Interview

Brahimi : «Avec Halilhodzic, j’ai eu beaucoup de déceptions, certaines de ses décisionsm’ont fait mal»

«Est-ce que le PSG m’a contacté ? Je ne réponds ni par oui ni par non»

Auteur : Saïd Fellak samedi 08 novembre 2014 00:43

 La star du moment, ne la cherchez pas trop, c’est à Porto qu’elle se trouve et elle a pour nom Yacine Brahimi. Arrivé cet été dans la cité ancestrale portugaise en provenance de Granada, le petit lutin algérien n’en finit pas d’éblouir et de charmer toute l’Europe par ses prouesses techniques hors du commun. Véritable homme fort du club du Dragon en ce début de saison, Brahimi n’a laissé personne indifférent. Tout le monde parle de lui et, évidemment, les puissants grands clubs européens sont eux aussi très attentifs. Malgré les nombreuses sollicitations d’interviews dont il fait l’objet actuellement et son emploi du temps extrêmement chargé, Yacine, toujours aussi disponible, a choisi d’accueillir Le Buteur au centre d’entraînement du FC Porto, dimanche dernier, et de se confier exclusivement à nos lecteurs, mais aussi aux téléspectateurs de la chaîne El Heddaf TV. Très prudent dans ses réponses, notamment en ce qui concerne ses prétendus contacts avec le PSG, l’ancien Rennais a tout de même répondu à toutes nos questions et nous a fait le plaisir de revenir avec nous sur son exceptionnel début de saison, sans omettre d’évoquer la sélection nationale, bien entendu, et sa relation avec l’ex-sélectionneur, Vahid Halilhodzic.

 

Déjà merci de nous accueillir ici au centre d’entraînement du FC Porto et de nous accorder cette interview…
Il n’y a pas de quoi. Ça me fait plaisir de vous recevoir.
 Voilà donc maintenant trois mois que vous êtes au FC Porto. Quel bilan tirez-vous déjà de cette période dans ce grand club portugais ?
Ça va faire bientôt trois mois que je suis au FC Porto, c’est vrai et je dois dire que j’ai eu de la chance d’avoir été très bien accueilli ici par mes coéquipiers, l’ensemble du staff technique et par tout le club. El Hamdoulilah, je me sens vraiment bien ici et je pense que ça se voit sur le terrain où je prends beaucoup de plaisir à jouer. J’estime que tout le travail que j’ai effectué durant les années passées commencent à payer, même si aujourd’hui aussi je travaille énormément pour progresser encore, car j’ai encore des choses à apprendre. Aujourd’hui, je peux le dire, je suis très heureux de faire partie de ce grand club et j’espère que ça continuera comme ça le plus longtemps possible.
 Le superbe but que vous avez réussi à planter hier (samedi 1er novembre) face au Nacional Madeira résume parfaitement votre excellent début de saison, non ?
Oui, c’est vrai que j’ai eu la chance de marquer un beau but, même si, comme je le dis souvent, le principal, c’est le collectif et la victoire qu’on a réussi à empocher au bout, car les trois points sont les plus importants. Après, c’est clair que sur le plan personnel, ça donne toujours du plaisir et de la confiance quand on arrive à inscrire des buts.
 Sincèrement, vous vous attendiez à ce remarquable début de saison ?
C’était mon objectif, même si je pense que je peux faire encore mieux et que je ne suis pas encore à 100 %. Je ne suis pas encore à mon meilleur niveau. Je progresse et j’apprends aussi car ça ne fait que trois mois que je suis avec mes nouveaux coéquipiers et il faut encore du temps pour avoir davantage d’automatismes. Je travaille aussi énormément aux entraînements et je dois dire que j’ai la chance d’enchaîner les matchs, ce qui me permet de garder le rythme et d’être bien physiquement.
 Un match tous les trois ou quatre jours presque…
Oui, exactement et c’est la première fois que je joue la Ligue des champions et donc j’apprends à chaque match et j’essaye toujours de donner le meilleur de moi-même. Je veux vraiment acquérir un maximum d’expérience pour progresser encore plus.
La transition est toute faite avec la Ligue des champions. On aimerait revenir justement avec vous à cette soirée mémorable du 16 septembre dernier où vous parvenez à marquer les esprits avec un triplé historique en Ligue des champions face au Bate Borisov. Si je vous demande de me décrire vos émotions ce soir-là, l’ambiance qui régnait chez vous…
Déjà, j’avais la chance d’être ce soir-là avec toute ma famille, et c’est pour moi très important, car la famille, ça me tient à cœur. J’essaye de partager le maximum de temps avec elle. Ce jour du 16 septembre, c’était particulier pour moi. C’était mon premier match de Ligue des champions et mettre un triplé de cette manière, c’était tout simplement exceptionnel. Ça a apporté beaucoup de joie à ma famille et à moi aussi…
A toute l’Algérie aussi…
Oui, voilà. Quand je joue, je représente aussi un pays, un continent, et à chaque fois que je suis sur un terrain, je pense à ça. Je veux toujours donner la meilleure image de mon pays et je travaille encore plus dur pour faire progresser mon pays et l’Afrique aussi. Tout ça est dans ma tête et me donne encore plus de motivation et de détermination.
 Contrairement à la saison passée, on voit qu’avec Porto, vous réussissez à marquer beaucoup de buts. Qu’est-ce qui a changé ?
Peut-être la détermination à bien finir mes actions. Je pense que la saison passée, je manquais un peu de lucidité, que j’ai fini par retrouver cette saison. Aussi, je dois souligner que je travaille beaucoup devant les buts et j’essaye d’être plus efficace. Je suis vraiment déterminé à tout donner pour mon équipe.
 Hier, en conférence de presse (samedi dernier), après le match du Nacional, on a demandé l’avis de votre entraîneur Lopetegui sur votre début de saison. Bien entendu, il a répondu qu’il était entièrement satisfait de vos performances, mais a toutefois souligné qu’il y a encore des aspects de votre jeu que vous devez améliorer pour devenir un joueur plus complet. Etes-vous d’accord avec ses propos ?
Bien sûr que je suis d’accord avec lui. Comme je le dis toujours, on peut toujours progresser et faire mieux, et moi, c’est ce que j’essaye de faire au quotidien. Comme je vous l’ai dit aussi tout à l’heure, je sais que je peux faire mieux.
 Pourquoi avoir choisi Porto et pas un autre club ?
Tout simplement parce que c’est le club avec qui le feeling est mieux passé. Je voulais aller dans un grand club qui me permettait de franchir des paliers, de progresser et pour moi, je pense que Porto, c’est le club idéal. Après, il faut dire que je n’ai pas eu 36 000 clubs aussi. On avait tendance à lire dans les journaux, pas mal de clubs me voulaient, mais au final, quand il s’agit du concret, ce n’est pas totalement vrai.
 Avec un peu plus de recul, on aimerait savoir quels sont les clubs qui vous ont réellement contacté ?
Il y a eu différents clubs.
 Pouvez-vous nous citer des noms ?
Non, je ne pourrais pas. Vous savez, un mercato, c’est devenu très compliqué. Maintenant, j’estime que mon choix pour le FC Porto, c’était la meilleure décision, et je ne le regrette pas. J’en suis même très fier.
 Trois mois à peine après votre arrivée à Porto et voilà déjà qu’on parle d’un possible prochain transfert. Qu’en est-il au juste et est-ce que ces bruits vous effleurent l’esprit ou pas du tout ?
Sincèrement, non. Aujourd’hui, je me sens très bien à Porto et mon but, c’est de faire une grande saison. On n’a joué jusque-là que trois mois et la saison est encore très longue. Il me reste beaucoup à prouver… Mon objectif à l’heure actuelle, ce n’est pas de penser à mon avenir, mais surtout songer à gagner des titres et marquer mon passage à Porto. Je veux gagner le maximum de matchs possible et aller le plus loin en Ligue des champions. C’est ça mes objectifs et rien d’autre. Je suis à 100 % avec Porto et je ne suis focalisé que sur ce club. Après, ce qui viendra, viendra.
 Yacine, tout le monde sait que le PSG est chaud pour vous recruter. Dites-nous clairement s’il y a eu des contacts avec le club parisien ?
Je ne peux pas répondre ni par oui ni par non à cette question. Comme je l’ai dit, moi, je suis à Porto et tout le reste qui est en dehors de Porto, du terrain, je ne lui prête pas attention. Je me concentre sur mon travail au quotidien et, pour le reste, c’est les personnes qui s’occupent de moi (ses conseillers, Ndlr) qui gèrent ça. Aujourd’hui, je ne pense ni au PSG ni à aucun autre club.
 Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, a toujours souhaité recruter un joueur arabe à Paris. Dites la vérité, a-t-il pris attache avec vous ?
(Il rigole…) ça ne sert à rien de me poser ce genre de questions, car de une, je ne répondrai pas, et de deux, je ne pense pas du tout à ça. Je vous le redis, je suis un joueur de Porto. Je viens d’arriver et je ne pense pas à partir déjà. Bien sûr, tout joueur ambitieux rêve de jouer un jour dans un grand club, ça c’est évident, mais on attendra le bon moment pour ça.
 Vous, vous êtes concentré sur le terrain, mais d’après la presse française, on dit que vos conseillers étaient récemment à Paris et auraient rencontré les dirigeants parisiens. Confirmez-vous cela ?
D’après la presse française… mais moi, je ne suis pas la presse française, donc, je ne sais rien du tout (il esquisse un large sourire).
 Il n’y a pas que le PSG, on parle aussi de Naples, Tottenham…
Je ne sais pas du tout.
 Beaucoup disent que Yacine finira par intégrer un club du Top 8 européen. Quel est justement ce club qui vous fait rêver… Barça, Real Madrid, Manchester United… ?
Sincèrement, je n’ai jamais été attiré par un club plus qu’un autre. Après, on connaît tous ces clubs qui forment le Top 8 européen, que ce soit en Espagne, en Angleterre, en Allemagne ou même le PSG en France. Je pense qu’en ce moment, il y a six ou sept clubs qui dominent au niveau européen, et comme je l’ai dit, chaque joueur travaille pour aller au plus haut niveau. Tout le monde aimerait jouer dans les meilleurs clubs au monde, et moi mon rêve est bien entendu d’intégrer un jour un club de ce Top 8 européen.
 Quelle est la différence entre la Liga espagnole et le championnat portugais ?
Il y a quelques différences. La Liga est l’un des meilleurs championnats au monde, c’est clair, mais le championnat portugais, c’est aussi un très bon championnat, qui ne cesse de progresser. On y retrouve aussi de très bons joueurs pleins d’avenir. Je suis vraiment content d’évoluer dans ce championnat.
Passons à présent si vous le voulez bien au volet équipe nationale. L’Algérie a validé sa qualification pour la CAN après avoir réalisé un sans-faute lors des éliminatoires. Dans quel état d’esprit va-t-elle aborder les deux derniers matchs restants, prévus face à l’Éthiopie et au Mali ?
Déjà, c’est une grande satisfaction d’avoir gagné les quatre matchs et d’avoir concrétisé notre objectif, qui était de se qualifier le plus rapidement possible à cette CAN-2015. Il reste maintenant deux matchs à disputer et, à mon avis, ils sont très importants aussi, car on veut terminer cette phase de qualifications avec un maximum de victoires possible. Que ce soit face à l’Éthiopie ou au Mali, on jouera pour gagner, comme on l’a toujours fait jusque-là.
 Le sélectionneur a fait appel à quelques nouveaux joueurs dans le groupe pour ce prochain stage (Abeïd, Bounedjah…). Pensez-vous que ce soit le moment idéal de les tester, sachant qu’il n’y a pas d’enjeu dans ces deux matchs ?
Il n’y a pas d’enjeu du point de vue comptable, oui, mais ça reste deux matchs très importants. Ce sont des matchs officiels, et pour notre confiance il faut absolument essayer de les gagner. Ils vont nous permettre aussi de perfectionner notre cohésion dans le jeu. Ça ne fait pas longtemps qu’on est avec le nouveau coach et je pense qu’il nous faut un maximum de rencontres pour progresser davantage et gagner de la maturité dans notre jeu. Et pour répondre à votre question, j’estime que c’est bien qu’il y ait de nouveaux joueurs. Ça prouve qu’on a de plus en plus de bons éléments et qu’ils progressent. Après, c’est les meilleurs qui joueront et ça sera au coach de décider.
 En parlant de Gourcuff, qu’est-ce qu’il a apporté de nouveau à la sélection, selon-vous ?
Dans la manière de jouer. Je pense que c’est complètement différent de l’ancien coach. Gourcuff a une stratégie bien précise, en 4-4-2,  bien faire tourner le ballon et le maîtriser, être solides aussi défensivement. J’estime qu’avec le nouveau coach, notre équipe est encore plus portée vers l’avant. C’est ce qui a changé, à mon avis. En plus, quand on a la balle, on est plus calmes, on gère mieux nos matchs.
 Et quels sont vos rapports avec Gourcuff, sachant qu’il vous apprécie et veut vous donner une plus grande importance dans le jeu de l’EN ?
Ça se passe parfaitement bien, que ce soit avec le coach Gourcuff ou même avec Yazid Mansouri. On s’entend bien, sur ou en dehors du terrain. Après, je pense qu’on a une relation d’entraîneur-joueur comme les autres. Sur le terrain je me donne à fond pour répondre à ses exigences et aider l’EN à toujours gagner ses matchs.
 On sait qu’avec Vahid Halilhodzic vous n’étiez pas un titulaire indiscutable, puisque ce dernier ne comptait pas tout à fait sur vous. Dites-nous comment vous avez vécu cette période-là ?
C’est vrai que je suis quelqu’un de très compétiteur et je veux jouer un maximum de temps possible. Mais je respectais les choix du coach. C’est différent qu’en club. Là, tu joues pour ton pays, t’es pas tout le temps là-bas, et parfois il faut accepter certaines décisions, même si ça fait mal. Oui, je le dis, ça fait mal car j’ai eu beaucoup de déceptions, mais voilà, c’est comme ça. À chaque fois que j’ai joué j’ai donné mon maximum et j’ai toujours voulu être le plus performant possible.
Vous lui en voulez un peu ?
Non, je ne lui en veux pas du tout. Il a fait ses choix. On a fait un super parcours, que ce soit pendant les éliminatoires du Mondial ou même lors de la phase finale au Brésil, et ce n’était que du bonheur. Je ne retiens que de la joie. Après, j’estime que coach Halilhodzic a répondu quand même aux attentes du public algérien et on est à présent quelque peu l’équipe à battre.
 Tous les joueurs avec qui on a parlé disent à l’unanimité qu’un gros fossé sépare ces deux coachs, notamment dans la façon de travailler. Le confirmez-vous ?
Oui, bien sûr.
 Décrivez-nous ça…
Déjà, au niveau de la charge de l’entraînement, c’est différent. Je pense qu’aujourd’hui les joueurs se sentent mieux dans le sens où physiquement on arrive plus frais aux matchs, même si comme je l’ai dit, chaque entraîneur a ses propres méthodes de travail.
 Justement, beaucoup ont critiqué cette charge physique qu’imposait souvent Halilhodzic aux joueurs pendant les stages et on voyait après, lors des matchs, que certains éléments accusaient clairement le coup…  
Tout dépend des joueurs. Par exemple, moi personnellement, je trouvais que la charge des entraînements était très soutenue. Aujourd’hui, je me sens mieux quand j’arrive en sélection parce que je sais que la charge des entraînements ne sera pas très élevée. Actuellement, je joue pratiquement tous les trois jours et j’ai donc besoin d’un, voire deux jours de repos pour récupérer. Des petits détails qui changent et qui font la différence.
 Si vous ne deviez retenir qu’une image ou bien un moment qui vous a marqué lors du dernier Mondial au Brésil, ce serait quoi ?
Tout de suite après le coup de sifflet final du match face à la Russie. La qualification qu’il y avait au bout. C’était exceptionnel, c’était tout simplement un moment historique.
 On sait que certains joueurs se sont rués sur Internet pour justement voir l’ambiance qui régnait en Algérie. Est-ce que vous avez fait pareil ?
Bien sûr que oui ! Surtout que moi, je suis issu de la région parisienne, et à Paris j’ai vu que c’était la fête… C’était vraiment exceptionnel !
 L’Algérie s’est hissée à la 15e place au dernier classement FIFA. Une fierté de plus ?
Bien sûr ! C’est une immense fierté, mais il ne faut pas qu’on s’arrête là. Cet exploit doit nous pousser à travailler chacun dans notre club pour faire grandir davantage notre sélection. L’image qu’on transmet est très importante, que ce soit du pays ou même de toute l’Afrique.  
 Les observateurs estiment que l’Algérie sera la grande favorite pour la prochaine CAN. Vous êtes d’accord ?
Évidemment qu’on se présente en tant que favoris, on ne peut pas le renier. On a fait un très bon parcours en Coupe du monde. On fait un sans-faute jusque-là dans les éliminatoires de cette CAN-2015. On joue très bien. Au classement FIFA, on est 15e. C’est normal de viser le sacre final. C’est notre objectif, on ne va pas le cacher. Après, on sait que ça va être très dur, car il y a de bonnes équipes en Afrique. Sans aucune prétention, j’estime qu’il faut qu’on assume notre statut de favoris, être confiants et aller de l’avant sans crainte.
 Les Algériens ont besoin de voir l’Algérie soulever enfin un trophée. Comprenez-vous leur frustration, sachant que depuis 1990 on n’a rien gagné ?
Oui, je les comprends parce que pour écrire l’histoire d’un pays au niveau footballistique, il faut gagner des titres. Sans les titres, on ne se rappelle pas de toi. On sait que notre peuple est très exigeant, mais qu’il se rassure, nous aussi on l’est sur le terrain. On se doit d’honorer notre pays et donner le maximum pour remporter le plus de victoires possible.
 Le déroulement de la CAN-2015 dans les délais prévus n’est pas encore certain, après le vœu du Maroc de ne pas abriter cette édition en janvier prochain. Est-ce que tout ça influe psychologiquement sur les joueurs ?
C’est sûr qu’on regarde ça et qu’on y pense un peu. La CAN, c’est quand même une compétition importante. On va attendre la décision finale et on fera avec.
Récemment dans une interview que vous avez accordée au journal italien La Gazzetta Dello Sport, vous avez réaffirmé votre fierté d’avoir choisi la sélection algérienne. On sait qu’en 2010, Rabah Saâdane avait pris attache avec vous, mais vous aviez demandé un temps de réflexion. Avec du recul, ne regrettez-vous pas de ne pas avoir intégré la sélection plus tôt ?
Non, pas du tout. Tout simplement parce que je n’étais pas prêt. Je n’étais pas encore un joueur confirmé. J’étais dans une période assez compliquée de ma carrière. Je revenais d’un prêt à Rennes et puis après, j’ai enchaîné avec pas mal de blessures qui m’ont freiné. Après cela, quand j’ai commencé à jouer, à être stable, à être bien, j’ai décidé de rejoindre la sélection nationale, sans le moindre souci.
 Certains médias français vous regrettent et disent que vous auriez sans doute été d’un grand apport à l’Equipe de France sous la coupe de Didier Deschamps. Ça vous fait quoi d’entendre ce genre de commentaire ?
C’est flatteur et ça fait plaisir, mais aujourd’hui, pour rien au monde je ne reviendrai sur ma décision. Je suis fier et très heureux de jouer pour l’Algérie. Ce que je vis aujourd’hui, ce n’est que du bonheur.
Dans la même interview, vous avez dit aussi que vous vouliez suivre les pas de Madjer à Porto…
Je n’ai pas dit ça exactement. Je pense que chaque joueur a sa carrière. Rabah Madjer était un très grand joueur, sans doute le meilleur joueur algérien, mais je pense que ce n’est pas la même génération. On ne peut pas vraiment nous comparer tous les deux. Bien sûr que je suis fier de ce qu’il a fait ici, mais après, j’ai ma carrière et j’essaye de la faire en toute simplicité.
 Est-ce qu’on a tendance à vous comparer ici ?
Dans la manière de jouer, on ne m’a jamais dit que je ressemblais à Madjer. Après, c’est sûr que le fait d’être algérien, de porter le numéro 8, on a tendance à faire le rapprochement.
 On dit qu’à Porto, Madjer a marqué et marque toujours les esprits. Est-ce que vous sentez réellement la légende ?
Oui, bien sûr. Si vous visitez le musée, vous allez tout de suite comprendre que Rabah Madjer c’était quelqu’un de très important ici.
 Dans quelques jours, il y aura la remise du trophée du Ballon d’Or algérien, Le Buteur-El Heddaf. Cette année, vous partez archi-favori pour le remporter. Est-ce que c’est une ambition pour vous de le gagner ?
C’est clair que c’est flatteur. Tout joueur pense au collectif, mais aussi aux titres individuels, car ça fait plaisir. Ce n’est pas mon objectif principal, mais c’est sûr que ça me fera énormément plaisir de recevoir ce trophée si jamais je le remportais. Ce sera un honneur de plus pour moi et ma famille.
 Vous vous êtes fixé un objectif, du genre atteindre un nombre précis de buts ou de passes décisives d’ici la fin de la saison ?
Non, pas du tout. J’essaye toujours de donner le maximum et de m’améliorer au quotidien. Je n’aime pas me fixer des objectifs de ce genre. On fera les comptes à la fin de la saison.
 Les blessures, ça vous fait peur, sachant qu’à une période de votre carrière, vous avez été longtemps handicapé par des blessures justement ?
Non. Ce qui m’est arrivé et m’arrivera fait partie du destin. J’ai confiance en Dieu et rien ne me fait peur.
 Votre complice en sélection, c’est qui ?
Riyad Mahrez, mais aussi Sofiane Feghouli.
 Vous pensez quoi justement de Mahrez ? Techniquement, lui aussi est très fort…
Je pense que c’est quelqu’un qui a surpris tout son monde. Personne ne s’attendait à voir un joueur aussi talentueux. Ce qu’il est en train de faire actuellement, que ce soit en sélection ou bien à Leicester, je pense que ce n’est que le début car il a les qualités pour aller au très haut niveau.
 Est-ce que vous lui conseilleriez d’aller jouer en Espagne, là où le football est très technique ?
Je pense qu’actuellement, en Angleterre, il est bien et c’est sûr que s’il continue comme ça, il va pouvoir rejoindre un grand club anglais.
 Vous êtes devenu le chouchou  des supporters algériens. Ces derniers n’ont d’yeux que pour vous depuis quelques semaines et ne cessent de partager les vidéos de vos performances sur les réseaux sociaux. On imagine que cela vous fait plaisir, non ?
Oui, c’est clair que ça me fait plaisir et, croyez-moi, tout ça me donne de la force et de la détermination. C’est pour cela que je tiens à remercier tous les Algériens, mais aussi tous les Africains et toutes les personnes qui me soutiennent.
Le public algérien est connu pour être très fervent et proche de sa sélection. On sait qu’il y a certains joueurs qui n’aiment pas trop ça, qu’en est-il de vous ?
Franchement, pour moi, cette proximité du public me fait plaisir et me donne beaucoup de force, comme je vous l’ai dit. Quand je vois notre peuple, le soutien qu’il nous apporte au quotidien, c’est vraiment exceptionnel. Pour moi, c’est ça le football, c’est ça la joie de ce métier qu’on fait.
 Merci à vous Yacine encore une fois pour cette interview exclusive que vous nous avez accordée…
Il n’y a pas de quoi. Merci aussi à vous d’être venu jusqu’ici.

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L’interview décalée…

«C’était important pour moi de me marier très jeune»
 

Votre plat préféré ?
Pâtes bolognaises. Mais attention, celles de ma femme ou de ma mère, sinon rien.
 Voiture de rêve ?
La Ferrari.
 A 24 ans, vous êtes déjà marié et papa d’une petite fille. C’était important pour vous de vous marier jeune ?
Oui, c’était très important pour moi. Ça me permet déjà d’être plus heureux et aussi d’avoir un bon équilibre de vie. Je suis quelqu’un de très famille et c’est l’une des choses les plus importantes de ma vie.
 Une idole au niveau international ?
Je n’ai pas d’idole.
 Les joueurs qui vous ont inspiré ?
Je dirais Zinedine Zidane et Ronaldinho.
 Il parait que vous avez fait de la boxe et du tennis lorsque vous étiez un peu plus jeune…
La boxe est un sport que j’aime énormément et je vous fais une petite confidence, j’en faisais jusqu’à l’année dernière à Grenade. C’est un sport que je regarde aussi beaucoup à la télévision. Le tennis aussi, j’aime bien.  
 Vous auriez pu faire carrière dans l’une de ces disciplines ?
Non, pas à ce point. Ce sont des sports que j’aime beaucoup et qui m’aident à sortir un peu du foot.
 La ville de Porto vous plait-elle ?
Oui. C’est une très belle ville.
Avez-vous appris le portugais ou pas encore ?
J’apprends au quotidien. Ici, ça parle beaucoup espagnol aussi, mais parler portugais, c’est clair que c’est important pour moi.
 Quels sont les joueurs avec qui vous êtes assez proche au FC Porto ?
Aboubakar, Martins Indi et Jackson Martinez surtout. Ce sont des joueurs avec qui je m’entends bien.

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Yacine éteint la polémique avec Feghouli et répond au président de Valence
«Sofiane est plus qu’un coéquipier, c’est un ami et je lui souhaite toujours le meilleur»

Récemment, une polémique a éclaté en Espagne au sujet des récompenses qu’a décernées dernièrement la Ligue de football espagnole. Beaucoup ont accusé la Ligue de faire du favoritisme en privilégiant surtout des clubs comme le Real Madrid et le FC Barcelone au détriment des autres, comme l’Atlético Madrid ou bien le FC Valence. Justement, du côté du club valencien, on n’a pas vraiment digéré le fait qu’on décerne le trophée de meilleur joueur africain de la Liga de la saison passée à Yacine Brahimi et non pas à Sofiane Feghouli, qui l’aurait, selon son président, Amadeo Salvo, mérité le plus au vu de ses statistiques lors de cette saison 2013-2014. Voulant avoir l’avis d’un des concernés, en l’occurrence Yacine Brahimi sur cette polémique, on lui a posé la question et sa réponse a été : «Ecoutez, je ne voudrais pas entrer dans ce genre de polémiques. Feghouli, au-delà d’être un coéquipier, c’est vraiment un ami. C’est un très bon joueur et évidemment, je lui souhaite que de bonnes choses, car il le mérite. Voilà tout». Voilà donc l’ancien pensionnaire de Granada qui remet les choses dans l’ordre et éteint l’étincelle de cette polémique.

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Issu de la région, il appelle les gens de Ghardaïa au calme : «La violence ne sert à rien, préservez notre beau patrimoine»
Comme tout le monde le sait, Yacine Brahimi est né et a grandi dans la région parisienne. Cependant, il demeure originaire plus exactement d’El Ménéa, commune de la wilaya de Ghardaïa. Justement, cette ville, située aux portes du grand Sahara algérien est en proie à des violences perpétuelles depuis près de deux ans maintenant entre Arabes et Mozabites, résidant dans la même ville. Qui de mieux indiqué que le sociétaire de Porto pour lancer un message d’apaisement à tous les habitants de cette merveilleuse ville touristique, qui au fil des semaines et des mois, commencent sérieusement à perdre tout son charme et son hospitalité en raison de cette violence.  «Evidemment, je suis peiné par ce qui se passe là-bas. Je profite de l’occasion pour appeler les gens de cette ville à revenir au calme, car la violence n’amène et ne mène à rien. Il faut que Ghardaïa retrouve son calme et sa paix car c’est une région magnifique. Ils n’ont pas besoin de toute cette violence. Il faut trouver une issue à tout ça.»

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«Bravo à Sétif»
A la fin de notre interview, Yacine Brahimi a tenu à adresser ses félicitations à la direction et aux supporters de l’Entente de Sétif, après la victoire en finale de la Ligue des champions. «Sincèrement, je suis très heureux de l’exploit qu’a réalisé Sétif. Je les félicite et je leur souhaite plein de succès à l’avenir.»

 

Publié dans : gourcuff Riyad Mahrez Brahimi Jackson Martinez Martins Indi

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