Nostalgie

Hakan Yakin, l'histoire dingue du transfert raté du successeur suisse de Ronaldinho

Star du mercato parisien de 2003, le joueur n'a jamais porté le maillot du PSG...

Auteur : mercredi 19 octobre 2016 17:36

C’est une époque où Vahid Halilhodzic menait les entraînements du PSG à la schlague. Où Pedro Miguel Pauleta avait été débauché de Bordeaux et où les ultras n’étaient pas en disgrâce. Envoyez votre cerveau treize ans en arrière, quand Ronaldinho quitte la capitale française pour le Barça et un chèque de 30 millions d’euros. Pour le remplacer dans le rôle de l’idole du Parc, les dirigeants recrutent donc l’avant-centre portugais et un milieu offensif du FC Bâle, adversaire du PSG mardi en Ligue des champions :  Hakan Yakin.

Vous ne souvenez d’aucun de ses matchs sous le maillot parisien ? C’est normal, il n’y en a pas eu un seul. Tapez le nom du Suisse dans Google, et vous le verrez apparaître dans des « Top 10 des vraix-faux transferts du foot ». Hakan Yakin, c’est une histoire rocambolesque, mêlant gros sous et médecine. Hakan Yakin, c’est l’illustration du PSG avant le Qatar, quand le club de la capitale vivait alternativement bonnes saisons et exercices à amuser ses contempteurs provinciaux.

31 juillet 2003. C’est officiel, le PSG tient son nouveau numéro 10, délaissé par Ronnie. L’élu a 26 ans, est arraché à Bâle contre 1,5 million d’euros et signe un contrat de quatre ans. La saison précédente, Hakan Yakin a tapé dans l’œil de la cellule de recrutement parisienne via une campagne de Ligue des champions maousse où Liverpool et la Juventus s’inclinent au Parc Saint-Jacques. Avec lui, c’est la promesse d’un superbe pied gauche et de coups francs magiques qui débarque.

Mais dès le 1er août et la conférence de presse de présentation au Camp des Loges, coach Vahid calme l’enthousiasme général en mettant en avant l’embonpoint du joueur, qu’il veut faire maigrir avant d’envisager de le titulariser. « L’entraîneur a dit du mal de moi alors que je ne comprenais pas ce qu’il disait, lâchera plus tard le joueur, uniquement germanophone. Pour lui, je ne savais pas courir, j’étais trop gros. Comment faire confiance à quelqu’un qui vous accueille de cette manière ? »

Sur la pelouse du Camp des Loges, Hakan Yakin trottine devant les photographes. C’est le début de l’opération remise en forme, se dit-on alors. « Son niveau physique était très très éloigné d’un sportif professionnel, estime Bruno Baronchelli, alors adjoint du Bosnien. Mais quand on l’interrogeait, il était extrêmement serein sur sa capacité à revenir rapidement au niveau. »

Rapidement, le staff parisien voit que les soucis physiques de l’international suisse ne sont pas liés qu’à un été trop calorique et l’envoie à l’infirmerie. Les médecins du PSG lui détectent une « simple » pubalgie. Mais dans le même temps, le joueur a consulté son médecin personnel, Heinz Bühlmann. Ce dernier lui assure qu’il souffre d’une hernie inguinale et qu’il doit rentrer se faire opérer en Suisse, quinze jours après sa signature.

Pétage de plomb dans le bureau des boss du PSG, pas du tout chaud pour laisser la recrue débuter son contrat par une convalescence d’une blessure même pas détectée par leur staff médical. Rien à faire. Malgré une tentative de conciliation avec son demi-frère et agent Ertan Iritzik et une ultime embrouille avec Halilhodzic, Hakan Yakin passe sur le billard de l’autre côté des Alpes.

Ulcéré, le PSG réagit dans la foulée. Le 19 août, le président du club, Francis Graille, publie un communiqué où il annonce le renvoi du milieu de terrain. Le Suisse ne se sera donc jamais vraiment entraîné avec ses partenaires de l’époque qui, à l’image de Jérôme Alonzo, gardent un mince souvenir de sa présence au Camp des Loges.

En revanche, son avocat Renaud Belnet revoit encore Yakin « un homme au visage fin, très sympathique », pousser la porte de son bureau. Si le PSG estime que le contrat n’est pas valable et refuse de lui verser le moindre sou, le joueur, qui retourne au FC Bâle, entend récupérer une indemnité et menace de porter plainte contre coach Vahid pour harcèlement moral.

« Il s’agissait de faire monter la mayonnaise dans la procédure », raconte treize ans plus tard Me Belnet. En vain. Les prud’hommes rejettent sa demande de compensation de financière de 1,6 million d’euros en juin 2004. C’est la fin de l’histoire Hakan Yakin, qui continuera sa carrière pendant dix ans. Aujourd’hui, il entraîne des jeunes dans son pays, au FC Saint-Gall.

                                                                      IN.20minutes.fr

 

Publié dans : Hakan Yakin

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