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Christophe Bouchet (ancien président de l’OM ) : «Durant mon passage à Marseille, je n’ai jamais vu ni rencontré M. Khalifa !»

«Dommage qu’un grand joueur comme Belmadi n’ait pas laissé une très bonne impression à Marseille !»

Auteur : Hamza Rahmouni vendredi 06 février 2015 18:51

Durant notre présence à l’hôtel Hilton de Malabo, nous avons eu l’agréable surprise de rencontrer M. Christophe Bouchet, ancien président de l’Olympique de Marseille et en même temps ancien directeur général de Sportfive. L’ancien président phocéen a bien accepté de revenir avec nous sur un sujet tabou, le contrat de sponsoring entre l’OM et Khalifa Airways. Christophe Bouchet a parlé aussi des droits TV puisqu’il a été directeur général de Sportfive. Voici l’entretien.

M. Bouchet, vous êtes ici pour la CAN, mais les Algériens vous connaissent à travers votre passage à la tête de l’Olympique de Marseille…
Ah oui, là il faudra préparer un livre sur tout ça (rire). Je peux vous dire que ç’a été une expérience assez intéressante et palpitante. C’était une excellente expérience pour moi, notamment sur le plan humain. L’OM est un grand club et souvent les gens parlent de ce club comme étant un grand problème. Pour moi, ça s’est très bien passé. J’ai vécu de bons moments à l’OM que je n’oublierai pas et surtout dans une très belle ville.
Comme par hasard, durant votre passage à la tête de l’OM, votre sponsor était Khalifa Airways, une compagnie aérienne algérienne. Ça se passait bien sans doute notamment sur le plan financier ?
Ecoutez ! L’OM ne se portait pas bien, mais pas pour ça. Le sujet du sponsoring est purement technique. Pour ce qui concerne ce sujet, c’est Havas (Ndlr : Havas Advertising) qui fournissait la caution. L’OM était donc tout le temps payé parce que c’était Havas qui a trouvé ce sponsor. On n’a jamais eu de problème avec Khalifa Airways.
Non, mais lors des premiers temps de la signature du contrat, l’argent coulait à flot à l’OM…
Je n’étais pas lors des premiers temps de l’OM avec Khalifa Airways. Moi, j’ai pris les destinés de Marseille en 2002. Quelques mois après, il y avait ce problème, puis Khalifa est parti. Mais Marseille n’a pas eu de souci, puisque Havas nous a payé. On n’avait pas le moindre souci financier.
Et pour le club, il ya eu des turbulences par la suite ?
Non pas de turbulences, on a certes perdu un sponsor mais nous avons trouvé le moyen de le compenser. Il yavait Havas qui nous versait la caution. Mais sincèrement, on a bien fait de le perdre car il commençait à avoir une mauvaise réputation et ce n’était pas une bonne idée de continuer de l’associer avec le club. Pour nous à Marseille, ce n’était pas un sujet tabou, ni une problématique.
Comment étaient vos relations avec le patron du groupe, Khalifa Abdelmoumen ?
Je n’avais aucune relation avec Khalifa. Je ne l’ai jamais rencontré ni discuté avec lui. Je n’avais pas de relations avec ce groupe parce que le contrat avait été signé par Havas. C’est cette dernière (une agence de publicité française) qui était en relation avec le groupe Khalifa. En quelque sorte, c’était l’intermédiaire entre l’OM et le groupe, qui était notre sponsor. Moi je suis arrivé en avril 2002 et je n’ai jamais eu de relations avec Khalifa. D’ailleurs, quelques mois plus tard, le groupe n’était plus sponsor de l’Olympique de Marseille à cause des problèmes que tout le monde connait.
Soyez plus explicite…
Le contrat avec Khalifa a été dénoncé et c’est à partir de là qu’il ya eu cette séparation avec Marseille. Moi, durant mon passage à la tête de l’Olympique de Marseille, je n’ai jamais rencontré le président de ce groupe (Khalifa Abdelmoumen), ni un quelconque dirigeant de ce groupe, c’est la vérité.
Comment et pourquoi le contrat a-t-il été dénoncé ?
C’est Havas qui avait ramené Khalifa à Marseille comme sponsor qui a dénoncé le contrat, parce que tout simplement, cette société n’a pas été payée pendant longtemps. Donc, elle a dénoncé le contrat et Khalifa n’était plus devenu sponsor de Marseille depuis la fin 2002.
Avant votre prise de fonction à la tête de l’OM, le club est venu à Alger pour affronter l’équipe d’Algérie en amical…
Oui, c’était avant ma prise de fonction de président de l’OM. Le club avait affronté la sélection algérienne en amical à Alger. Moi, je ne suis jamais venu à Alger, malheureusement. J’étais absent du match, dommage !
A Marseille, il y a eu Djamel Belmadi qui a laissé une très bonne impression…
Non, je ne suis pas d’accord avec vous. Djamel n’a pas laissé une très bonne impression bien qu’il fût un grand joueur. Je pense que c’est vraiment dommage car il aurait pu réaliser un meilleur parcours. Je vais être plus explicite en disant qu’il a laissé une impression mitigée. C’était un gars qui avait un énorme talent, sans doute un des meilleurs qu’a connus l’OM, mais dommage qu’il n’a pas pu s’affirmer ou même se fondre dans le groupe.
Pourquoi ?
Sincèrement, je n’en sais rien. Peut-être que c’est une affaire de mentalité, après les grands peuvent ne pas réussir. Comme Djamel, il yavait aussi Eric Cantona qui n’était pas à l’aise à Marseille, mais qui a été le meilleur joueur de Manchester United. Dans la vie, on ne sait pas ce qui peut arriver.
Et pour sa carrière d’entraîneur ?
Une excellente carrière. Il fait un début vraiment remarquable en tant qu’entraîneur.
Vous le voyez entraîneur de l’Olympique de  Marseille ?
Oui, pourquoi pas. Il ya le hasard qui joue parfois un rôle important dans la vie. Dans le monde du football, tout peut arriver. Parfois ce sont les contacts avec les gens et les rencontres qui donnent sa chance à quelqu’un.
Et sélectionneur d’Algérie ?
Il ya une grande différence entre être sélectionneur national et entraîneur de club. En club, on a toujours les joueurs à notre disposition pour travailler. Là, on est très à l’aise car on a tout le temps devant nous pour réaliser quelque chose. En tant que sélectionneur, les choses sont vraiment difficiles. Souvent, on n’a pas le temps, notamment concernant les sélections africaines. On a des difficultés à avoir tous les joueurs à notre disposition pour travailler. Après, il y a le hasard comme je vous l’ai dit. Djamel a fait de bons débuts comme entraîneur, maintenant, il va falloir qu’il continue sur cette lancée.
Vous avez été directeur général de Sportfive, comment se déroule la production des grands tournois comme la CAN, par exemple ?
C’est simple, Sportfive agit pour le compte de la CAF. Elle commercialise les droits TV et droit marketing des grands tournois. C’est un partenaire de la CAF dont le contrat court jusqu’en 2016. Cette collaboration a commencé en 1994.
Justement en parlant des droits TV, les chaînes nationales en Afrique du Nord trouvent d’énormes difficultés pour acquérir les droits de retransmission ne serait-ce que terrestre, comme cela s’est produit lors des matchs barrages de la Coupe du monde…
Oui, il y a un problème financier entre Bein Sport et les chaînes nationales. Bein Sport c’est par rapport à l’empreinte satellitaire et la zone de diffusion de Bein Sport, mais Bein Sport doit trouver un accord pour les droits TV terrestres. Il ya un accord en ce sens. Moi, j’étais à Sportfive comme directeur général et on n’était pas au milieu des négociations entre les deux parties. Parfois, on ne savait même pas qui disait vrai. Al Jazeera à l’époque (avant qu’elle ne change d’appellation) disait qu’ils ne voulaient pas payer. Les chaînes nationales disaient que c’était trop cher et on ne savait pas la vérité.
Et pourquoi ce n’est pas Sportfive qui négocie avec les chaînes nationales ?
Sportfive a des contrats par zone. Pour ce qui concerne la zone d’Afrique du Nord et par rapport à l’empreinte satellitaire d’Al Jazeera, c’est Bein Sport qui détient l’exclusivité. Ce contrat prendra fin en 2016. Lors de la prochaine édition de la CAN en 2017, il yaura un autre accord qui sera mis en place, si bien sûr le partenariat entre la CAF et Sportfive sera prolongé. On ne sait pas jusqu’à présent ce qui peut se passer parce qu’il se pourrait qu’il yait d’autres acteurs.
La télévision algérienne a été obligé de pirater le match aller des barrages du mondial à Ouagadougou face au Burkina Faso, après le refus ou l’échec des négociations avec Bein Sport…
On n’est jamais obligé de pirater un match. La question est compliquée sur ce sujet. Bon, je n’ai pas d’avis à donner car je n’ai pas tous les détails, mais je peux vous dire, et même vous, vous le savez très bien, que c’est un problème politique entre l’Algérie et Bein Sport et même d’autres pays d’Afrique du Nord. Je ne peux pas m’étaler là-dessus parce que c’est un autre problème. Je ne connais pas le droit algérien, mais en France par exemple, la loi oblige la vente et interdit les pratiques, comme de ne pas vendre les droits…

Publié dans : Belmadi OM. Christophe Bouchet

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