Interview

Ronaldo : ««Je suis sûr que Zidane dirigera un jour l'EDF et qu'il réussira»

Ronaldo, le Brésilien deux fois champion du monde, parle de la trace qu'il a laissée dans le football, de son investissement dans l'humanitaire ou encore de son amitié avec Zinedine Zidane.

Auteur : lundi 27 avril 2015 10:59

Vous ressentez toujours ce besoin de jouer, au point d'avoir annoncé en février que vous alliez reprendre votre carrière, quatre ans après l'avoir arrêtée (le 14 février 2011)?

Bon! (Il hésite.) J'ai pris une équipe aux États-Unis. Elle s'appelle (Fort Lauderdale) Strikers et joue en NASL (la Division 2 nord-américaine de football). Il n'est toutefois pas sûr que je rejoue. Mais il n'est pas complètement exclu non plus que je puisse jouer quelques matches, surtout lors des play-offs. Le Championnat a débuté. Nous venons à la fin si on réussit à s'organiser afin que je rejoue un peu.

La vie de Ronaldo est-elle trop fade sans jouer au football ?

Je me suis beaucoup amusé en jouant pendant toutes ces années. Maintenant, j'ai d'autres projets, d'autres objectifs. C'est pour ça que je continue à énormément travailler et voyager.

 

« Entrainer ? Non, ce n'est pas quelque chose que j'ai dans la tête » 

 

Pourriez-vous devenir entraîneur, comme Zidane ?

Non, non. Ce n'est pas quelque chose que j'ai dans la tête. Ce serait revenir en arrière, car un entraîneur vit dans la même routine qu'un joueur.

 

Aviez-vous prévenu Zidane de cela ?

(sourit.) Oui, mais à la différence de moi c'est quelque chose qui lui plaît. Zizou a beaucoup de patience avec tous les jeunes. Et ça, c'est très important. Moi, je ne
me sens pas préparé pour faire ça.

 

Deviendra-t-il un grand entraîneur, selon vous ?

Oui. Je suis sûr qu'il dirigera un jour l'équipe de France et qu'il
réussira. Il comprend bien le football et il possède cette pédagogie
pour l'enseigner. Ce qui, pour un entraîneur, est fondamental.

 

«Il n'est pas complètement exclu non plus que je puisse jouer quelques matches, surtout lors des play-offs » 

 

On se trompe si on vous dit qu'une réelle amitié vous unit tous les deux?

Non, c'est vrai. Je me souviendrai à jamais de cette première blessure que j'ai eue à endurer et de ce moment, quand il est venu me rendre visite à l'hôpital pour
me souhaiter un prompt rétablissement. Ce geste inoubliable, alors que je n'étais pas sûr de pouvoir revenir à la compétition, compte beaucoup pour moi. Il a
témoigné de toute la profondeur de son amitié.

 

Vous ne lui en voulez donc pas de vous avoir battu en finale de la Coupe du monde 1998 (3-0). Puis d'avoir mis fin à votre carrière en Seleção lors du quart de finale en 2006 (1-0) ?

J'ai toujours été quelqu'un de très attaché au fair-play. Zinedine
m'a incontestablement montré la voie à suivre. C'est un exemple
d'esprit sportif (il sourit). Après, il s'est passé ce qui s'est passé en 1998. Les Brésiliens ont tous souffert. Et Zizou n'y est pas étranger.

 

« Le sacre du Mondial en 2002 a été un moment très important dans ma carrière » 

 

En parlant de Coupe du monde, votre sacre de 2002 reste-t-il votre meilleur souvenir ?

Je dirais oui car ça a été un moment très important dans ma carrière. Avant ce Mondial, j'avais de nouveau été gravement blessé. Je suis de nouveau resté très
longtemps sans jouer (dix-sept mois). Mais j'ai eu la force de me battre et de chercher à rejouer au ballon. J'y suis parvenu et les résultats, comme la manière, ont été là.

 

Qu’avez- vous ressenti, en 2006, en battant le record de Cerd Millier (auteur de 14 buts en Coupe du monde) face au Ghana, en huitièmes de finale ?

Quand on joue, on ne pense pas à marquer des buts pour battre le record de l'autre mais pour soi et son équipe. Je ne cherchais donc pas à devenir le meilleur buteur
de l'histoire de la Coupe du monde (15, toutes phases finales
confondues) mais seulement à jouer, à faire du mieux possible et à gagner. Les statistiques, les records, tout ça, ce n'est pas très important à mes yeux.

 

Voir Miroslav Klose (16 buts) battre à son tour votre record en demi-finales de la Coupe du monde 2014, face au Brésil (7-1), ne vous a donc pas peiné ?

 

Non. Je l'ai vécu de la même façon, avec la même tranquillité d'esprit, Klose l'a battu ? Je suis content qu'il y soit arrivé. La vie continue, non ? Et chacun essaie d'écrire sa propre histoire. Ce n'est pas pour ça que toute la vie de Ronaldo s'annule (il sourit).

 

Pensez-vous que le "Mineiraço", la déroute de la Seleção face à l'Allemagne, a tué le mythe du football brésilien ?

 

Non, je ne le crois pas. Il s'agit d'un moment difficile et important pour le Brésil. Mais je ne pense pas que les résultats de 2014 peuvent rester dans la tête de tous les Brésiliens pour toujours. Maintenant, nous avons la Copa America en juin. J'irai au Chili, où j'espère voir la Seleção se remettre à bien jouer et à gagner.

 

«J’espère voir la Seleção se remettre à bien jouer et à gagner» 

 

L'amour des Brésiliens pour le football vous semble-t-il toujours aussi fort aujourd'hui ?

Bien sûr qu'il continue à être très important ! À l'image de notre pays, qui traverse actuellement un moment très difficile sur le plan économique et avec un
gouvernement en crise, notre football rencontre beaucoup de difficultés. Mais notre football est encore debout. Il continue à apporter de la joie dans les maisons.

Le football fait partie de la vie des Brésiliens.

 

Quel regard portez-vous sur la saison de ceux du Paris-SC ?

Je me rends parfois à Paris, et quand j'y suis, je vais voir des
matches du Paris-SG. Le club réalise vraiment un beau travail. Mais il a affronté un Barcelone trop fort (1-3,0-2, en quarts de finale de la Ligue des champions).

 

Croyez-vous Paris capable de remporter la Ligue des champions ?

Ce sera très difficile. On l'a vu contre le Barça. Mais s'il continue
à réussir de belles choses avec ses Brésiliens, c'est possible.

 

« Benzema est un grand joueur. Il a toujours dit des choses gentilles sur moi  » 

 

Que répondez-vous à Karim Benzema quand il dit que c'est "un honneur" d'avoir dépassé le nombre de buts que vous aviez marqué avec le Real Madrid ?

Que cela m'a fait plaisir d'entendre ça. Comme j'en prends
quand je vais à Madrid et que je le vois jouer. C'est un grand joueur. Il a toujours dit des choses gentilles sur moi. Je suis content d'être une source de motivation pour tant de jeunes joueurs.

 

Avez-vous le sentiment d'être devenu un mythe, comme Pelé ou Maradona ?

Moi, (il hésite.) Je suis ce que je suis. J'essaie toujours de réussir de bonnes choses. Après, les gens choisissent qui ils veulent pour s'inspirer et se motiver. J'espère ne pas décevoir ceux qui mont pris comme exemple.

 

Au regard de votre parcours jalonné de graves blessures, votre plus grande force a-t-elle été mentale ?

La tête est très importante. Tu as besoin d'être heureux, de faire ce qui te plaît, mais surtout d'être très dévoué, organisé et serein.

 

Y arrive-t-on quand on subit autant de pression, comme vous?

J'y suis habitué depuis long temps. C'est pour ça que je vis ma vie comme je l'entends, avec ma famille, sans absolument rien cacher.

 

À trente-huit ans. Comment voyez-vous votre futur ? Dans le poker ? Le cinéma ? La politique ?

Un peu dans tout. Je suis content de ma nouvelle vie. Je peux encore faire ce qui me plaît et je vais continuer ainsi.

 

                                                        IN L’Equipe.fr 

Publié dans : Zidane ronaldo

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