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournoi ?
Je ne garde pas qu‘un souvenir en particulier de 2006, toutes les expériences que nous avons vécues étaient bien trop riches et trop variées pour cela. Ce tournoi a été pour nous tous un événement à part et couronné de succès, une période intense et fantastique, que ce soit le premier match à Munich, l’ambiance à Stuttgart, l’accueil à Berlin ou encore le moment le plus fort en émotions, le duel pour la troisième place. Nous avons été portés tout au long de la compétition par une vague d’enthousiasme. La situation au Brésil est différente, parce que le Brésil est le grand favori, pas uniquement aux yeux de la population locale. En 2006, nous avons agréablement surpris les gens, parce que nous avons dépassé les attentes placées en nous. Pour le Brésil, en revanche, il sera impossible de dépasser les attentes.

Le tournoi au Brésil offrira des retrouvailles particulières entre vous et Klinsmann le 26 juin à Recife, lors d'Allemagne - États-Unis. Qu’est-ce que cela vous fait d’être soudain opposés ?
Ce n’est pas la première fois que nous en faisons l’expérience, nous avons déjà vécu cette situation dans le cadre de notre voyage aux États-Unis l’été dernier. Mais il est vrai que cette fois-ci, l’enjeu est plus élevé. Je suis en tout cas toujours heureux de retrouver Jürgen. Nous sommes toujours restés proches. Son avis a de la valeur à mes yeux, il est toujours intéressant pour moi de savoir ce qu’il pense de telle ou telle situation. Ce n’est d’ailleurs pas uniquement valable pour le football. Jürgen est un très bon entraîneur, il a de grandes qualités. C’est un homme très positif, toujours ouvert, mais c’est aussi quelqu’un qui fait un travail méticuleux et qui fait passer sa mission avant tout. Nous formions une bonne équipe quand nous travaillions ensemble, tout simplement. Cette période a été extrêmement enrichissante et m’a marqué. Je sais ce que je dois à Jürgen.

Quelles sont les nouvelles tendances tactiques que vous vous attendez à voir au Brésil ?
Nous avons notre propre système de jeu et nous sommes convaincus de son bien-fondé. Un aspect essentiel de ce système est la flexibilité et c’est aussi la tendance à laquelle je m’attends pour la Coupe du Monde au Brésil. Les équipes doivent plus que jamais être capables de proposer des variantes et de s’adapter, y compris dans leur orientation tactique. Aujourd’hui, il ne suffit plus de maîtriser un seul système.

L’Allemagne peut-elle remporter le titre pour la première fois depuis 1990, après avoir fini troisième des deux dernières éditions de la Coupe du Monde ?
Ce sont mes joueurs qui me rendent optimiste. J’ai une confiance totale en chacun d’entre eux et en ses capacités. Je sais ce dont nous sommes capables, je sais que nous avons une chance. Mais je ne suis pas prophète, ce n’est pas mon rôle. Même si je promettais le titre à l’Allemagne, nous ne serions pas assurés de le gagner pour autant. Il n’y a qu’une chose que je peux dire : nous voulons devenir champions du monde. Nous allons tout donner, nous allons jouer avec passion et avec tout notre cœur, nous voulons faire plaisir à tous les fans de football allemand. Mais je ne peux pas dire que nous serons champions du monde.

Qu’attendez-vous de l’ambiance au Brésil ?
Nous allons vivre une Coupe du Monde dans un pays qui se définit par le football, plus qu’aucun autre. L’enthousiasme que j’ai senti l’année dernière pendant la Coupe des Confédérations était immense. Au Brésil, le football possède une force magique. C’était déjà impressionnant l’an dernier pendant cette répétition générale, alors pendant la Coupe du Monde, ce sera encore plus fort. Je m’attends à ce que le football atteigne un nouveau palier au Brésil. Le jeu continue à évoluer, les joueurs et les équipes continuent à progresser. Une Coupe du Monde réunit les meilleurs et se mesurer aux meilleurs est un vrai plaisir. Et je suis sûr que le Brésil et ses habitants fantastiques et si conviviaux seront de merveilleux hôtes.

                                                                  IN FIFA.com

Publié dans : Brésil Low

Fil d'actualité



Compétitions

Sélectionner

Sondage

Archive

Quelle sélection va le plus vous manquer à la Coupe du Monde 2018 ?

Retrouvez le meilleur de notre communauté

Dossiers

Liste
10:11 | 2017-08-04 PSG : Neymar, 10 dates-clés dans sa carrière

À 25 ans, l'étoile montante du foot possède déjà une carrière bien remplie. La preuve en 10 instants charnières du désormais plus cher joueur de l'histoire.

14:21 | 2017-03-25 Leicester City : Claudio Ranieri, la gloire puis la chute en 10 dates

En un an demi sur le banc de Leicester, Claudio Ranieri a tout connu.

09:56 | 2017-01-01 Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

11:26 | 2016-12-08 A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

Edition PDF

N° 3912 21/11/2017

Archive

Année
  • 2017
  • 2016
  • 2015
  • 2014
  • 2013
  • 2012
  • 2011
  • 2010
  • 2009
Mois
Jour
Voir