Equipe d'Algérie

Olivier Guillou ( Entraineur à Lierse ) : «Si Bensebaïni met les pieds en sélection, il y restera pour un long moment»

«Ramy correspond parfaitement au profil recherché par Gourcuff.» «Wenger pense beaucoup de bien de lui et continue de le suivre.»

Auteur : Saïd Fellak dimanche 01 mars 2015 21:31

Olivier Guillou, neveu de Jean-Marc Guillou, qui entraine depuis quelques semaines la formation de Lierse SK, nous a accordé cette interview où il nous parle de la montée en puissance du jeune défenseur, Ramy Bensebaïni, qu’il connaît parfaitement bien puisque c’est lui qui l’a formé dès l’âge de 12 ans à l’académie de Paradou.
Tout d’abord, quel est votre avis sur votre joueur Ramy Bensebaïni ?
Si on a décidé, en accord avec le Paradou, de lui donner une chance ici à Lierse, c’est qu’on pense le plus grand bien de lui. On sait qu’il est jeune et qu’il a encore beaucoup de marge de progression. Il a fait un premier stage à Arsenal, où le coach Arsène Wenger a eu des commentaires assez élogieux. Administrativement, il ne pouvait pas rester en Angleterre à cause d’un souci de sélection, qui ne lui ouvrait pas droit pour un visa de travail. Il continue d’être suivi néanmoins par Wenger. Ramy a encore beaucoup à travailler pour progresser. Il a quelques trucs à corriger encore, puisqu’il a tendance à s’emporter et prendre des cartons assez bêtes, qui nuisent automatiquement à son rendement. Cependant, sur les quatre, cinq derniers matchs, je le sens en progression. C’est bon pour nous, mais aussi pour l’Algérie.
Sur ce qu’on a vu hier lors du match face à Malines (entretien réalisé lundi dernier), le joueur paraît être un défenseur assez moderne, calme dans son jeu et très technique…
Il faut savoir qu’à la base, il n’était pas défenseur. Il a débuté en tant que milieu de terrain, mais on a fini par le recentrer en défense parce qu’il avait une taille intéressante et énormément de qualités techniques. C’est un atout supplémentaire pour lui. Ça lui apporte de la sérénité et quelles que soient les difficultés, il est souvent très à l’aise avec le ballon. Ce n’est pas le défenseur auquel on va demander de frapper devant. Sa priorité est de toujours sortir le ballon de manière propre et précise.
Justement, parlez-nous de ses forces…
C’est un joueur calme, même si comme je vous l’ai dit tout à l’heure, il peut s’emporter des fois. Il a le sang algérien, quoi ! Sinon, il a une grosse qualité de détente, un très bon jeu de tête. Il joue des deux pieds et il a une vision de jeu très intéressante. Il a aussi une très grosse frappe.
Et qu’est-ce qui lui manque ?
Aujourd’hui, je pense qu'il lui manque un peu de maturité et d’expérience. Il est en train néanmoins d’accumuler tout ça avec les matchs qu’il joue dans le championnat belge.
Pensez-vous que Lierse est le club parfait pour lui ?
Dans un premier temps, c’est intéressant pour lui de jouer dans le championnat belge, qui reste d’un bon niveau quand même. Il a en face des attaquants de qualité. La compétition est très importante pour lui. Comment être rigoureux et avoir cette exigence de gagner les matchs. Lierse lui permet aussi de sortir du pays. Ce n’est pas toujours évident, surtout à son âge. Ici, il a trouvé au club d’autres académiciens, qui lui permettent d’avoir une acclimatation plus rapide.
Le sélectionneur algérien, Christian Gourcuff, est à la recherche de défenseurs centraux. Est-ce que vous lui recommanderez Ramy justement ?
Ce que je lui recommande c’est de le mettre à l’essai au moins une fois. Il est encore très jeune, mais affiche par moments une maturité plus élevée. Ramy est l’avenir de la sélection algérienne, et son style correspond parfaitement à ce que recherche Christian Gourcuff. Je pense que le jour où il mettra les pieds en sélection, il y restera pour un bon bout de temps.
Pensez-vous que Ramy est prêt à intégrer la sélection nationale ?
Je pense que oui. Il affiche quand même beaucoup de maitrise pour son âge. Après, je ne dis pas qu’il doit jouer direct. C’est au sélectionneur de voir. Si on veut préparer la prochaine CAN qui est dans deux ans, c’est bien de compter sur un élément comme Ramy, qui d’ici là aura 21 ans. La Coupe du monde viendra ensuite. J’estime que c’est une bonne chose de le mettre dans le bain dès maintenant, histoire qu’il s’intègre progressivement.
Gourcuff vous a-t-il appelé pour avoir plus d’informations sur le joueur ?
Non, pas spécialement. Je pense qu’il le connaît assez bien quand même. Il l'a sans doute vu jouer déjà.
On imagine que c’est une fierté pour vous de voir ce joueur que vous avez vous-même formé dès l’âge de 12 ans s’épanouir dans un club européen…
Oui, c’est clair. Ramy je l’ai vu débarquer très jeune et quand je vois sa progression aujourd’hui, je ne peux qu’en être fier. J’ai passé 5 ans en Algérie. J’ai des rapports privilégiés avec ce pays et voir des jeunes Algériens émerger ainsi, c’est un pur bonheur.
Justement, revenons un peu sur l’académie de Paradou que vous aviez pris en charge à ses débuts. On attendait beaucoup de la première génération, qu’on disait douée, mais au final, on ne voit pas ses joueurs dans de grands clubs. Est-ce normal ?
Oui, c’est normal. Il ne faut pas aller trop vite, non plus. C’est des joueurs qui sont encore jeunes (19 ans pour la plupart). La maturité chez un joueur arrive à 22, 23 ans. Je sais qu’en Algérie, le championnat est très difficile. Ce n’est pas toujours évident. Il faut savoir encore être patient avec eux. Il y a encore des joueurs qui vont émerger, et forcément aussi d’autres qui vont se perdre un peu dans le temps. Je reste confiant.
C’est une expérience réussie selon vous alors, quoique beaucoup évoquent un échec de cette académie…
Non, on ne peut pas parler d’échec aujourd’hui dans la mesure où ces joueurs n’ont pas encore atteint le summum de leurs capacités. On pourrait parler d’échec s’il n’y a pas au moins un seul joueur qui réussit à faire une grande carrière. Je reste persuadé que sur la première promotion, il y a cinq, six joueurs qui parviendront à faire une grande carrière. Il faut leur laisser le temps. Evidemment, on ne peut pas faire du 100 %. C’est impossible.
Le travail continue à Paradou ?
Oui, il y a deux autres promotions qui poursuivent leur formation. Certains joueurs de la première promotion sont partis rejoindre d’autres clubs, comme le RC Arbâa, le Paris FC et Lierse. Il faut laisser ces jeunes travailler tranquillement et ne pas être trop pressé de les voir au plus haut niveau. La formation d’un joueur est un travail de longue haleine.
Après cinq ans passés à l’académie de Paradou, vous avez quitté l’Algérie. Pourquoi ?
Au niveau de la société JMG (Ndlr : Jean-Marc Guillou), on avait un travail à faire à Paris. On devait y prendre un club et on avait dès lors besoin d’un entraineur académicien. Il fallait quelqu’un qui avait le diplôme nécessaire, qui était libre, et le choix s’est fait sur ma personne. Du coup, j’ai dû quitter Alger et une autre personne a pris ma place et poursuit encore le travail. J’ai passé vraiment de très belles années en Algérie. Les gens sont merveilleux et très accueillants.
La plus grande réussite de votre académie demeure celle d’Abidjan. On a vu la réussite de ce projet avec la récente victoire des Eléphants en finale de la CAN 2015. Encore un sentiment de fierté pour vous ?
Oui, évidemment. Plusieurs joueurs de cette équipe ivoirienne sont passés par notre centre de formation et c’est quelque chose de positif non seulement pour nous, mais aussi pour le pays. Notre académie s’est aussi implantée au Viêtnam ou elle fait un excellent travail.

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Ses coéquipiers parlent de lui
Karim Hafez Ramadhan : «Ramy a les qualités pour jouer en sélection»
Profitant de la présence dans cette équipe de Lierse de quelques joueurs arabes, on a sollicité le défenseur égyptien, Karim Hafez Ramadhan, qui nous a donné son avis sur Bensebaïni. «Ramy, je le connais très bien. C’est un très bon joueur. Il a les qualités pour intégrer un plus grand club que Lierse et aussi de jouer pour la sélection algérienne. Techniquement, il est fort, et dans les airs, personne ne lui prend le ballon. Il défend bien et dispose d’une grosse marge de progression. En tant qu’individu, je l’apprécie beaucoup. On passe notre temps libre toujours ensemble. C’est un chic type.»

Ahmed Abdelaâl : «D’ici deux ans, il sera dans un grand club»
De son côté, Ahmed Abdelaâl, l’autre joueur égyptien de l’équipe nous dira : «Sincèrement, Ramy est un excellent défenseur. Il ne cesse de progresser et ça ne m’étonnerait pas de le voir très bientôt intégrer la sélection algérienne. Il a beaucoup de qualités et je suis sûr que d’ici deux ans, il sera dans un grand club. Attendez-le…».

Publié dans : wenger gourcuff Bensebaini Paradou Olivier Guillou Lierse

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