Interview

Zambrotta : «L’Algérie a montré un bon niveau au Mondial, elle a tenu tête au champion du monde»

«Ghoulam est un bon défenseur qui s’est imposé au Napoli, en dépit de la présence de grands joueurs»

Auteur : Brahim Hanifi mercredi 25 mars 2015 18:49

M. Zambrotta, nous vous remercions d’abord d’avoir accepté de nous  accorder cet entretien. Ce qui a vite attiré notre attention, c’est votre centre sportif…
Soyez les bienvenus chez nous, c’est un honneur pour moi et je vous remercie pour votre sollicitation. Cela fait moins d’une année que nous avons inauguré ce centre sportif que nous avons baptisé «Eracle Sports Center». C’est un projet destiné aux enfants et à la jeunesse, pour leur permettre d’exercer différentes disciplines, comme le tennis, la natation, le football et le beach-volley. Ce qui aide à créer de nouveaux liens grâce au sport.
Comment vous est venue cette idée ?
C’est une idée qui germait dans ma tête depuis un bon moment. Je voulais faire quelque chose pour ma ville natale, Côme. C’est un projet qui permet aux enfants et aux jeunes de pratiquer du sport. Le football m’a beaucoup donné dans ma vie, je voulais témoigner  ma gratitude en réalisant ce projet sportif. Voir tous ces gens venir ici pour faire du sport est une bonne chose. 
Le public algérien vous connaît parfaitement grâce à votre parcours avec la Juventus, l’AC Milan, le FC Barcelone et la sélection italienne avec laquelle vous avez gagné la Coupe du monde. Que devient actuellement Zambrotta ?
Je suis l’entraîneur de l’équipe FC Chiasso qui évolue en Challenge League, la deuxième division suisse, depuis environ une année et demie. J’ai commencé en tant que joueur, avant de devenir coach de l’équipe première. On a évité la relégation la première saison, idem pour cette année. Voilà, c’est cela mon expérience en tant qu’entraîneur.
Etre joueur ou entraîneur, deux choses complètement différentes, n’est-ce pas ?
Absolument, c’est complètement différent. Lorsque vous êtes joueur, vous venez aux entraînements, aux matches officiels et vous n’avez qu’à suivre les consignes de l’entraîneur. En tant qu’entraîneur, vous devez réfléchir sans arrêt.
Il y a une responsabilité supplémentaire…
Exact, vous devez vous occuper de plusieurs choses : de l’effectif, du groupe, des joueurs, du mercato, discuter avec la direction afin de renforcer l’équipe, en plus de la presse. C’est une grande responsabilité. Sans oublier le travail effectué tous les jours et l’élaboration d’un programme précis.
Vous sentez-vous prêt à prendre en main un grand club comme le Milan par exemple ?
Mission difficile. Il suffit de regarder ce qui se passe avec Inzaghi au Milan, après avoir réussi à gagner le titre avec l’équipe réserve. Mais ce n’est pas la même chose, entraîner l’équipe première est complètement différent. Prendre une grande équipe comme le Milan demande mille fois plus de responsabilités que lorsque vous êtes à la tête d’un petit club. Pipo fait un travail remarquable, même s’il manque d’expérience dans ce domaine. La direction l’a choisi, elle doit lui donner le temps nécessaire pour travailler.
Quelle est l’équipe que vous rêvez d’entraîner en Italie ?
Pour le moment, mon objectif est de faire mon travail comme il se doit à Chiasso et sauver l’équipe de la relégation. Je n’ai pas une équipe précise dont je rêve, tout est possible. Je peux entraîner en Italie, en Europe et partout dans le monde.
Une sélection ?
Oui, ça peut être l’Italie ou un autre pays pour découvrir d’autres mentalités. Je ne peux pas parler précisément de mon parcours d’entraîneur, mon objectif est de continuer dans ce domaine et de pouvoir progresser d’une saison à l’autre. 
A votre avis Gianluca, pour quelles raisons le niveau du football italien a régressé ces dernières années ?
D’abord, c’est la concurrence faite par les grands clubs qui recrutent les meilleurs joueurs du monde en mettant le paquet financièrement. Ce que les clubs italiens ne peuvent pas se permettre actuellement. Contrairement aux années précédentes où le championnat italien attirait les grands joueurs grâce aux salaires offerts. Maintenant, ce n’est pas possible parce que des clubs comme Manchester City, Manchester United, PSG, Real Madrid et FC Barcelone ont plus de moyens. Des moyens incomparables avec ceux de nos clubs italiens. La meilleure solution, c’est de compter sur les jeunes talents et leur donner la confiance et la chance de jouer.
Il y a un club italien en quart de finale de la Ligue des champions et deux autres en Europa League, est-ce le retour du football italien dans le gotha européen ? 
C’est un honneur de voir les équipes italiennes briller dans les compétitions européennes, ce qui signifie le retour du football italien. Juventus a arraché son billet qualificatif sur le sol allemand, c’est extraordinaire.
Comment avez-vous vu justement cette rencontre contre Dortmund ?
La Juve a gagné son match aller par 2 à 1, ce qui fait que tout était possible lors de la rencontre retour. Même si Dortmund revient en force ces derniers temps, la Vieille Dame a validé son billet qualificatif pour le prochain tour sur un terrain difficile et devant un public exceptionnel. On lui souhaite bonne continuation dans cette compétition.
Quelle différence y a-t-il entre la Juventus de Conte et celle D’Allegri ?
Allegri fait du bon travail. Comparativement à la Juventus de Conte ou même de Lippi et Capello, il a creusé l’écart sur ses poursuivants avec une différence de buts énorme. Il est vrai que Conte a réalisé un travail exceptionnel lors des trois dernières années. L’effectif n’a pas beaucoup changé, Allegri a été intelligent en débutant le championnat avec une défense composée de trois joueurs, comme le faisait Conte. Au fil des matchs, il est revenu à une défense à quatre. Pour moi, il fait du bon travail. La seule différence entre les entraîneurs, c’est la relation avec les joueurs et la mentalité.
Conte comptait sur trois défenseurs dans l’axe ; Chiellini, Barzagli et Bonucci, alors qu’Allegri fait jouer Chiellini et Bonucci. Le retour de blessure de Barzagli ne poussera-t-il pas Allegri à une défense à trois ?
Nous devons suivre l’évolution des choses avec le retour de blessure de Barzagli. La Juventus joue actuellement sur tous les fronts : championnat, Coupe d’Italie et  Ligue des Champions. Elle a besoin de tous ses éléments. A ce rythme, il sera facile pour l’entraîneur de gérer le groupe. L’entraîneur fait son équipe en fonction de l’adversaire aussi.
L’écart de points est énorme entre la Juventus et la Roma, peut-on dire que le titre est déjà joué ?
Pour moi, la course pour le titre se poursuit, tout est possible en football. La Juventus sera appelée à fournir plus d’énergie par rapport à la Roma et les autres poursuivants. Nous devons attendre encore pour être fixés. Le mois d’avril sera crucial pour la Juve. 

Vous êtes champion du monde avec l’Italie en 2006, quel est votre sentiment en voyant le niveau actuel de la sélection italienne qui a beaucoup régressé ?
L’Italie n’est pas aussi mauvaise que ça. Prandelli a réalisé une bonne Coupe d’Europe en 2012 en arrivant jusqu’à la finale. Le Mondial du Brésil est le point noir de notre football. Actuellement, l’objectif de l’équipe sous la conduite de Conte est de revenir sur le devant de la scène mondiale. Il y a des cycles qui se terminent et d’autres qui commencent, positifs ou négatifs. Notre époque est terminée en 2008 ou 2009. Il y avait un changement dans l’effectif avec le départ de certains joueurs et l’arrivée de jeunes joueurs. Il faut donc patienter avant de récolter le fruit du travail qui est en train de se faire actuellement.
On dit que la période faste de la sélection italienne s’est achevée avec le départ de Zambrotta, Nesta, Cannavaro, Del Piero et les autres, qu’en pensez-vous ?
C’était une belle période. J’ai commencé ma carrière internationale en 1999, et j’ai participé à une première compétition majeure en 2000 en prenant part à la Coupe d’Europe où nous avons perdu en finale contre la France. On a gagné par la suite la Coupe du Monde en 2006, mais nous n’avons pas brillé ni en 2008 ni en 2010. Ce qui a poussé au départ de certains joueurs pour différentes raisons. Il faut entre sept et huit ans pour que les choses changent. 
Le football italien ne produit pas de joueurs exceptionnels actuellement, comme c’était le cas dans le passé. Partagez-vous cet avis ?
Il y a des joueurs importants dans la sélection italienne, ils sont des cadres comme Buffon, Pirlo et De Rossi. Ils ont fait l’histoire du football italien, en plus de Chiellini. Il est important d’avoir une défense aussi solide que celle de la Juventus. Le problème que rencontrent les jeunes joueurs actuellement  en Italie est le manque de confiance en leurs capacités. On donne plus d’importance aux joueurs étrangers qui évoluent en Italie. Les responsables n’ont pas su exploiter dans les jeunes catégories.
Si on prend l’exemple de Cerci, il a brillé en Italie mais n’a pas pu s’imposer dans le championnat espagnol, un commentaire ?
Les choses sont différentes en Espagne par rapport à l’Italie. Une équipe comme l’Atlético de Madrid, sous la conduite de Simeone, possède ses propres caractéristiques sur le double plan mental et tactique. L’entraîneur argentin travaille beaucoup le côté psychologique avec ses joueurs. Pareil pour Conte avec la Juventus. Il y a plusieurs joueurs qui m’ont révélé qu’ils étaient à bout physiquement à la fin des séances d’entraînement, à cause de la charge de travail. Je pense que c’est ce qu’il s’est passé avec Cerci quand il est parti à l’Atlético Madrid où les entraînements sont épuisants. 
Parlons de la dernière édition de la Coupe du monde, avez-vous suivi les matchs de l’Algérie ?
Oui, j’ai vu certains matches de l’équipe d’Algérie. J’ai exercé comme consultant pour une chaîne de télévision suisse, j’ai suivi beaucoup plus les matchs de l’Italie. Mais j’ai regardé aussi ceux de l’Algérie.
Vous avez vu certainement le match contre l’Allemagne des huitièmes de finale...
Oui, l’Allemagne a gagné après prolongations. L’Algérie a réalisé une belle Coupe du monde. Elle a pu tenir tête au champion, l’Allemagne. Je sais que l’équipe algérienne possède des joueurs talentueux qui évoluent dans différents championnats européens. Ils ont créé beaucoup de problèmes à une équipe habituée aux derniers tours des compétitions européenne et mondiale. L’Algérie a montré qu’elle a fait des progrès ces dernières années grâce au travail effectué par les responsables du ballon rond chez vous. 
Tout le monde s’accorde à dire que le match de l’Algérie était le plus compliqué pour l’Allemagne, qu’en pensez-vous ?
Grâce à ses joueurs qui évoluent en Europe, l’Algérie a donné des sueurs froides pas seulement à l’Allemagne mais à d’autres équipes européennes, comme la Belgique. Plusieurs petites équipes ont montré un bon niveau lors du dernier Mondial et donné du fil à retordre à de grandes équipes. C’est le cas de l’Algérie. Il y a la touche des techniciens qui entraînent ces équipes. Le match de l’Algérie contre l’Allemagne est la meilleure preuve qu’on puisse avoir. L’organisation tactique dont a fait preuve votre équipe a rendu difficile la mission des Allemands. 
Au vu de ce niveau montré en Coupe du monde, le public algérien voyait son équipe gagner la Coupe d’Afrique. Mais elle est sortie en quarts de finale...
Je vous donne l’exemple de l’équipe italienne. En 2006, on a gagné la Coupe du monde et tout le monde nous donnait favoris pour la Coupe d’Europe 2008. Mais nous avons été éliminés par le champion d’Europe, l’Espagne. Je pense que la pression y était pour quelque chose dans l’élimination prématurée de l’Algérie. Lorsque le public s’attend à ce que son équipe brille, cela se répercute négativement sur elle. Je pense qu’après le Mondial, l’Algérie est devenue l’équipe à battre.
Connaissez-vous quelques joueurs algériens surtout ceux qui évoluent dans le championnat italien ?
Oui, mais je ne retiens pas les noms.
Il y a Mesbah qui a joué avec vous au Milan AC…
Oui… oui, il évoluait sur le côté gauche. C’est un jeune joueur intéressant.

On dit qu’il a de grandes qualités sur le plan offensif, mais son point faible est dans la défense, qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas un problème typique à Mesbah, ce sont la majorité des joueurs qui évoluent sur les couloirs qui en souffrent. Moi par exemple, je ne suis pas un joueur de couloir d’origine, mais j’ai appris et évolué avec le temps. C’est un bon élément, je me rappelle lorsqu’il est allé à Parme. 
Et maintenant avec la Sampdoria ?
Oui, c’est un bon joueur surtout sur le plan physique, et même tactique. Mais il doit améliorer son niveau sur le plan défensif. Il va progresser certainement au fil des matchs.
Il y a aussi un latéral gauche qui montre un bon niveau avec Napoli de Rafael Benitez, à savoir Faouzi Ghoulam, un commentaire ?
Quand vous jouez dans une équipe forte qui renferme des joueurs exceptionnels, vous ne pouvez qu’évoluer. Il y a Higuain, Callejon et Hamsik qui sont de grands joueurs et importants, en plus d’un entraîneur qui s’appelle Rafael Benitez dont la devise est toujours la victoire. Ghoulam a réussi à s’imposer en dépit de la présence de grands joueurs. Napoli lui permettra de progresser davantage. 
Gianluca, vous avez joué avec un joueur algérien à la Juventus, n’est-ce pas ?
Un joueur algérien à la Juventus ? Quelle saison ? Ah oui (il rit) c’est Zizou. Il avait la nationalité française, mais il est d’origine algérienne. Je ne peux pas oublier un joueur de la trempe de Zidane. Je suis arrivé en  1999, il y était déjà et il a explosé. Son élégance n’a pas d’égale, il a beaucoup de qualités sur tous les plans. Il a pu  faire la différence dans toutes les équipes où il a évolué, notamment en équipe de France. 
Mais vous l’avez mis sur le banc des remplaçants dans votre onze exemplaire…
(Il rit) Oui, c’était difficile, j’ai joué avec plusieurs stars. Je me rappelle des attaquants avec qui j’ai joué : Messi, Eto’o, Ronaldinho, Thierry Henri, Trezeguet, Del Piero, Ibrahimovic, Zidane, Nedved. A la fin, vous devez choisir trois joueurs seulement, on ne peut pas mettre que des attaquants dans une équipe. 
La fonction d’entraîneur n’est pas aisée, dans ce cas ?
Très difficile, surtout si vous avez la chance d’entraîner de grands clubs avec plusieurs stars. Les choix seront difficiles et compliqués, vous devez dégager une équipe de onze seulement.
Vous devez faire les bons choix…
Absolument, en prenant plusieurs facteurs en considération : physique, technique et psychologique. L’entraîneur devra discuter avec ses joueurs en leur expliquant que le choix d’un joueur aux dépens d’un autre se fait en fonction de l’adversaire et non pas pour d’autres considérations.
Il y a un autre joueur algérien qui fait les beaux jours de Porto, Yacine Brahimi…
Oui, je l’ai vu jouer à plusieurs reprises.
Il a gagné le Ballon d’Or algérien qu’il a reçu des mains de la légende du Milan AC, Franco Baresi, et de la star du Bayern Munich, Franck Ribéry…
L’Algérie a toujours enfanté de grands joueurs, Zidane en est la meilleure preuve. Le football algérien possède de bons joueurs qui font la différence dans les différents clubs européens dans lesquels ils évoluent. 
Quel est le meilleur entraîneur du monde, pour vous ?
C’est difficile, pour moi ce sont les entraîneurs avec qui j’ai eu l’occasion de briller, comme Dino Zoff en sélection, et celui qui m’a donné la plus grande chance de briller est Marcello Lippi, à la Juventus. 
Qui est le meilleur joueur italien de tous les temps ?
Je crois que c’est Roberto Baggio.
Pelé ou Maradona ?
Maradona.
Pourquoi ?
Peut-être parce qu’il était magique, il faisait ce qu’il voulait avec un ballon. Le football aussi était plus difficile à son époque qu’à celle de Pelé. 
Qui est le meilleur entre Messi et Ronaldo ?
C’est un duo formidable. J’avais eu l’honneur de jouer avec Messi que je connais bien et je dirais qu’il est meilleur que Ronaldo. Le Portugais est un joueur complet, mais Messi fait ce qu’il veut lorsqu’il a le ballon dans les pieds.
Lorsque le Clasico se joue, Zambrotta est pour quelle équipe ?
Barcelone, bien évidemment
Cela fera plaisir aux Algériens qui supportent le Barça, contrairement aux fans du Real…
J’ai joué deux saisons avec le FC Barcelone, il est donc naturel que je le supporte lors du Clasico. 
Selon vous, qui est le favori pour gagner la Ligue des champions cette saison ?
Cette fois, ce sera difficile. Il y a plusieurs équipes fortes. Il sera difficile de pronostiquer. Mais je crois que le Bayern Munich sous la conduite de Guardiola devrait gagner, c’est un géant qui a prouvé sa suprématie notamment dans le championnat allemand.
Quel est le plat préféré de Zambrotta ?
Mon plat préféré est «La Pasta». 
Et la pizza italienne ?
Oui, même la pizza, en plus de la Lasagne que j’aime beaucoup.
Vous écoutez quelle musique ?
Je suis fan de la musique italienne des années 70 et 80. Elle me procure beaucoup de joie.
Merci Monsieur Zambrotta…
De rien, merci à vous aussi. 

Publié dans : mesbah ghoulam Del Piero. Zambrotta

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