Interview

Slimani : «Brahimi n’est pas mon rival, c’est plutôt un frère et un coéquipier modèle en sélection»

Deux buts, une passe décisive en 3 matchs joués en championnat, le buteur du Sporting de Lisbonne, Islam Slimani, revient dans cet entretien sur son dernier face-à-face avec son équipier en sélection Brahimi

Auteur : Moumen Ait Kaci Ali mardi 30 septembre 2014 13:07

Deux buts, une passe décisive en 3 matchs joués en championnat, le buteur du Sporting de Lisbonne, Islam Slimani, qui compte aussi une titularisation en Ligue des champions, revient dans cet entretien sur son dernier face-à-face avec son équipier en sélection et meneur de jeu du FC Porto, Yacine Brahimi. Honoré par les éloges reçus de la part de l’ancienne star du football mondial, Rabah Madjer, Islam garde les pieds sur terre et nous parle de ses prochains défis avec le Sporting et l’Equipe d’Algérie. Le buteur de l’EN nous parle aussi de la prochaine confrontation face à Chelsea en Ligue des champions. Entretien !

Un match nul contre Porto, c’était vraiment un match plein n’est-ce pas ?
C’était serré, comme d’habitude, c’est un classique très attendu par les fans des deux équipes. Après, je crois que nous avons assisté à une rencontre de bon niveau. On méritait peut-être de gagner sans ce but encaissé contre le cours du jeu mais bon, on est en début de saison, il faut continuer à travailler et ne rien lâcher, après on fera les comptes.
Parlez-nous de vos retrouvailles, ce vendredi, avec votre camarade en sélection, Yacine Brahimi ?
(Rires) C’est avec plaisir que j’ai retrouvé mon ami Yacine. On s’est vus après la rencontre vite fait, parce qu’il devait rallier Porto avec son club. Donc voilà, on a échangé quelques mots en fin de match
Qu’est-ce que vous vous êtes dit au juste ?
On s’est salué, et on a un peu refait le match brièvement. On s’est ensuite quittés en se souhaitant bonne chance pour la suite de nos parcours en championnat et en Ligue des champions. Yacine est un gentil mec que j’apprécie beaucoup en tant qu’homme et en tant que joueur.
Avez-vous abordé la sélection et ces deux matchs qui arrivent face au Malawi ?
Pas spécialement… Je veux dire qu’on ne s’est pas attardés sur cela, on a surtout parlé de quelques trucs personnels concernant notre quotidien au Portugal.
Comment le trouvez-vous avec sa nouvelle équipe à Porto ?
Il emballe tout le monde ici au Portugal. Franchement, Yacine réalise un très bon début de saison avec Porto. Il représente bien l’Algérien et le joueur algérien. Je suis très content de ce qu’il fait, et j’espère que cela durera pour lui, inch’Allah.
Et ce vendredi vous l’avez trouvé comment sur le terrain ?
Très bien, Brahimi est talentueux, techniquement il est très fort donc on savait à quoi s’attendre. Je crois qu’il a bien fait son boulot même si, et heureusement pour mon équipe d’ailleurs, il n’a pas eu la même réussite qu’il a depuis l’entame de la saison
Vous vous attendiez à cette réussite de Brahimi au Portugal ?
Bien sûr, on a passé beaucoup de moments ensemble en sélection et je sais de quoi est capable Brahimi. Son éclosion au Portugal ne m’étonne pas. Je n’avais aucun doute quant à sa réussite avec le FC Porto, pour moi Yacine est un très grand joueur.
Vous-a-t-il demandé votre avis sur le championnat et le football portugais avant de signer à Porto ?
Non, franchement, il ne m’a rien demandé mais il est clair que Brahimi est un joueur avec beaucoup de confiance et assez armé techniquement pour s’imposer dans un championnat aussi technique que celui du Portugal.
«Duel au sommet entre algériens»… Ce titre est revenu toute la semaine dans la presse portugaise, comment l’avez-vous pris, sincèrement ?
Très normal. Je crois que le duel était plutôt entre le Sporting et le FC porto. Brahimi et moi, nous sommes des frères. Il n’y a aucune rivalité entre nous. Au contraire on est plutôt bons partenaires en sélection. Après, chacun de nous fera de son mieux pour représenter de la meilleure façon son équipe sur le terrain.
Parlons un peu de vous, vous étiez à deux doigts de rééditer l’exploit de l’année passée face à Porto, lorsque Indi Martins a sauvé sur sa ligne cette tête que vous avez placée juste avant votre remplacement…
J’étais en pleine extension, j’ai essayé du mieux que je pouvais de redresser cette tête. Le gardien de Porto était battu mais Martins était là, sur la ligne, et m’a privé du but de la victoire.
 Vous avez découvert la Ligue des champions face au Maribor de Slovénie ; racontez-nous vos débuts dans cette compétition ?
C’est la Ligue des champions… il n’y a rien à dire, c’est le plus haut niveau. Franchement, c’est quelque chose d’extraordinaire, avec l’hymne spécial de cette compétition qui vous donne des frissons, moi personnellement, j’ai eu le même sentiment que j’ai ressenti en Coupe du monde, notamment dans le domaine de la concentration et la motivation, c’est le top du football.
Ce mardi ça va être Chelsea, un Champion d’Europe, c’est une autre paire de manches ?
C’est pour ce genre de compétition que l’on aime jouer au football. Ça fait rêver, il faut rester concentrés pour bien aborder cette grosse confrontation.
Qu’est ce que vous ressentez, lorsque la presse internationale et portugaise résume la grande rivalité Sporting-Porto à un sommet entre Slimani et Brahimi ?
C’est une grande fierté ! Sincèrement, c’est pour nous une lourde responsabilité. D’ailleurs tout comme mon ami, Brahimi, et tous les autres internationaux algériens évoluant à l’étranger, on essaye de donner la meilleure image de notre pays. Je pense que faire la Une et occuper de larges espaces dans les journaux portugais est un honneur et un privilège que peu de joueurs peuvent avoir. Donc on doit être à la hauteur pour hisser les couleurs de l’Algérie.
Surtout lorsque ce duel est commenté et analysé par Rabah Madjer, n’est-ce pas ?
C’est exact. Vous ne pouvez pas imaginer ce que Madjer représente ici au Portugal. C’est une légende vivante. Il est adulé partout au Portugal, pas uniquement par les fans du FC Porto. On n’oubliera pas que c’est lui qui a offert la première Coupe d’Europe des clubs champions au Portugal, c’est une grande personnalité.
Pour votre première année professionnelle, vous avez inscrit 14 buts toutes compétitions confondues, et cette saison vous avez marqué 2 buts et délivré une passe décisive en 4 matchs… satisfait de votre bilan ?
 Je commence dans les normes. On va dire même que j’aurais souhaité faire mieux. Malgré le fait que je suis arrivé un peu amoindri, physiquement bien sûr, après ma Coupe du monde jouée avec l’Algérie, je suis en train de retrouver mes marques petit à petit.
Jouer avec Nani, qui a roulé sa bosse à Manchester United, représente quoi pour vous ?
C’est un joueur de grande valeur. Il est aussi un élément d’expérience qui a pratiquement tout gagné avec Manchester United. Son arrivée nous fera du bien et ramènera plus de confiance à notre groupe, notamment en Ligue des Champions. Ma relation avec lui est excellente, on arrive à bien se retrouver et avec quelques matchs ensemble, on fera mal devant.
La CAN 2017 pourrait avoir lieu en Algérie, vous rêvez de disputer cette Coupe d’Afrique, devant votre public, bien sûr, et la gagner ?
C’est normal. Inch’Allah on va avoir cet honneur d’organiser une CAN chez nous. Notre merveilleux public et l’Algérie entière méritent de vivre un tel événement. Pour nous les joueurs, jouer une Coupe d’Afrique à la maison est une forme de motivation pour la gagner et soigner le palmarès de notre football.
Ebossé, vous avez juste fait un commentaire ?
J’étais vraiment sous le choc… vous savez, ça ne sert à rien de revenir sur ce drame, il faut essayer de sensibiliser les gens parce que, à mon avis, c’est très grave d’assister au meurtre d’un joueur sur le terrain. Mais bon, c’est vrai que la violence existe partout dans le monde mais on doit bannir ce genre de comportement dans les stades.
Vous êtes l’idole de plusieurs jeunes Algériens, qu’avez-vous à leur dire pour les sensibiliser dans ce sens ?
Ils doivent comprendre qu’aucun joueur au Monde ne rentre sur le terrain pour perdre. On a tous une famille, des parents qui nous attendent. Il faut être alors sportifs, accepter la défaite, et prendre du plaisir à supporter son club comme le font les gens ici en Europe.
Vous n’avez pas marqué lors des deux derniers matchs de l’EN, la nouvelle tactique du coach Gourcuff vous arrange-t-elle ?
Oui, je me retrouve très bien. C’est vrai que je restais sur une bonne moyenne de buts marqués en sélection mais, comme je l’ai dit, le contexte en Afrique est parfois difficile… Mais bon, je ne cherche pas d’excuses, je vais tout faire pour continuer à être efficace. Après, face au Mali je crois que j’ai tout donné en veillant à bien appliquer les consignes du coach. En Ethiopie aussi, il fallait faire preuve de solidarité pour assoir notre jeu dans un terrain à la limite du praticable mais après, en sélection, qu’importe celui qui marque, l’important c’est de mouiller le maillot et gagner nos matchs pour atteindre nos objectifs avec Gourcuff.
Feghouli marche fort avec Valence, Brahimi pète la forme avec Porto, Soudani claque des buts et vous, vous enchainez les bonnes performances, c’est de bon augure avant le Malawi…
C’est vrai mais comme je l’ai toujours dit, en Afrique, c’est autre chose. Il faut être fort de caractère et un vrai guerrier sur le terrain parce que, des matchs face à des joueurs costauds physiquement qui évoluent nettement mieux techniquement, sont toujours difficiles à jouer. Lorsqu’on parle de circonstances de match, alors là, parfois il faut vraiment répondre mentalement pour espérer réaliser des grands matchs.
Cette équipe est redoutable chez elle, elle ne perd presque jamais et évolue sur un terrain synthétique, des appréhensions ?
Pas vraiment, on sait maintenant à quoi s‘attendre en Afrique. Il ne faut pas sous-estimer cette équipe… En tout cas, on fera tout pour bien les négocier et préserver notre bonne dynamique de succès.
Merci Islam et à très bientôt ?
Merci à vous et je tiens à présenter mes vœux de bonheur au peuple algérien à l’occasion de Aïd Al Adha… Inch’Allah, que du bonheur à tous.

Publié dans : islam slimani

Fil d'actualité



Compétitions

Sélectionner

Sondage

Archive

Quelle sélection va le plus vous manquer à la Coupe du Monde 2018 ?

Retrouvez le meilleur de notre communauté

Dossiers

Liste
10:11 | 2017-08-04 PSG : Neymar, 10 dates-clés dans sa carrière

À 25 ans, l'étoile montante du foot possède déjà une carrière bien remplie. La preuve en 10 instants charnières du désormais plus cher joueur de l'histoire.

14:21 | 2017-03-25 Leicester City : Claudio Ranieri, la gloire puis la chute en 10 dates

En un an demi sur le banc de Leicester, Claudio Ranieri a tout connu.

09:56 | 2017-01-01 Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

11:26 | 2016-12-08 A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

Edition PDF

N° 3909 18/11/2017

Archive

Année
  • 2017
  • 2016
  • 2015
  • 2014
  • 2013
  • 2012
  • 2011
  • 2010
  • 2009
Mois
Jour
Voir