Interview

Xavi : «Sur le terrain, les Algériens ont joué avec passion et patriotisme, ils ont été de vrais guerriers»

«Feghouli et Brahimi ont été les meilleurs Algériens, je peux même les mettre dans l’équipe du Mondial !»

Auteur : Mohamed Saad mercredi 23 juillet 2014 02:06

Il y a un peu plus de trois ans, Xavi Hernandez nous accueillait à Madrid, en marge d’un regroupement de l’équipe d’Espagne, pour parler football. Déjà à l’époque, il appréciait la qualité des footballeurs algériens qu’il résumait ainsi : agressivité et talent. Il ne croyait pas si bien dire car ce sont ces qualités qui ont permis à l’Algérie d’entrer dans l’histoire de la Coupe du monde. Et Xavi s’en souvient. Avec vous lecteurs du Buteur, il refera le Mondial et reparlera des excellentes prestations des Verts. Tout cela dans un décor spectaculaire au milieu des montagnes de sa Catalogne natale. C’était dans le petit village de Collell niché en pleine montagne, pas loin de la bruyante Costa Brava. Pour y arriver, il fallait avaler des kilomètres d’autoroutes, zigzaguer dans les virages à épingle à cheveux, se perdre pendant une bonne demi-heure en pleine nature, avant de se retrouver dans un monastère sorti de nulle part. Tout cela en plein Ramadhan, au lendemain de la finale de la Coupe du monde. Mais ça en valait la chandelle. Et vous allez vous en apercevoir au cours de cet échange avec l’un des meilleurs milieux de terrain du monde.

Merci Xavi de nous accueillir aussi chaleureusement dans ce décor spectaculaire.
De rien, c’est moi qui vous remercie d’être venu. Nous sommes dans le campus Xavi que j’organise avec ma famille et des amis. Ça fait quand même 16 ans qu’on fait ça pour s’amuser avec les enfants, en jouant au foot.
A quoi sert un campus ? C’est quoi vos objectifs ? Qu’est-ce que tu enseignes aux enfants ?
Bon, les objectifs principaux, c’est d’abord qu’ils passent du bon temps et qu’ils s’amusent. Ensuite, apprendre en une semaine voire deux, tout dépend de chaque enfant, tous les concepts du football que j’ai moi-même appris au Barça. Ils y a des entraîneurs très bien préparés qui ne leur enseignent pas que le football. Ils font d’autres activités, comme monter à cheval ou faire du karting. Ils passent toute une semaine en dormant et en mangeant ici tous ensemble. L’activité principale ou plutôt l’objectif principal, c’est de passer du bon temps et après, j’essaye de leur inculquer les valeurs que j’ai apprises dans le foot.
Tu étais où hier à 21h ? (Ndlr, entretien réalisé au lendemain de la finale de la Coupe du monde)
Hier, j’étais dans ma maison de Barcelone pour voir la finale de la Coupe du monde.
Et…
J’ai souffert. J’ai vraiment souffert pour Mascherano et Messi parce que je crois que eux aussi méritaient une Coupe du monde. Ce sont mes amis, ce sont mes coéquipiers et hier, ils n’ont pas eu de chance. Mais c’est vrai aussi que l’Allemagne a réalisé un grand Mondial. Ils ont une grande équipe, ils jouent très bien au football. L’Allemagne est un juste vainqueur, mais j’étais désolé pour Messi et Mascherano.
L’Allemagne juste vainqueur ? Eh bien merci !
(il rit franchement) L’Algérie devrait être contente, parce qu’elle a été éliminée par le champion, mais surtout parce qu’elle a fait une grande Coupe du monde. Elle a prouvé au monde entier ce qu’on avait déjà parlé, il y a quelques années, à Madrid (voir interview Xavi paru sur Le Buteur du 1er janvier 2012). On avait parlé de grands joueurs, d’une grande équipe, de beaucoup de talent. Les Algériens ont confirmé tout ça jusqu’au match contre l’Allemagne, le futur champion du monde. L’Allemagne est donc un juste champion par rapport à ce qu’elle a démontré depuis le début du tournoi.
Les observateurs disent que l’Algérie joue avec le cœur. Ça me rappelle vos propres paroles, il y a quelques années, lorsque vous avez dit que les Algériens sont de vrais guerriers sur le terrain…
Et c’est vrai !
Quelles sont les autres qualités des Algériens ?
Ce sont des passionnés, très patriotes, des guerriers. Ils sont très agressifs. Après, il y a des joueurs avec beaucoup de talents. Par exemple, j’aime bien Feghouli comment il joue. J’aime aussi Brahimi. Ici, nous avons Lacen qui n’a pas eu beaucoup de temps de jeu, mais qui a bien travaillé à chaque fois qu’il a été incorporé. Nous avons vu des joueurs algériens spectaculaires sur le plan technique. Je crois que les Algériens feront une grande Coupe du monde en Russie. C’est une équipe à tenir en compte. Je vous l’ai dit il y a deux ou trois ans, je ne sais plus.
Trois ans…
Oui, trois ans. Je crois que les Algériens avaient le talent suffisant pour tenir tête aux meilleures équipes de la Coupe du monde.
Vous n’avez pas parlé du gardien de but qui a été un élément important…
Oui, tous. Je crois que le bloc en général a été très bon. Les Algériens étaient impeccables derrière et partaient très bien en contre avec de grands joueurs. Et ce n’est pas le fruit du hasard. L’équipe se prépare depuis des années, et voilà le résultat !
Vous m’avez parlé de Feghouli. Qu’est-ce qu’il lui manque pour jouer un jour dans un grand d’Europe. C’est vrai que Valence ce n’est pas rien, mais qu’est-ce qu’il lui manque pour jouer à Milan, à la Juve ou autre ?
Valence aussi est un grand club pour moi, parce que là-bas ça joue bien au foot et ça lui permet de faire exploser ses qualités sur le côté. Je crois qu’il aura un avenir immédiat très bon. Dans quelques années, je le vois dans un club vraiment grand. Par son talent et sa qualité technique individuelle, il peut être à un niveau plus haut.
Au moment où vous suiviez la finale, avez-vous pensé à un moment donné que vous auriez pu y être ?
Oui, bien sûr. Ce fut triste. Je crois que l’Espagne n’a pas bien joué. Nous n’avons pas été bons au niveau collectif. Après, il faut dire aussi que nous n’avons pas eu de chance dans le tirage au sort, en tombant dans un groupe vraiment très difficile. Finalement, l’Espagne a réalisé une très bonne première mi-temps face à la Hollande et un très bon match face à l’Australie. Après, il y a une très mauvaise deuxième mi-temps contre la Hollande et un mauvais match contre le Chili. Nous n’avons pas pu rivaliser avec les autres, nous n’avons pas été à la hauteur des circonstances. On attendait beaucoup de nous, mais nous n’avons pas bien joué et c’est triste. Hier, j’y ai encore pensé. On aurait pu y être, en effet, on avait une équipe pour aller loin dans cette Coupe du monde. Maintenant, on valorise beaucoup plus ce qui a été réalisé. Nous avons quand même gagné une Coupe du monde et deux Coupes d’Europe. Dans les années à venir, on valorisera mieux ce qu’a pu faire cette génération.
Vous n’avez pas ressenti de l’ingratitude, après la défaite contre la Hollande, vous particulièrement qui avez été très critiqué ?
Mais c’est normal. L’Espagne n’a pas été à la hauteur des circonstances. Elle a été loin des attentes. En plus, on a pris 5 à 1 dès le début face à la Hollande qu’on avait battue en finale de la dernière Coupe du monde. C’est normal, quand on perd de cette manière et dès le premier match. Quand il y a beaucoup d’espoirs qui finalement ne se concrétisent pas, c’est logique qu’il y ait des critiques. Il faut donc les accepter et reconnaître que la Hollande et le Chili ont été meilleurs que l’Espagne, et point. Ils se sont bien préparés, ils ont bien analysé notre jeu et à la fin, ils ont été meilleurs.
Vous avez parlé de malchance tout à l’heure. Ne pensez-vous pas que la chance, qui vous parfois accompagné ces dernières années, vous a abandonné ? Ce but raté par Silva, avant l’égalisation de la Hollande, n’aurait-il pas changé le cours du match voire le cours du Mondial pour vous ?
Oui. Je crois que cette action a marqué un peu un avant et un après-Mondial. Nous sommes passés d’un 2 à 0 en notre faveur à un 1 à 1 à la pause, en quelques minutes. Ce n’est pas du tout la même chose d’aller au vestiaire avec un 2 à 0 en ta faveur qu’avec un nul. Si on avait marqué ce but, peut-être que, aujourd’hui, on serait en train de parler d’autre chose parce que l’Espagne serait peut-être allée plus loin. C’est évidemment un détail, mais un détail qui aurait changé beaucoup de choses. La chance ne nous a pas accompagnés cette fois-ci, c’est clair.
Finalement, l’année 2014 n’a pas été la vôtre ?
Pas du tout !
En plus des résultats, il y a eu la mort de Vilanova puis celle d’Aragonés ?
Oui, ce fut vraiment une année fatidique sur tous les plans. Le Barça, la sélection et même sur un plan personnel. Deux personnes très importantes pour moi nous ont quittés, Tito à Barcelone et Luis en sélection. J’avais beaucoup d’affection, beaucoup de respect pour ces deux hommes qui ont été des modèles pour moi. Non, ça n’a pas été une année facile pour moi, mais c’est ça la vie. On doit accepter les choses comme elles viennent et essayer que les choses aillent mieux l’année prochaine.
Revenons un peu à la Coupe du monde. Vous m’avezparlé de l’Algérie comme la surprise au Brésil ?
Un peu moins pour moi.
Quelles ont été donc les surprises agréables de cette Coupe du monde ?
L’Algérie a été une surprise spectaculaire pour les gens qui ne suivent pas beaucoup le football, en prouvant sa capacité à rivaliser avec les meilleurs, y compris l’Allemagne, le futur champion. La Belgique est une équipe fantastique qui joue bien au foot, elle a juste manqué un peu de chance en quarts de finale en retrouvant l’Argentine sur son chemin. Enfin, le Costa Rica a été spectaculaire aussi avec sa manière de jouer le contre et sa forme physique. Ce sont les trois surprises les plus agréables de ce Mondial. Je crois qu’à l’avenir, il y en aura plus parce que dans le football d’aujourd’hui, les niveaux des équipes se rapprochent de plus en plus.
Et les déceptions ?
Surtout l’Espagne ! Pour moi, ce fut la grande déception du Mondial, il ne faut pas le cacher. Simplement, nous n’avons pas été bons, nous n’avons pas bien joué et c’est vraiment triste. Il y a l’Angleterre, l’Italie aussi qui avait beaucoup de possibilités, le Brésil à cause de la manière avec laquelle il a perdu contre l’Allemagne. Enfin, il y a beaucoup de déceptions, car à la fin il n’y qu’un seul vainqueur. L’Argentine aussi a été déçue de perdre la finale. Mais je persiste à dire que la plus grosse déception, c’est nous qui n’avons même pas pu passer le premier tour.
J’ai aimé une de vos déclarations durant la Coupe du monde lorsque vous avez dit : «On mourra avec notre philosophie de jeu, même si on perd». Avec du recul, pensez-vous que l’Espagne doit continuer à jouer de la même manière ?
Oui. Je crois qu’il ne faut rien changer. Il faut peut-être améliorer les aspects techniques et tactiques. De la même manière qu’on a pu gagner deux Coupes d’Europe et une Coupe du monde et qu’on a été éliminés au Brésil, on peut réaliser d’autres succès à l’Euro 2016 et en Coupe du monde 2018 en Russie, surtout qu’il y a une nouvelle génération de joueurs qui arrive. L’Espagne a appris au monde entier qu’on peut gagner en jouant bien. Je dirais mieux : l’Allemagne, c’est un peu une imitation, un calque de ce qu’a été l’Espagne durant les derniers grands rendez-vous de football. Finalement, c’est le beau football qui s’est imposé.
Maintenir Del Bosque en poste a donc été une décision sage ?
Je crois que oui.  Il méritait de continuer par rapport à tout ce qu’il a gagné. C’est un entraîneur qui croit et mise sur cette philosophie et qui sait gérer un vestiaire comme celui de la sélection. Le laisser partir aurait été une erreur grave.
Etes-vous capable de me donner comme ça le onze idéal de la Coupe du monde ?
Difficile. Je mettrais beaucoup d’Allemands parce que je crois que l’Allemagne a été la meilleure équipe. Il y a eu des joueurs révélations dont des Algériens, des Belges. Je mettrai aussiMessi, Neymar. Des Colombiens aussi comme James Rodriguez que j’ai failli oublier. A part trois ou quatre surprises, l’équipe qui a marqué la différence a été l’Allemagne avec Muller, Lahm, Toni Kroos, Neuer le gardien de but, Hummelsqui ont été fantastiques. Boateng qui a été spectaculaire en finale.
Quel joueur algérien vous mettriez au moins sur le banc ?
Je mettrais Feghouli, un joueur que j’aime. Il me plaît beaucoup. C’est un joueur capable de jouer à un niveau supérieur à celui où il joue aujourd’hui. Je mettrais aussi Brahimi avec lui.
Qu’est-ce que vous aimez chez Brahimi ?
Son dribble. J’aime ces deux joueurs parce qu’ils sont directs, ils vont droit au but. Brahimi, dans le un contre un, est spectaculaire. L’un des meilleurs au monde au jour d’aujourd’hui. Feghouli aussi parce qu’il voit très bien le jeu et possède une très grande qualité de passe. Il arrive vite au but. Pour moi, ce sont les deux meilleurs joueurs algériens actuellement.
Ils peuvent donc faire partie du onze type !
C’est difficile. Je les mettrais plutôt dans l’équipe remplaçante.
Maintenant, je vais vous poser quelques questions personnelles…
Oui, bien sûr (il sourit).
Quelle est la plus grande qualité chez un homme ?
Je crois que c’est la mentalité. Etre gagneur dans la vie, vouloir triompher avec une ambition contrôlée. Etre altruiste aussi. Moi, j’aime le foot parce qu’il m’a appris à être altruiste, à penser au coéquipier, à être empathique, à penser au groupe. Je crois que le football nous aide à nous former en tant que personne aussi. Je ferai ressortir donc l’ambition et un caractère de gagneur pour pouvoir triompher dans la vie. Ne pas se contenter de peu et vouloir toujours plus. Voilà !
Et chez une femme ?
La même chose. L’ambition, vouloir être la meilleure, s’améliorer tous les jours. Il y a beaucoup d’aspects dans la vie qu’on doit améliorer.
Et quel est le plus grand défaut chez un homme ?
Je dirais l’égoïsme. Penser seulement à soi-même n’est pas bien. Dans la vie, il faut savoir cohabiter avec tout le monde en pensant aux autres.
La même chose pour une femme ?
Exactement la même chose !
Le pays ou la région où vous aimeriez finir votre vie ?
La Catalogne.
Et comment !
(il rit longuement) Je crois que nous avons tout en Catalogne. Nous avons des montagnes, les plages, du beau football, une bonne gastronomie. Nous avons tout. On va dans un autre endroit, on nous propose une chose et on se rend compte qu’on a mieux en Catalogne. Moi, je suis amoureux de la Catalogne. Nous avons la Costa Brava, nous avons Andorre juste à côté. Ici, je m’amuse bien.
Vous avez l’Algérie aussi à côté ?
Oui, en effet.
Et le pays que vous aimeriez visiter un jour ?
Ben l’Algérie puisqu’on en parle ! Pourquoi pas ? J’aime connaître d’autres cultures et d’autres pays. J’aime le contact avec les gens.
Maintenant que vous vous êtes adressé deux fois Algériens, vous commencez à les aimer…
Je commence à vous apprécier, en effet. Mais, je devrais un jour aller en Algérie.
Quel est le plus beau cadeau que vous avez reçu ?
Ma famille. C’est la meilleure chose que j’ai. Mes parents, mes frères, maintenant ma femme, mes amis. Je crois que j’ai eu beaucoup de chance dans la vie d’être dans une famille 10 sur 10, une famille formidable avec de très bonnes valeurs. J’ai aussi beaucoup profité de mon enfance. Laintenant dans le campus, je profite encore,mais avec les enfants. J’ai eu beaucoup de chance dans la vie, je l’avoue.
Il ne manque que vos propres enfants ?
Oui, ce sera dans un futur proche.
Quelle est la chose dont vous ne pourrez jamais vous séparer ?
Le football. C’est ma passion, c’est ma vie. Ça me divertit, ça me passionne. Je suis toujours dépendant du foot. Aujourd’hui, je suis censé être en vacances, mais je viens au campus avec les enfants. J’aime être en contact avec le ballon, avec ce sport qui me passionne tant. Jouer au football et gagner ma vie et le respect des gens, c’est la plus belle chose qui puisse m’arriver.
Quel est le cadeau que vous voudriez qu’on vous offre ?
Rien de particulier, parce que je me considère comme un homme chanceux, un privilégié. Je ne demande qu’à continuer comme ça. Etre en bonne santé, auprès de ma famille et de mes amis et continuer à profiter du ballon en restant dans le giron du football, je ne peux pas demander plus.
Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Le dernier livre que j’ai lu ? Ouf ! Cela fait longtemps quand même. J’avoue que je ne lis pas beaucoup. J’ai lu le livre de Maradona, celui de Michael Jordan. J’aime tout ce qui a un rapport avec le sport, avec le football. J’aime lire les expériences personnelles des sportifs qui ont marqué l’histoire du sport.
Et quel le dernier film que vous avez vu ?
Je pense que c’est un film espagnol que j’ai vu récemment et qui s’intitule : 8 noms basques. Un film d’humour très recommandable.
Dites-moi en un mot ce que veulent dire ces mots pour vous. La Catalogne ?
Un sentiment, une passion. Quelque chose que j’ai au fond de moi. Je suis enraciné à ce pays qui est la Catalogne.
L’Algérie ?
Le plus grand respect pour l’Algérie, les Algériens et vraiment une surprise très agréable pour moi dans le football mondial. Les Algériens le méritent bien parce qu’ils travaillent beaucoup et il y a de la passion là-bas. Donc le maximum de respect pour les Algériens.
Le bonheur ?
Un objectif. Un objectif que j’ai pu atteindre pratiquement durant toute ma vie. J’espère continuer à être heureux.
La religion ?
Beaucoup de respect aussi pour toutes les religions. Je respecte toutes les religions du monde. Chacun choisit sa manière de comprendre la vie et je respecte tout le monde.
La mort ?
C’est notre avenir. Il faut savoir l’accepter, même si c’est difficile à digérer.
Maintenant, on va vous demander de regarder la caméra et de souhaiter un bon Ramadhan aux Algériens parce que comme vous savez, on est en plein mois de jeûne.
Très bien. Ramadan karim pour tous !
 

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L’interview était prévue à Curitiba

Il y a plusieurs mois que Xavi avait accepté de nous accorder cette interview, mais les résultats du Barçaont fait que le club ferme encore plus que d’habitude les portes du club à la presse. On avait donc convenu de faire l’interview avec Xavi à Curitiba, au camp de base de la sélection espagnole. Mais là aussi, la défaite surprenante face à la Hollande puis l’élimination inattendue de l’Espagne ont contraint Xavi de ne pas s’adresser à un média, qui plus est étranger. «Par pudeur et par respect aux supporters de l’Espagne», nous a-t-il dit en zone mixte du match Espagne-Chili au Maracana ponctuée par une défaite synonyme d’élimination de la Roja. Rendez-vous est donc pris après les vacances du joueur catalan.

Xavi accepte notre demande
De retour chez lui, après l’élimination en Coupe du monde, Xavi est resté quelques jours avec la grande famille et les amis, avant de prendre le chemin de l’île d’Ibiza pour y passer quatre jours avec son épouse. C’est après que l’interview était prévue, c’est-à-dire en pleine Coupe du monde. Pour faire le bilan du Mondial, il était préférable pour nous de retarder encore l’interview de quelques jours, une fois que Brésil-2014 soit terminé. Une demande acceptée par Xavi. «Nous avons reporté deux fois notre rendez-vous, pourquoi ne pas le reporter une troisième ?» C’était son dernier sms. Rendez-vous donc a été pris le lendemain de la finale Allemagne-Argentine.  

Campus Xavi, c’était l’idée de son père
Xavi nous a donné rendez-vous dans une montagne de Catalogne, du côté de Gérone, pas loin de la frontière française. Ça s’appelle le Monastère de Collell et c’est là que Xavi organise, depuis 16 années, son campus d’été. Cela a commencé lorsque Xavi n’avait que 18 ans et venait de signer son premier contrat professionnel. L’idée était de son père qui a appris à ses enfants le sens du partage. Durant une semaine pour certains garçons, deux pour d’autres, Xavi partage avec des gamins pas plus haut que trois pommes les valeurs qu’il a apprises à la Masia. Du football bien sûr, mais d’autres sports, comme l’équitation, la natation, le karting, l’escalade sont enseignés aux enfants par des entraîneurs confirmés. On apprend surtout aux enfants à vivre en communauté, à partager et à cohabiter. Xavi mange et discute avec les gosses, prend des photos avec eux et signe deux autographes pour chaque enfant présent au campus.

Des dattes algériennes en guise de dessert
Avant d’embarquer pour Barcelone, nous avons pris le soin de prendre des dattes pour les offrir à Xavi. C’était finalement une bonne idée puisque le joueur de Barcelone en raffole. «Les dattes, il n’y a pas mieux pour un sportif de haut niveau», nous a-t-il dit ravi. «Et je ne vais pas attendre longtemps, je sais que j’ai déjà un succulent dessert pour aujourd’hui». L’interview a eu lieu juste avant le déjeuner de Xavi.

Des enfants assistent à l’interview
Le monastère de Collell est aussi ouvert à d’autres enfants qui viennent passer des vacances en montagne. Trois petits curieux se sont rendus compte que Xavi allait être interviewé par une télévision étrangère, au bord de la piscine, et se sont installés derrière un grillage pour voir de plus près leur idole. C’était avant l’interview. A la fin, ils étaient au moins une centaine à assister au débat entre l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football et El Heddaf TV. Le plus surprenant dans tout cela,c’est que toute cette nuée d’enfants n’a pas fait le moindre petit bruit.

Xavi savait qu’on ne pouvait pas manger
A la fin de l’interview et lorsqu’on pliait nos bagages pour quitter les lieux, M. Joaquin Hernandez, père de Xavi, est venu nous convier au déjeuner que la famille du joueur allait prendre dans l’un des restaurants du monastère. On ne savait pas quoi lui expliquer par rapport au Ramadhan avant que Xavi en personne ne vienne à notre secours pour expliquer à son père que les musulmans sont en pleine période de Ramadhan et que par conséquent, on ne pouvait pas s’associer à la famille Hernandez pour partager la bonne gastronomie catalane.

Il admire le courage d’Afellay pendant le Ramadhan
En disant à son père qu’on était en plein Ramadhan, Xavi a eu une pensée pour son coéquipier Ibrahim Afellay, joueur hollandais d’origine marocaine. «Quel courage !», s’est-il exclamé admiratif. «On s’entraînait très dur en pleine chaleur et lui, il tenait toujours à jeûner, il n’a jamais raté une journée de jeûne», a encore expliqué Xavi.   

Tout était permis, sauf le Barça et son avenir
Depuis que les dirigeants et le nouvel entraîneur du Barça ont commencé à être ambigus sur l’avenir de Xavi, ce dernier, à travers son agent, a décidé d’écouter les propositions d’autres clubs. On a parlé de deux principales destinations pour lui : le Qatar et les Etats-Unis. Mais jusqu’à la réalisation de cette interview, Xavi ne savait pas encore s’il allait quitter le Barça ou reprendre l’entraînement le 24 juillet sous les ordres de Luis Enrique. Et comme il appartient toujours au FC Barcelone, il lui a été interdit de parler de son avenir dans les médias, avant de l’avoir annoncé en conférence de presse. Xavi nous a donc autorisé à lui poser toutes les questions, sauf celles liées à son avenir et au Barça.

Un autographe en échange d’une table
Joan, un petit gamin présent sur les lieux avec son père, en employé du monastère, s’affairait à nous aider à préparer le décor de l’interview. On avait besoin de deuxchaises et d’une petite table pour mettre le micro. Les chaises, on les a vite trouvées, mais pas la petite table. C’était compter sans la disponibilité du petit Joan qui a remué ciel et terre pour trouver la table qu’il nous fallait. Une fois l’installation terminée, Joan, qui semblait avoir une idée derrière la tête, nous a dit : «Je vous ai ramené la table, pourriez-vous dire à Xavi de me signer un autographe s’il vous plaît ?», a-t-il gentiment demandé. Comme il fallait s’y attendre, Xavi n’a pas hésité un seul instant à accéder à sa demande.

Publié dans : algerie fc barcelone Feghouli Espagne Xavi Brahimi

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