Interview

Löw: « On ne peut rêver mieux qu'un titre de champion du monde »

Champion du monde avec la Mannschaft au Brésil, Joachim Löw revient sur les instants et les aspects de son travail dans lesquels il puise la force de travailler toujours plus dur. Il évoque également sa volonté de marquer une époque......

Auteur : lundi 19 janvier 2015 08:40

Joachim Löw, félicitations pour votre titre d'Entraîneur de l'Année ! Que représente ce prix à vos yeux ?  
C'est une belle distinction et un grand honneur. J'en suis très fier. Je crois que toute l'équipe, les joueurs, les entraîneurs, l'équipe derrière l'équipe et la fédération méritent cette récompense. Je suis extrêmement reconnaissant envers tous ceux qui ont travaillé à mes côtés pour atteindre ce grand objectif, la victoire en Coupe du Monde.

Votre triomphe en Coupe du Monde est avant tout un exploit collectif. Y a-t-il une personne en particulier que vous souhaiteriez remercier ?
Je remercie ma famille, ma femme et tous ceux qui m'ont toujours soutenu, même dans les moments difficiles. Je pense aussi à mes amis proches, qui sont restés à mes côtés lorsque les choses ne se déroulaient pas comme prévu. Ils ne sont pas là uniquement dans les bons moments, mais pour toute la vie. Je les en remercie du fond du cœur !

Ce titre d'Entraîneur de l'Année représente-t-il la conclusion idéale d'une année parfaite ?
On ne peut rêver mieux qu'un titre de champion du monde. C'est le summum. C'était aussi notre objectif depuis un certain temps. Notre victoire est le fruit d'un dur labeur, mais aussi le résultat d'une série de décisions courageuses prises au sein de la fédération. J'y vois aussi le résultat des grands progrès réalisés au niveau des structures et de la formation dans notre pays. Depuis, tout nous réussit.  

Comment faire encore mieux à l'avenir ?
Nous sommes confrontés à un grand défi : confirmer. Remporter une Coupe du Monde, c'est magnifique ; réussir la passe de deux, c'est autrement difficile. On se perfectionne. Le football aussi se perfectionne. L'Espagne a réussi de très grandes choses. Elle doit être notre modèle.

Qu'est-ce qui rend le Gala FIFA Ballon d'Or si particulier ?
Je crois que la FIFA a su planter un magnifique décor. Tout le monde attend fébrilement les résultats. Les plus grandes stars du football sont présentes. C'est un événement unique en son genre, qui marque la conclusion d'une belle année de football.

En quoi votre vie a-t-elle changé depuis la victoire de l'Allemagne au Maracanã ?
Je n'ai pas le sentiment qu'elle ait vraiment changé. Bien entendu, nos faits et gestes suscitent davantage d'intérêt. Mais ma famille et mes amis sont restés les mêmes. Nous n'oublierons jamais ce titre. Cette joie et ces émotions sont en nous à jamais. Nous avons vécu quelque chose de magnifique. Mais maintenant, il est temps de passer la marche avant. Il faut se tourner vers l'avenir et voir comment nous pouvons maintenir ce niveau. De nouveaux défis nous attendent. On ne peut pas rester éternellement sur ce titre.

On dit souvent de vous que vous ne ménagez pas vos efforts. Certains vous disent même perfectionniste. Au Brésil, l'Allemagne s'est-elle approché ede la perfection ?
Je crois que c'est impossible. Un entraîneur trouve toujours des petites choses ici ou là qui n'ont pas fonctionné. D'un match à l'autre, nous avons livré des performances très inégales. Je pense par exemple au match contre le Brésil, au cours duquel tout s'est déroulé exactement comme prévu pour donner une rencontre à sens unique. Mais contre l'Algérie, nous avons souffert. Nous avons dû lutter et attendre la prolongation avant de faire plier notre adversaire. Parfois, tout ne se passe pas comme prévu. D'un autre côté, il faut aussi prendre en compte le fait que chaque équipe pose des problèmes différents. C'est la raison pour laquelle il faut considérer un tournoi dans son ensemble. Si la victoire est au bout, c'est qu'on a réussi beaucoup de bonnes choses.  

L'UEFA EURO 2016 va vous donner l'occasion de définir de nouveaux objectifs. L'Allemagne connaît un passage de témoin entre deux générations, et il faut maintenir un certain niveau de jeu. Lequel de ces aspects vous semble le plus compliqué à gérer ?
La combinaison des trois ! En premier lieu, nous devons faire face à des changements internes, avec les départs de joueurs qui avaient contribué à stabiliser notre effectif. De plus, nous avons enregistré des blessures et des méformes suite à l'énorme charge de travail que représente une Coupe du Monde. Un tel processus ne peut pas se dérouler sans heurts. En second lieu, le football avance en permanence. Il faut donc toujours chercher à progresser. Quel jeu voulons-nous proposer dans deux ans ? Nous évoluons déjà à un très haut niveau mais, au cours des 18 prochains mois, nous devons encore nous améliorer collectivement, tactiquement et individuellement.

Concrètement, quelles avancées attendez-vous au cours de ces 18 mois sur le plan du jeu, par rapport à ce que vous avez produit pendant la Coupe du Monde ?
C'est compliqué. Je crois que le rythme est encore plus élevé aujourd'hui. Nous étions déjà pratiquement à la limite. Le physique va se développer et la technique doit donc naturellement suivre. Les joueurs qui possèdent une technique irréprochable et qui sont à l'aise dans les petits espaces seront encore plus décisifs dans les années à venir. Qu'en est-il des joueurs capables de prendre les espaces ? Comment utiliser ces espaces ? Comment jouer proprement ? C'est important, car le jeu se resserre de plus en plus. Les équipes sont de plus en plus compactes et il devient de plus en plus difficile de trouver un chemin qui mène au but.

L'Allemagne peut-elle s'imposer en France en 2016 et marquer une nouvelle ère ?
C'est un objectif important. On est toujours heureux de remporter un titre mais on ne peut pas se permettre de se reposer sur ses lauriers, car le temps passe. Il faut beaucoup de qualité, d'intelligence et d'ambition pour remporter trois grands tournois d'affilée, comme les Espagnols l'ont fait avant nous. La première étape consistera pour nous à trouver comment défendre notre titre.

Que faites-vous lorsque vous rentrez chez vous ? Comment parvenez-vous à décrocher du football ?
À la maison, je suis un autre homme ! Bien entendu, je m'investis énormément dans mon travail. Je suis toujours en public et je me dois d'être présent pour mon équipe. Tout ça demande de l'énergie. J'ai donc besoin de phases de repos. J'aime par-dessus tout me retrouver chez moi, en famille ou avec ma femme. Il m'arrive d'inviter des amis proches. J'aime aussi faire du sport. Je me promène en montagne, je fais du VTT, je vais courir ou jouer au football. Je pratique des activités tout à fait normales. Je prends aussi un peu de temps pour moi, loin de tout. J'éteins mon téléphone et je profite du calme.  

Dans le film Die Mannschaft, on voit que vous alliez courir seul sur la plage au Brésil tôt le matin. Au fil de la Coupe du Monde, vous avez pris goût à ce rituel. À quoi pensiez-vous dans ces moments-là ? Au football ou au privé ?
Ah, ça dépend ! Je me suis toujours levé de bonne heure. À six heures, le soleil était déjà levé et il faisait chaud. C'était un moment de calme. Il n'y avait pratiquement personne dehors. Tout le monde ou presque était encore endormi. C'était l'occasion pour moi de me retrouver un peu seul. Dans ces instants, de nombreuses pensées me passaient par la tête. Que s'était-il passé la veille ? Comment battre le prochain adversaire ? Parfois, je réfléchissais à tout autre chose. Dans certaines situations, je cherchais à décrocher en me concentrant uniquement sur la musique dans mes écouteurs. D'un jour à l'autre, c'était très différent. En tout cas, ces quelques heures de tranquillité m'ont donné une certaine liberté et l'occasion de faire des choses importantes pour moi.  

S'il existait un Ballon d'Or pour les activités privées, dans quelle catégorie l'auriez-vous gagné ?  
Là, vous me posez une colle ! Ça ne serait certainement pas la cuisine, en tout cas…

Jürgen Klinsmann confiait récemment à FIFA.com qu'il appréciait particulièrement le fait que vous trouviez toujours le temps de prendre un petit café...
Oui, c'est indispensable ! C'est l'un de mes petits rituels. Dès que l'occasion se présente, j'accompagne un bon ami au café pour prendre un petit expresso… et j'en profite pour ne plus penser au football !

                                                                           IN FIFA.com

Publié dans : allemagne. Low

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