Interview

Dahleb : «Mon record a tenu une trentaine d’années, celui d’Ibrahimovic sera difficile à battre»

«Je souhaite qu’un Algérien portera un jour les couleurs du PSG»

Auteur : Moumen Ait Kaci Ali lundi 04 janvier 2016 17:11

Il fait partie du cercle très restreint des meilleurs joueurs de l’histoire de la Ligue 1 française et du Paris Saint-Germain, Mustapha Dahleb a marqué sa génération par son grand talent de footballeur, ses qualités humaines et surtout ses statistiques qui ont duré des années, comme ce record de nombre de buts marqués, récemment détrôné par l’ogre Zlatan Ibrahimovic. Moumous comme aimait l’appeler le public du Parc des Prince se livre au Buteur et aborde avec émotion et beaucoup de fierté cette belle période d’histoire vécue sous les couleurs de l’un des plus prestigieux clubs d’Europe du moment. Entretien !

Tout d’abord, M. Dahleb, on voudrait avoir votre sentiment après avoir rencontré votre ancien coach en sélection, Rachid Mekhloufi ?
Ça fait plaisir. La première fois que j’avais vu Mekhloufi jouer, c’était au stade Colombe, j’étais  jeune, je devais avoir 14 ou 15 ans, ce jour-là, il nous avait vraiment fait grand plaisir, puisque Saint-Etienne avait gagné deux buts à un et il avait marqué les deux buts, ensuite je l’avais retrouvé à l’armée, en Equipe nationale militaire et c’est toujours un vrai plaisir de le croiser encore une fois.
Justement, en évoquant votre service national en Algérie, vous aviez une relation spéciale avec le défunt Djamel Keddou, pouvez-vous y revenir là-dessus ?
Le regretté Keddou était pour moi quelque chose d’important, parce que je venais d’arriver à Alger pour passer mon service militaire et on était ensemble. J’ai eu le plaisir de découvrir un joueur très technique et doué et c’est d’ailleurs  l’une des grandes caractéristiques du footballeur algérien.
Et en dehors du terrain, votre relation était comment ?
On a eu à partager cette partie de notre vie de jeunes sportifs en équipe militaire. Nous avons sympathisé tout de suite, et on a passé des moments ensemble, Allah Yerahmou, c’était un grand ami, j’ai eu la chance d’être invité chez lui, c’était quelqu’un de très proche et de très humain. Il n’hésitait pas à nous ramener des spécialités de chez lui, ça nous permettait d’oublier un peu le régime alimentaire imposé aux sportifs qui était un peu austère (rires).
Surtout les M’hdajebs…
Entre autres, exactement, il nous faisait les plats algérois, et j’ai eu le plaisir de goûter à tout cela (rires).
Durant votre passage au CRB, vous avez eu aussi Keddou comme adversaire, racontez-nous un peu ce qui s’est passé sur le terrain ?
Oui, je l’ai eu comme adversaire lorsqu’il était à l’USMA, il y avait aussi d’autres joueurs comme Maloufi, Allah Yerahmou (Ex-joueur du MCA). C’était l’époque où l’émanation des clubs algériens qui étaient regroupés d’abord à Blida avant de faire partie de la caserne de  Béni Messous où tous les sportifs étaient réunis sous l’égide de l’ancien coach Rachid Mekhloufi.
Lors d’une discussion avec lui, il nous a parlé de vous et de l’époque où l’équipe militaire était le vrai réservoir de l’Equipe première…
C’est vrai, vous abordez une question importante  parce que je crois que l’une des lacunes du football algérien la compétitivité, donc voilà, à cette époque-là, ça permettait aux jeunes de s’affirmer et de passer un autre cap et on peut dire que ça permettait aussi d’avoir une autre perception de préparation  
C’était une époque de joueurs de qualité…
C’était des jeunes qui venaient de tous les clubs, il y avait des joueurs de Constantine et de partout, je me rappelle encore de Ammar de Bel Abbès, Kara le gardien du MCO, c’était l’émanation de la jeunesse sportive nationale.  Je crois que le joueur algérien est comme un peu la ressource minérale qui est la nôtre. Certes, on possède un grand vivier, à l’image de ces jeunes qui vont jouer la finale de la Coupe d’Afrique des moins de 23 ans (entretien réalisé samedi matin) et l’équipe militaire qui a été deux fois champion du monde.
En France, on évoque avec émotions votre record battu, on a appris que vous ne comptiez pas les buts marqués sous les couleurs du PSG…
Les records sont faits pour être battus, c’est l’expression qu’on utilise dans le jargon du football. Moi, franchement, je ne me considérais pas comme un buteur, puisque mêmes les penaltys ne m’étaient pas désignés parce que je n’ai pas tiré beaucoup. Maintenant ça fait plaisir, je crois quand même qu’il a duré  une trentaine d’années et je suis fier que mon record soit battu par un grand joueur comme Ibrahimovic. Par contre, son record sera très dur à battre, je pense.
Ce PSG vous fait rappeler vos souvenirs ou vous le trouvez plus fort ?
Ça n’a aucune commune mesure. Le PSG d’aujourd’hui et celui de notre époque est incomparable. A l’époque, on était une petite épicerie aujourd’hui, Paris est une grande surface.
Depuis Benarbia, on n’a pas trouvé un autre joueur Algérien porté les couleurs de ce grand club européen…
Je souhaite évidemment qu’un joueur algérien puisse atterrir un jour à Paris et pouvoir représenter l’Algérie sous les couleurs du PSG. C’est un souhait, voilà !
Le rêve des investisseurs qataris est de remporter la Ligue des champions, cet objectif est-il réalisable, selon vous ?
Bien sûr. Vous savez depuis que j’ai connu Paris, on avait toujours ce défi de rendre le PSG un grand club. Et là, je pense que c’est en route, chaque année ils améliorent l’équipe, mais il y a toujours ce dernier palier à franchir qui reste dur, donc voilà, ça devrait venir.
Vous avez été honoré, que ressentez-vous ?
Il faut souligner cette journée spéciale, qu’est la commémoration du 11 décembre, c’était important d’informer les jeunes sur une époque douloureuse de notre histoire. Effectivement, le public algérien est toujours passionné du football, ça a été vraiment symptomatique de constater un tel accueil de la part des jeunes et même des femmes qui étaient présentes.
On a vu même des jeunes qui ne vous ont pas vu jouer venir pour prendre des photos…
(Il nous coupe) Heureusement pour eux (rires).
C'est-à-dire, M. Dahleb ?
Ils seraient moins jeunes ! (Rires)
D’accord, alors que ressentez-vous d’être reconnu par ces jeunes garçons ?
 C’est vraiment quelque chose de réconfortant parce qu’on se rend compte que les jeunes sont toujours attachés au football et que tous ces gens-là ne vous ont pas oubliés.
Merci Monsieur Dahleb, un dernier mot ?
Je tiens à rendre hommage à la commune de Sétif qui a honoré ces jeunes sportifs, cela les encourage à travailler et à continuer à bien représenter leur ville et surtout l’Algérie.

Publié dans : Mustapha Dahleb

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