Interview

Di Maria : «Je ne vois pas pourquoi Messi aurait des problèmes avec Mourinho»

Ángel Di Maria répond aux questions de FIFA.com au sujet de son aventure au Brésil, de son départ du Real Madrid, de Cristiano Ronaldo, de Lionel Messi et de sa vision - surprenante - de son propre avenir.

Auteur : mercredi 11 février 2015 18:08

Ángel, en 2014 vous avez gagné la fameuse Décima avec le Real Madrid, mais après ça vous avez quitté le club. L'Argentine a atteint la finale de la Coupe du Monde au Brésil, mais vous avez manqué les deux derniers matches à cause d'une blessure. Es-ce un bilan mitigé ?
Non, non… Je suis très heureux de cette année. Si l'on enlève les blessures, qui peuvent toujours arriver, j'ai réussi de belles choses, comme gagner la dixième Ligue des champions du Real Madrid et aller en finale de la Coupe du Monde. Ça faisait très longtemps que l'Argentine n'y était plus parvenue. Et nous l'avons fait avec la manière, avec beaucoup de hargne et un groupe magnifique. Cette finale est plus que méritée. Donc dans l'ensemble, je suis très satisfait et heureux de ce que j'ai réussi au cours de cette année 2014.

Si vous deviez retenir un moment en 2014, lequel serait-ce et pourquoi ?
Ça va peut-être surprendre, mais je crois que mon plus beau moment a été d'arriver en finale de la Coupe du Monde. C'est quelque chose que je n'aurais jamais imaginé, même pas étant petit. Je n'ai pas pu jouer cette finale, mais ça reste le plus beau moment de ma carrière.

Avez-vous tout de suite compris la gravité de votre blessure contre la Belgique ? 
Oui, je savais que c'était peut-être grave car j'avais mal. Ressentir une grosse douleur dans la course n'est jamais bon signe. J'ai dépassé le défenseur et je me suis retrouvé seul. C'est à ce moment que j'ai ressenti la douleur. Mais j'étais persuadé de pouvoir revenir pour la finale. J'ai tout donné pour essayer de jouer cette finale, mais le football est ainsi fait : il m'a sorti du Mondial sur blessure. Je suis persuadé qu'il me donnera l'occasion de prendre ma revanche. En tout cas je l'espère.

Avez-vous revu certains matches de cette Coupe du Monde ?
Non, j'essaie de résister à la tentation...

Même pas votre but contre la Suisse ?
Celui-là oui… De temps en temps, je vais sur YouTube pour voir comment était l'ambiance dans le stade. Quand vous êtes sur le terrain en Coupe du Monde, vous ne voyez rien de ce qui se passe autour de vous. Ma famille m'avait dit qu'il y avait énormément d'Argentins dans les stades au Brésil, avec une motivation énorme. Je voulais voir ça car quand vous êtes sur la pelouse, vous ne voyez pas ce genre de choses. C'est bien de pouvoir revoir tout ça après coup. En revoyant ces images, je me suis dit que j'aimerais tant pouvoir offrir encore plus au public argentin. Nous avons raté la dernière marche et tous les Argentins en souffrent. J'espère qu'un jour, nous réussirons à aller au bout.

Avez-vous réfléchi à la façon dont vous auriez pu changer le cours des choses si vous aviez joué la finale ?
Non. Je suis très croyant et je considère que si Dieu n'a pas voulu que je joue cette finale, c'est qu'il avait ses raisons. Dans cette finale, il y avait les garçons qu'il y avait et ils ont tout donné. Nous avons eu des millions de possibilités pour gagner ce match, vraiment de très belles occasions de but, mais le ballon n'est jamais entré. Eux, ils en ont eu deux, et le ballon est allé une fois sur le montant et une fois au fond.

Tactiquement, face à une équipe qui défend aussi haut que l'Allemagne, un joueur comme vous aurait-il pu trouver des espaces ?
Oui, oui… Une fois qu'on a vu le match, c'est très clair. Ezequiel Lavezzi et Lionel Messi ont souvent pris les Allemands de vitesse. Si j'avais été là, ça aurait été différent. Avec Leo, nous nous entendions parfaitement depuis le début du Mondial. Mais le football est ainsi fait. Dieu ne voulait pas que je joue cette finale.

Une autre date importante en 2014 a été celle de votre départ du Real Madrid. Avec le recul, comment analysez-vous cette situation ?
Disons que j'avais fait le tour de la question au Real : j'ai gagné une Supercoupe, la Coupe du Roi, la Ligue des champions, la Liga, j'ai gagné tous les titres, sauf la Coupe du Monde des Clubs, car je suis parti avant. Cela faisait quatre ans que j'étais au Real et à un moment donné, on a besoin de changer d'air. J'avais très envie de jouer en Premier League. Je suis le championnat d'Angleterre depuis que je suis tout petit. Je le regardais tous les samedis et tous les dimanches, avant d'aller jouer avec Rosario Central. C'était un de mes rêves d'essayer le football anglais. J'en avais très envie.

En dehors de l'aspect footballistique, comment vous sentez-vous en Angleterre ?
J'y suis très bien. Bon, je ne parle pas du climat ! Mais je suis très heureux, très satisfait. Le public est très chaleureux avec moi. C'est ce qui a le plus de valeur pour moi, et j'ai obtenu cette affection des supporters.

Où en êtes-vous avec la langue ?
Ce n'est pas bon ! Je comprends très peu de choses, mais j'essaie d'apprendre petit à petit. Je suis des cours. J'espère l'apprendre rapidement.

Vous êtes l'un des rares joueurs à avoir évolué en même temps avec Cristiano Ronaldo, en club, et Lionel Messi, en équipe nationale. Peut-on vous demander de les comparer ?
Je répondrai toujours la même chose, à savoir que ce sont deux joueurs complètement différents. Leo, c'est un démarrage très sec, suivi d'un, deux ou trois dribbles, comme si de rien n'était. Cristiano, c'est la puissance, les tirs du dehors de la surface. Ce sont deux joueurs très différents. Si j'étais la FIFA, j'aurais deux Ballons d'Or : l'un que se disputeraient Leo et Cristiano, et l'autre pour le reste des joueurs.

On a beaucoup parlé de Messi récemment, y compris d'un possible départ pour Chelsea. José Mourinho a été votre entraîneur pendant assez longtemps. Les imaginez-vous ensemble ?
Je ne vois pas Leo quitter le FC Barcelone. Ce club lui a tout donné. C'est là qu'il a grandi. Il est donc très difficile de partir. Après, je ne vois pas pourquoi Leo aurait des problèmes avec Mourinho.

Vous avez joué au Real Madrid et à Manchester United. À quoi pouvez-vous encore aspirer ?
Après, revenir à Central, un autre grand ! J'ai joué dans de grands clubs européens, c'est vrai. J'ai participé à deux Coupes du Monde, j'ai gagné la Ligue des champions. J'ai joué au Real Madrid, après avoir commencé en Europe dans une équipe un peu plus petite, Benfica, qui reste quand même l'un des plus grands clubs du Portugal. Maintenant je suis à Manchester United. Après, je crois que l'heure sera venue de revenir en Argentine. J'espère que ça se passera comme ça.

Cette année est celle de la Copa América. Votre plus grand objectif personnel cette saison est-il de la gagner ?
Oui, j'aimerais gagner quelque chose avec l'Argentine. J'ai pu le faire aux Jeux Olympiques et en U-20, mais ça serait bien de boucler la boucle en gagnant une Copa avec les seniors. Cette compétition est très difficile à remporter, car elle réunit des équipes très fortes comme le Brésil, la Colombie et l'Uruguay, qui se battent jusqu'au bout. Ce sera compliqué, j'espère que les choses iront le mieux possible et que nous pourrons apporter un grand bonheur à l'Argentine. Une bonne fois pour toutes.

                                                                                    IN.FIFA.com

 

Publié dans : argentine Di Maria

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