Interview

Djabou allume Gourcuff : «As-tu entraîné le Barça pour parler de haut niveau ?»

D’habitude très timide et discret, Abdelmoumène Djabou revient sur ce qui s'est passé avec Bounedjah en championnat tunisien, ainsi que ses déboires en EN. Il ne ménage pas le sélectionneur, en plus de quelques sujets qui lui tiennent à cœur.

Auteur : mercredi 04 mars 2015 19:43

Tout d’abord, merci de nous accueillir ici à Tunis…

Bienvenue ici en Tunisie, qui reste le deuxième pays des Algériens, je suis à votre disposition, et inch'Allah notre discussion va bien se passer, allons-y, je suis libre aujourd’hui.

La défaite face à votre poursuivant, l’Etoile du Sahel, dites-nous, l’avez-vous oubliée ou pas encore ?

Effectivement, on a perdu cette rencontre face à un poursuivant, elle est amère et difficile à digérer, mais ça reste du football, il faut la mettre au passé et regarder devant.

Mais le doute est bien présent.

On s’est entraînés aujourd’hui (entretien réalisé hier), on en a profité pour en parler avec notre entraîneur, on a évoqué le pourquoi et le comment de cette défaite, la façon avec laquelle on a encaissé et nos erreurs. Ensuite, entre nous, les joueurs, on a conclu qu’il faut impérativement mettre ça au passé car il nous reste des matchs. 

Baghdad Bounedjah a gagné son pari en inscrivant le doublé, votre commentaire ?

C’est un grand joueur, il était vraiment dans son jour et dans de très bonnes dispositions, je lui dis bravo pour le doublé. Toutefois, il reste encore des matchs, en plus nous sommes toujours leaders du championnat, on fera nos comptes en fin de saison (Rires.).

Justement, vous vous êtes accroché avec lui, que s’est-il passé ?

Vous savez, il existe une grande sensibilité entre l’ES Sahel et le Club Africain, souvent il arrive des choses entre les fans des deux camps, ça ne date pas d’aujourd’hui. On va dire que lorsque Bounedjah a inscrit son premier but, il a exulté en faisant des gestes inconsidérés, à mon sens, envers nos supporters, mais en fin de match on s’est vus et on en a parlé, rien de méchant entre nous, croyez-moi.

OK, mais lui a eu un traitement assez dur, après l’égalisation, de la part de vos coéquipiers, à ce moment on vous a vu vous accrocher avec lui…

Non, j’ai juste eu peur pour lui, c’est la vérité, je voulais le protéger de mes coéquipiers qui étaient très remontés contre lui suite à ses moqueries, ensuite en m’assenant un coup de coude dans la mêlée, il croyait que c’était un autre joueur, mais il s’est excusé et tout est rentré dans l’ordre.

Votre coéquipier Belkaroui a de fortes chances d’être sélectionné, votre avis ?

Sincèrement, il dispose de toutes les qualités pour jouer en EN, il est en progression constante, il ne cesse de s’améliorer, malgré la présence de très bons joueurs à ce poste-là il a su s’imposer, je pense qu’il peut rendre service à notre Equipe nationale.

Après sept ans de disette, vous pensez que c’est la bonne, cette fois, pour le Club Africain ?

Le championnat est encore long, nous avons joué trois matchs de la phase retour, je dis que nous avons de grands joueurs dans l’équipe capables de gagner le titre, nous devons travailler et corriger nos lacunes, et être tout le temps concentrés sur notre sujet, comme ça on remettra le club dans la dynamique des titres.

On croit savoir que vous avez demandé à rester en Tunisie, pourquoi et où allez-vous jouer votre troisième saison ?

J'ai signé pour deux ans ici, ensuite je me suis bien senti, je retrouve ma quiétude ici, je l’ai déjà dit par le passé, la preuve j’en suis à ma troisième saison, en plus je n’ai pas de contacts concrets, je ne suis pas du genre à changer rien que pour changer, surtout pas pour un autre club arabe, et enfin je me sens chez moi comme en Algérie.

Est-ce le volet financier qui va peser dans la balance pour que vous renouveliez ?

De ce côté-là, je suis à l’aise Hamdoullah, je suis payé honorablement tout comme les autres, mais sachez aussi que j’ai une excellente relation avec le président du club qui a une parole d’homme, en plus il m’a soutenu dans des moments très délicats, et ça je ne suis pas près d’oublier. Il m’a dit une fois que même si mon contrat courrait encore pour dix ans, et au cas où j’aurait un contact avec un club professionnel, il me céderait sans aucun problème. Tout est clair avec Salim Riahi, c’est un homme.

Doit-on comprendre que votre maintien dans l’équipe est tributaire de Riahi ?

(Il sourit.) Tout est possible, je veux dire que si j’ai une touche concrète d’Europe, il ne verra aucun inconvénient à me lâcher, je ne vais quand même pas dire non. Les gens parlent beaucoup du professionnalisme, sinon en toute franchise il n’y a rien de concret, ce n’est juste que des histoires de managers.

Vous avez eu 28 ans en Guinée équatoriale, vous ne vous êtes pas dit que le train est passé pour le professionnalisme ?

Tu sens que tu as pris de l’âge effectivement, je joue en seniors depuis douze ans, j’ai commencé très jeune à l’Entente, je me souviens de mon premier match, j’avais 16 ans, et ce jour-là Farès Fellahi, que je salue au passage, m’avait donné le brassard de capitaine face à la JSK, mais attendez, je ne suis pas vieux, j’ai encore quoi faire.

Revenons à l’EN et à cette histoire de simulation de blessure lors de la CAN, des explications ?

Je me rappelle, je n’étais même pas au courant de cette histoire, c’est vous qui m’avez appelé pour me le dire, je me suis entretenu avec le médecin de l’équipe à l’époque, ensuite il m’avait fait passer des examens qui avaient effectivement révélé que j’étais blessé et il l’a fait savoir au sélectionneur, et celui-ci m’avait dit au moment où je me dirigeais aux entraînements d’aller me soigner, j’étais en tenue de sport comme mes coéquipiers, c’est la preuve que je n’avais pas l’intention de ne pas jouer le match, voilà ce qui s’est passé. Moi, par contre, je pense que si le sélectionneur avait soupçonné quoi que ce soit il me l’aurait dit, j’avais par la suite repris les entraînements, et une fois en Algérie, j’ai entendu parler de cette histoire de simulation.

Face à la Côte d’Ivoire, le sélectionneur avait effectué deux changements, vous ne vous êtes pas dit qu’il était en colère contre vous ?

Non pas forcément, rien de cela, les gens en ont fait des tartines à l’époque, mais pour le troisième changement, on était menés au score, je voulais aider, mais cela m’a fait mal, j’étais affecté, ça c’est vrai.

Et la relation entre vous, comment l’avez-vous vécue ?

J’étais très déçu, et inquiet du fait qu’avec cet entraîneur je ne jouais pas, mis à part une fois face au Malawi, les fans m’avaient réclamé sans cesse et il m’a fait jouer. Pour revenir au match face à la Côte d’Ivoire je suis resté le seul attaquant sur le banc de touche, alors qu’à mon avis l’équipe avait besoin d’autres joueurs devant, comment voulez-vous que je ne sois pas déçu ?

Il avait expliqué cela par sa stratégie du 4-4-2…

(L'air étonné.) C’est vrai, il a dit cela ? Je n’arrive pas à le comprendre, dites-moi pourquoi il m’a fait appel à l’origine ? Pourquoi il n’a pas convoqué des éléments qui conviennent à sa stratégie ? En plus la sélection n’est pas son bien, c’est plutôt le nôtre, non ? Je ne suis pas du genre à m’énerver rapidement, j’ai patienté cinq ans avec l’EN où j’ai pris mon mal en patience, je n’ai jamais eu ma chance facilement, et à chaque fois, il a fallu que je souffre, même avec Halilhodzic, j’ai dû attendre mon tour ; et ce n’est pas fini, il a dit des choses sur moi, mais Hamdoullah, j’ai toujours mouillé le maillot de notre chère EN, et tout le monde peut en attester.

Il a dit que Djabou n’est pas un joueur de haut niveau…

Je me suis trop tu, je n’ai rien dit en restant calme et plus même, il a trop dit sur moi et dans la vie il y a des limites à ne pas dépasser, je dis basta et je lui dis, toi aussi tu n’es pas un entraîneur de haut niveau ! As-tu entraîné le Barça ? Il entraînait une petite équipe en France, il est venu à l’EN où il a trouvé une équipe complète montée par Halilhodzic, qu’il sache aussi que l’EN est à nous les Algériens et non pas à lui, et si on ne me convoque pas, je resterai éternellement supporter de l’EN, peut-être qu’il ne connaît pas ce que veut dire le drapeau, et le souci du petit supporter.

Peut-être qu’il parlait du volet physique et non technique…

C’est ce que disait aussi Halilhodzic, comme si j’étais un joueur de dix minutes, mais moi je dis que la Coupe du monde a ses normes et ses forces, n’était-elle pas relevée ? Les joueurs de la Corée courent plus que ceux de la Russie, voire de l’Allemagne, et là je n’ai pas joué ? Je crois par contre qu’il doit revoir les matchs où j’ai défendu et plus, cela ne me convainc pas du tout, ça ne rentre même pas dans ma tête, je n’y crois pas.

En toute franchise, Djabou, pensez-vous pouvoir jouer dans un club de haut niveau en Europe ?

Je ne peux pas répondre à cette question car je ne joue pas dans un club européen de haut niveau, il faut que j’essaye, ensuite c’est aux gens d’en juger, je ne suis pas du style à me jeter des fleurs, je m’interdis de répondre.

Mais beaucoup vous en veulent car vous avez refusé l’ES Tunis avant le Club Africain et avant le FC Sion, sans parler du maillot numéro 10 que vous a envoyé Dortmund, vous ne pensez pas que c’est un ratage ?

Non, ce n’est pas une question d’hésitation. Vous parlez du maillot numéro 10 de Dortmund, c’est l’entraîneur actuel qui me l’a envoyé, mais mon manager de l’époque s’était rétracté, je ne sais pas pourquoi… C’est vrai que cette touche était concrète. 

 Comment avez-vous fait en Guinée équatoriale durant un mois sans famille et sans votre club ?

C’est d’abord mon éducation qui m’a permis de tenir le coup, il y avait un groupe magnifique, tous des frères, en plus je ne vais pas obliger le coach à quoi que ce soit, vous me connaissez, je ne suis pas un joueur à problème.

Certains ont dit que vous avez refusé de vous échauffer face au Ghana, qu'en est-il ?

Mais c’est un pur mensonge, c’est archifaux, on entendait des trucs invraisemblables nous les joueurs au point d’en rire, mais ça reste inquiétant, peut-être que le coach m’avait demandé de m'échauffer et je n’ai rien entendu… Arrêtons de dire n’importe quoi, ça devient ridicule, c’est faux, je le redis (il rit encore.) Il y a des vidéos qui existent, vérifiez si le coach m’a dit quelque chose ce jour-là, je me rappelle que je m'échauffais avec le groupe sans plus, ensuite face à la Côte d’Ivoire, j’étais présent sans jouer.

 

On a parlé d'une mauvaise réaction de votre part dans le vestiaire après le match face au Ghana…

(Rires.) Dieu merci, l’occasion est venue de démentir tout ce qui a été dit. On avait dit que Djabou avait fait du cinéma dans le vestiaire après cette défaite. Alors qu’en réalité, j’étais le premier à quitter le vestiaire en compagnie de Doukha. On était tous deux abattus après cette défaite amère face au Ghana. Le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, était présent dans le vestiaire et a constaté lui-même qu’il ne s’est rien passé. Moi, je suis un enfant de bonne famille. Mon éducation passe avant tout. Je n’ai jamais manqué de respect à personne. Après, on a inventé une histoire selon laquelle j'aurais remonté Soudani, etc. C’est totalement faux ! On est des adultes mais aussi des professionnels. On ne réfléchit jamais de la sorte. Ceux qui connaissent Djabou vous diront que je suis quelqu’un de timide et que je n’ai jamais créé de problème.

Mais en toute honnêteté, on a constaté que vous étiez loin de votre niveau en Guinée équatoriale… 

C’est vrai, je n’étais pas bien, mais la raison est simple. Dès le départ, je savais que je n’allais pas jouer. J’ai compris lors du match de la Tunisie que je ne figurais pas dans les plans du sélectionneur. Figurez-vous que lors de ce match amical, il avait effectué six changements, mais je n’ai pas eu ma chance. Et pourtant, je joue dans le championnat tunisien. J’ai tout compris à ce moment.

Il vous a rassuré en Guinée équatoriale lorsqu’il vous a dit que vous faisiez partie de ses plans…

Non, ce n’était pas en Guinée équatoriale. C’était en Tunisie, juste après le match amical, j’étais en colère. J’avais même parlé avec Yazid Mansouri après le dîner. Je lui ai dit ce que j’avais à dire. Puis, Gourcuff est venu me voir pour me dire qu’il comptait sur moi. Je lui ai répliqué : «Pourquoi vous m’avez convoqué alors que vous ne comptez pas sur moi ?» Je lui ai même dit : «Vous auriez dû ramener un autre joueur pour le laisser sur le banc. Vous avez opéré six changements sans que vous me donniez ma chance, il faut au moins me respecter.» Il a tenu encore une fois à me rassurer. Hassan Belhadji était présent à cette discussion. En plus de ça, dans les gradins, le public avait réclamé mon incorporation.

Vous pensez que vous n’allez pas avoir votre chance plus tard avec Gourcuff ?

Je pense que c’est ce qu’il va se produire. Lors des éliminatoires de la CAN, je n’ai pas eu ma chance. Idem pour la phase finale de la CAN. Alors je me demande quand je pourrais l'avoir. Je pense que les choses sont claires, je ne figure pas dans ses plans.

Mais il y a des matchs amicaux où il va essayer des joueurs…

Malgré ce que j’ai déclaré, je suis responsable. Je suis prêt à venir s’il me convoque, et dans le cas contraire, il n’y a pas de problème.

Le public algérien vous a soutenu…

C’est ce que j’ai gagné de l’Equipe nationale. J’ai gagné l’estime du public algérien. On a beaucoup d’estime pour moi dans toutes les wilayas du pays. C’est quelque chose de formidable. A chaque match, on demande de m’aligner. Parfois, j’ai l’impression d’avoir joué et marqué dix buts. Parfois, je suis déçu et en colère, mais le soutien du peuple me réconforte.

L’EN est passée à côté de la plaque lors de la CAN. Qu’est-ce que vous auriez pu apporter de plus ?

Je ne peux pas vous dire que j’étais capable de gagner des matchs à moi seul, mais je pense que je pouvais apporter un plus à la sélection. Avant le match du Ghana, j’étais en forme et je pense que je pouvais apporter quelque chose à l’EN. Croyez-moi, sur le banc de touche, j’étais un supporter de l’EN et parfois j’avais failli exploser pour dire à l’entraîneur : «Donnez-moi ma chance !» Mais après, je ne voulais plus. La Coupe d’Afrique des nations est passée, maintenant il faut penser à autre chose.

Qu’est-ce qui a manqué à la sélection durant cette CAN ?

Sincèrement, je ne sais pas. Le président de la fédération a mis tous les moyens pour réussir durant ce tournoi, mais au final, il y a eu le résultat qu’on connaît.

Vous avez cité le président de la FAF, il paraît qu’il vous a parlé à ce sujet…

Oui, c’est vrai. C’était au moment où l’avion était arrivé en Guinée équatoriale. Il savait que j’étais déçu et en colère. Il m’a remonté le moral et il m’a demandé de ne pas m’inquiéter. Je le remercie beaucoup et je n’ai rien à dire à son sujet.

Raouraoua souhaite que vous soyez toujours en sélection…

Raouraoua, c’est comme mon père. J’ai beaucoup d’estime pour lui et je le respecte beaucoup. Il a tout le temps été à nos côtés que ce soit après une victoire ou même une défaite. Même si j’ai parlé aujourd’hui, je n’ai dit que la vérité.

Quelle est la différence entre Halilhodzic et Gourcuff ?

Chacun a sa propre méthode de travail. Mais avec Halilhodzic, il y avait une stratégie pour chaque match parce qu’il décortiquait l’adversaire. Mais avec Gourcuff, on adopte toujours la même stratégie. C’est la différence, à mon avis.

Avec quel entraîneur vous vous sentez à l’aise beaucoup plus ?

C’était difficile avec eux tous les deux. Avec Vahid, j’ai dû patienter pour avoir cette chance afin de lui faire changer d'avis. J’ai mis beaucoup de temps avant de jouer.

Vous concernant, Halilhodzic avait déclaré que vous étiez un joueur de dix minutes…

Oui, c’est vrai, il a déclaré ça, mais après, il a changé son avis. Il était même venu me voir pour présenter des excuses. Il m’avait dit qu’il s’était trompé sur mon compte. Moi, je lui ai répondu à ma manière sur le terrain pour qu’il change son avis. C’est son droit de dire ce qu’il veut et c’est mon droit de lui répondre sur le terrain pour lui faire changer d’avis.

Peut-être que vous allez faire la même chose avec Gourcuff…

Ecoutez, j’ai 28 ans et je ne vais pas passer toute ma carrière à prouver au sélectionneur qui vient à la tête de l’Equipe nationale. J’ai travaillé dur. J’ai disputé la Coupe du monde où j’ai inscrit deux buts. Ça fait cinq ans que je suis en sélection et je me suis beaucoup sacrifié et j’ai travaillé dur. Parfois, j’entends dire que Djabou doit travailler, mais que dois-je faire de plus ? Cela ne se produit apparemment qu’avec Djabou.

Beaucoup estiment que vous ne vous donnez pas à fond aux entraînements…

Il faut le demander alors à tous les entraîneurs, là où je suis passé, sans oublier mes coéquipiers. Je ne suis pas un tricheur. A chaque fois, je me donne à fond lors des entraînements. J’entends toujours cela, mais ça ne me dérange pas dans la mesure où j’ai toujours été sérieux dans mon travail.

Certains disent aussi que les Sétifiens n’ont pas de chance en sélection…

Peut-être. En tout cas, il y avait de grands joueurs à Sétif qui ont joué pour l’ESS comme Adjissa et Zorgane Malik, mais qui n’ont pas eu de chance en sélection. Moi, j’avais un petit peu de chance peut-être, même si parfois je ne l’ai pas.

Pensez-vous être l'un des cadres de la sélection, sachant que Feghouli et Brahimi qui jouent dans le même poste que vous sont plus jeunes que vous ?

L’être humain doit rester positif dans sa vie. Sincèrement, je ne sais pas quoi répondre à votre question. Je préfère laisser le destin faire les choses et puis c’est tout.

Comment avez-vous trouvé le rendement de Feghouli, Brahimi et Mahrez ?

Je pense qu’ils pouvaient donner mieux à la sélection. Par contre, j’estime qu’ils ont été handicapés par l’état des pelouses. Ce sont deux grands joueurs, habitués aux bonnes pelouses en Europe. Idem pour Mahrez auquel je souhaite une grande réussite avec la sélection nationale.

Mais la défense a été le point faible de la sélection…

En parlant de la défense des Verts, je tiens à rendre un grand hommage à Madjid Bougherra. Je pense que sa retraite est une grosse perte pour la sélection nationale. C’est un joueur pétri de talent, mais surtout un nationaliste. Pour revenir à votre question, je pense que c’est dû à la concentration. Mais avec le retour de Belkalem et l’incorporation de jeunes issus du championnat comme Chafaï, par exemple, ou même Demmou, qui ont d’énormes qualités, les choses vont sans aucun doute changer. Même Belkaroui est un joueur d’avenir.

Souhaitez-vous que l’Algérie abrite la CAN 2017 ?

Sincèrement, oui. Je souhaite que la CAN 2017 se déroule chez nous et devant nos supporters. Il y a pas mal de projets de nouveaux stades et ce sera une bonne chose, notamment pour notre population qui respire le football.

Vous avez été derrière l’idée d’écrire sur des tricots internes «Je suis Mohammed», mais cela a été annulé. Pourquoi ?

Doukha et moi étions les instigateurs. Mais après, on ne l’a pas fait. On voulait même porter une pancarte avec laquelle on devait prendre une photo. Tous les joueurs voulaient montrer leur solidarité avec le prophète Mohammed (QSSSL), après les attaques.

Avez-vous la Coupe du monde 2018 en Russie comme objectif ?

Inch’Allah, j’espère que j’aurais la chance de disputer une autre Coupe du monde. Ça va être un très bon souvenir dans ma carrière.

Avant de répondre, vous avez pris du temps pour réfléchir. Pourquoi ?

Lors du prochain Mondial, j’aurai 31 ans et je pense que ce sera difficile, surtout dans le poste dans lequel j’évolue. Malgré ça, je reste optimiste.

Beaucoup pensent que vous avez fait un mauvais choix en optant pour le Club Africain, évoquant même le volet financier…

Au Club Africain, j’ai un salaire très respectable. Les gens ne savent peut-être pas que j’ai vécu des moments difficile lorsque j’étais jeune. Mon père est décédé alors que j'avais un an. Je ne le connais pas du tout. Il m’a laissé en compagnie de sept autres frères et il n’avait rien laissé à ma mère. On n’avait même pas une pension de moudjahid. Ma mère s’était débrouillée toute seule pour nous élever. Dieu merci, aujourd’hui les choses ont changé. Dès que j’ai reçu la proposition du Club Africain, j’ai suivi le conseil de Serrar et j’ai accepté.

Vous auriez pu quand même rejoindre Lille durant l’été…

Partir en Europe à 20 ans et 28 ans, ce n’est pas du tout la même chose. Maintenant, je ne vais rien gagner, ni titre, ni sur le volet financier. Pourquoi je joue alors ? J’essaye d’améliorer les conditions de vie de ma famille. 

Vous pensez donc que du fait de ne pas jouer au Barça, au Real ou la Juventus, vous feriez mieux de rester en Tunisie ?

Non, pas la Juventus. Si je trouve un club en Europe avec lequel j'aurai des avantages sur le plan sportif et financier, je ne dirais pas non. Pour revenir à Lille, mes amis de la sélection m’ont conseillé de ne pas partir en France parce qu’on y paye beaucoup d’impôts. On ne gagne pas beaucoup, donc.

Peut-on avoir les chiffres de la proposition du LOSC ?

Je ne peux vous donner le chiffre exact, mais ce que j’allais toucher net, sans parler des impôts, c’était un salaire d’un club de troisième division algérienne. Le montant total proposé, c’était la moitié du salaire que je touchais à l’ES Sétif.

Donc vous êtes prêt à jouer au Qatar ou dans n’importe quel championnat du Golfe…

Pourquoi vous mentir ? Oui, je suis prêt à jouer au Qatar.

Vous avez reçu une proposition d’Al Sadd, c'est ça ?

Je ne sais pas. Il y a beaucoup d’agents qui m’ont appelé pour me proposer d’aller jouer là-bas. Le directeur technique du CA m’a parlé d’une proposition faite par Al Hillal d’Arabie Saoudite. En parlant des agents, sachez que c’est à cause d’eux que mon transfert à l’AS Monaco ne s’est pas concrétisé.

Pourquoi ?

Le président du club s’est retrouvé à chaque fois en train de négocier avec une nouvelle personne. A chaque fois, il y avait quelqu’un qui se présentait pour négocier alors que j’étais très proche du club. Le président de l’AS Monaco avait senti un manque de sérieux de leur part. Par la suite, on m’a dit que le club a décidé de ne pas me recruter, alors qu’il était très intéressé par mes services.

 

Publié dans : gourcuff Djabou

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