Interview

Zywotko aux joueurs de la JSK : «Vous représentez un club glorieux, ne l’oubliez jamais une fois sur le terrain !»

«Je n’ai toujours pas digéré la finale perdue face à l’USMBA»

Auteur : Farid Aït Saâda mercredi 30 avril 2014 01:22

 

«Rahmouni ne devait pas tirer le penalty, mais il l’a fait et l’a raté»

 «Les matches contre le Mouloudia ont toujours été chauds, même en championnat»

«La coupe n’a pas souvent réussi à la JSK car tous ses adversaires jouaient le match de leur vie»

«Tous nos matches de championnat étaient des matches de coupe !»

«Je ne sais plus rien de l’équipe actuelle car je ne peux plus capter la télé algérienne»

Le nom de Stefan Zywotko est lié à jamais à l’histoire de la JS Kabylie. Celui qui a été 13 ans durant préparateur physique de la JSK (12 ans avec Mahieddine Khalef, puis 9 mois avec Ali Fergani), avant d’être un éphémère entraîneur en chef durant deux mois, est retourné en Pologne en 1991. Il a été de la période faste du club, celle des titres nationaux et africains. Aujourd’hui âgé de 94 ans, il a gardé toute sa lucidité et n’a pas oublié son passage dans le club kabyle. Plus même : il se sent concerné par tout ce qui touche à la JSK, lui le «Kabyle» de cœur. Inutile de dire donc qu’il a été agréablement surpris lorsque nous l’avons contacté afin de parler de la finale attendue entre la JSK et le MC Alger en Coupe d’Algérie et de quelques souvenirs qu’il garde de cette compétition.

 

 

Est-ce que vous savez que la JSK va affronter le MCA en finale de la Coupe d’Algérie ?

Non, je ne le savais pas… C’est vrai, ça ?

Oui, c’est vrai. Ce sera le 1er mai prochain à Blida.

A Blida ? Ce ne sera pas au 5-Juillet ?

Non, le 5-Juillet est en rénovation.

Il y a tellement de changements en Algérie… La JSK est donc en finale ?

Oui, contre le Mouloudia d’Alger. Cela doit vous rappeler des souvenirs, non ?

Tout ce qui a trait à la JSK me rappelle des souvenirs. Bien sûr, il y a eu des matches contre le MCA. Ce sont des matches qui ont toujours été chauds (rire). Et pas seulement en Coupe d’Algérie ! Même en championnat, ça a toujours été des confrontations spéciales.

Vous souvenez-vous de votre défaite face au MCA en 1983 en huitième de finale de la Coupe d’Algérie ?

Oui, je m’en souviens. Nous méritions de gagner, mais nous ne sommes pas passés. Cela dit, ce n’est pas mon plus mauvais souvenir en Coupe d’Algérie. Le vrai cauchemar, pour moi, a été la finale perdue contre l’USM Bel-Abbès en 1991. Je n’arrive toujours pas, à ce jour, à comprendre comment cette finale a pu nous échapper. Nous l’avions perdue bêtement et je ne l’ai toujours pas digéré !

Comment ça ? Expliquez-vous…

C’est vrai qu’un match de Coupe d’Algérie diffère d’un match de championnat, surtout lorsqu’il s’agit d’une finale, et que l’USMBA avait ses chances pour gagner tout comme nous, mais nous avions commis plusieurs erreurs.  Déjà, il y a eu celle qui a amené le premier but de Sidi Bel-Abbès (mauvais contrôle aux abords de la surface de réparation, ndlr). Et puis, il y a eu ce penalty que nous avions raté et qui aurait pu nous relancer dans le match. Rahmouni n’aurait jamais dû faire ça.

Faire quoi ? Rater le penalty ?

Non. Il ne devait pas le tirer. J’avais désigné un autre jour pour tirer les penalties. Je ne me rappelle pas qui c’était, mais ce n’était pas Rahmouni, j’en suis certain. Or, il avait pris la responsabilité de tirer le penalty et il l’avait raté. Dommage ! C’était le tournant du match.

Pourtant, Rahmouni avait l’habitude de tirer les penalties, comme il l’a fait en finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions face aux Nkana Red Devils de Zambie quelques mois plus tôt dans le même stade du 5-Juillet…

Oui, mais c’est parce que nos adversaires savaient comment il avait l’habitude de tirer que j’avais préféré que ce soit un autre qui le tire.

Est-ce la défaite en elle-même qui vous avait fait mal ou bien le fait d’avoir quitté la JSK sur cet échec ?

Chaque défaite me faisait mal car j’étais un gagneur. D’ailleurs, à la JSK, nous l’étions tous. Les défaites qui font le plus mal sont justement celles qu’on peut éviter.

Vous persistez à croire que vous pouviez gagner ce match ?

Oui. La JSK était champion d’Afrique en titre, vainqueur du championnat de 1990, mais voilà qu’elle est battue par Sidi Bel-Abbès ! Cela montre bien que les matches de Coupe d’Algérie sont tout à fait différents des autres.

La JSK s’apprête à disputer une nouvelle finale. Quel conseil pouvez-vous donner aux joueurs en particulier ?

Pour ne rien vous cacher, je ne connais rien de l’équipe actuelle. Je ne peux pas suivre le championnat d’Algérie car je ne peux plus capter la chaîne de télévision algérienne. Je ne connais pas le niveau réel de l’équipe. Cela dit, je dis aux joueurs une chose : vous représentez un club glorieux qui a marqué l’histoire et qui est l’un des plus titrés en Afrique, ne l’oubliez jamais une fois que vous serez sur le terrain !  Cela doit constituer en soi-même une motivation. La JSK n’est pas n’importe quel club, il faut qu’ils en soient conscients.

En tout cas, même Mahieddine Khalef est allé les voir à l’entraînement la semaine passée pour les encourager…

Quoi ? Mahieddine les a entraînés ?

Non ! Il les a salués, mais il ne les a pas entraînés.

Ah, voilà ! Cela m’aurait surpris qu’il reprenne du service (rire). En tout cas, c’est une bonne chance qu’il soit parti les voir. J’aurais aimé en faire de même, mais je suis très loin. En tout cas, je serai de tout cœur avec la JSK.

Pourquoi, de votre temps, la JSK n’avait remporté qu’une seule fois la Coupe d’Algérie ?

Parce que, d’un côté, c’était difficile d’être performant dans toutes les compétitions, surtout que nous participions presque chaque année aux coupes africaines des clubs et, d’un autre côté, la Coupe d’Algérie est une compétition de quelques matches seulement et ceux qui s’y donnaient à fond étaient généralement des clubs qui n’avaient pas d’ambitions dans le championnat, ce qui fait qu’ils pouvaient la préparer comme il se doit et y consacrer tous leurs efforts. Il ne faut pas oublier aussi une chose : toutes les équipes étaient particulièrement hyper motivées pour battre la JSK ! Pour elles, il s’agissait du match de l’année en championnat, voire du match de leur vie. Que dire alors quand il s’agissait de la Coupe d’Algérie, où tout se règle en un seul match ! De ce fait, on peut dire que tous les matches de championnat que nous disputions, surtout ceux à l’extérieur, étaient des matches de coupe.

N’aviez-vous pas une préférence pour le championnat ?

Nous disputions toutes les compétitions avec la volonté de les gagner. Nous n’avions pas de préférence, mais le championnat était plus facile à gagner pour une équipe forte et talentueuse car c’est le fruit du travail de toute une saison. C’était la régularité qui primait. En revanche, la coupe était sujette à des aléas, comme la forme du jour, les absences ou le climat. Au fait, la JSK est-elle bien placée cette saison dans le championnat ?

Elle est actuellement en 2e position au classement à 6 journées de la fin du championnat, mais bien loin de l’USMA, bien partie pour terminer champion.

(Après un silence) C’est dommage ! La JSK doit jouer pour le titre chaque année.

Un dernier mot ?

Je profite de l’occasion que vous m’offrez afin d’adresser mes sincères salutations à tous mes anciens joueurs, à tous mes amis avec lesquels j’ai travaillé et à tous les supporters de la JSK, même les plus jeunes qui ne me connaissent pas. A présent que je sais que la JSK jouera la finale de la Coupe d’Algérie contre le MCA, j’attends le 1er mai avec impatience, même si je ne pourrai pas regarder le match à la télévision. En tout cas, mon cœur sera avec l’équipe.

 

 

 

 

Il a débuté par une finale perdue, il est parti sur une autre finale perdue

Le destin de Stefan Zywotko est lié à la Coupe d’Algérie de manière quelque peu tragique. En effet, la première compétition à laquelle il a été impliquée comme membre du staff technique de la JSK à un stade avancé a été celle de la Coupe d’Algérie de 1979 contre le NA Hussein-Dey, et elle avait été perdue (1-2), alors que la dernière à laquelle il a participé – en tant qu’entraîneur en chef cette fois-ci – a été également une finale, elle aussi perdue face à l’USM Bel-Abbès en 1991 (0-2). De ce fait, il a débuté et terminé son parcours à la JSK avec deux défaites en finale de l’épreuve populaire. Heureusement qu’entre les deux, il y a eu 7 titres de championnat gagnés, 1 Coupe d’Algérie (quand même !), 2 Coupes d’Afrique des clubs champions et 1 Supercoupe d’Afrique des clubs.

COR AHL

Publié dans : mca JSK Zywotko

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