Interview

Albertini : «De grands joueurs n’ont pu réaliser ce qu’a fait Madjer»

«Difficile de subtiliser la balle à un joueur comme Zidane»

Auteur : jeudi 30 mars 2017 13:30

Dimitrio Albertini, l’ancien capitaine du Milan AC, est actuellement vice-président de la Fédération italienne de football. Il a accepté de recevoir Le Buteur pour évoquer plusieurs questions, notamment celles relatives au football italien mais aussi concernant les footballeurs algériens qui brillent à l’étranger, comme Brahimi, Ghoulam et Mahrez. On vous laisse le soin de découvrir l’entretien.

Merci de nous avoir accordé quelques minutes de votre temps…
Pas de souci, vous êtes les bienvenus. On ne se connaissait pas. Maintenant, nous avons eu l’occasion de bien se connaître.
Vous avez remporté presque tous les titres avec le Milan AC, ne pensez-vous pas que le niveau a beaucoup baissé ?
Oui, c’est vrai. Je me souviens que durant les années 1990, le championnat italien était tout simplement le meilleur au monde. Ce n’est pas uniquement une question d’argent mais il y avait aussi une très bonne organisation. Aujourd’hui, on constate qu’il n’y a que la Juventus de Turin qui peut rivaliser avec les grosses cylindrées du monde. Aujourd’hui, je constate aussi que le championnat italien est devenu un championnat qui prépare les joueurs tels que Veratti, Pogba, Pastore et d’autres pour qu’ils rejoignent ensuite d’autres clubs.
Mais les résultats de l’AC Milan se sont beaucoup améliorés, notamment avec Montella ?
Certes, avec Montella les choses se sont améliorées. Puis, la philosophie des dirigeants du Milan a changé. Désormais, ils veulent bâtir une grande équipe. Ils sont en train de mettre des bases solides, en misant sur les jeunes du club et c’est une bonne chose. A mon avis, ils ont compris qu’il ne faut pas recruter juste pour recruter. On peut ramener des étrangers mais il faut qu’ils soient bons pour pouvoir donner un plus à l’équipe. C’est ce qui se faisait à notre époque. J’espère que ça va changer car le Milan AC est un grand club.  
A votre avis, Montella est-il le technicien idéal pour que Milan retrouve son lustre d’antan ?
Le coach qu’il faut, c’est celui qui gagne des titres. Celui qui fait du bon travail et qui peut convaincre la direction à travers ses résultats. Il y a beaucoup de techniciens qui sont passés par le Milan, mais qui n’ont rien fait. Pour Montella, je pense qu’il réalise un bon parcours jusque-là.
Quels sont les coach qui vous ont marqué durant votre carrière ?
Sincèrement, c’est Arigo Sacchi et Fabio Capello. Le premier m’a donné l’occasion de jouer et m’entraîner avec l’équipe première alors que j’étais avec la réserve, c’était un rêve pour moi. Le second m’a donné aussi l’occasion de jouer titulaire avec le Milan et de gagner des titres. Même ceux qui n’ont pas compté sur moi dans le onze, m’ont donné la chance de découvrir la souffrance et de travailler dur. Grâce à tout ça, je suis devenu complet.
Du Milan, vous avez rejoint le Barça…
Oui, c’est vrai. J’aime le Milan AC mais je n’ai pas prolongé mon bail car les dirigeants du club avaient d’autres projets. J’ai eu donc une petite expérience avec l’Atalanta Bergame avant de rejoindre le Barça. Je connaissais l’entraîneur Rijkaard qui avait joué avec moi au Milan. Il avait besoin d’un leader et d’un joueur d’expérience en plus d’un joueur dans le même registre que le mien, suite à la blessure de plusieurs éléments. J’ai donc rejoint le Barça qui n’avait pas gagné le moindre titre depuis cinq saisons.
 Parlez-nous de la différence entre le Barça et le Milan…
Tous deux sont de grands clubs. Le Barça a beaucoup évolué ces dernières années à cause du changement de mentalité. On ne pense plus qu’aux joueurs catalans. On pense désormais à ramener les meilleurs joueurs. Grâce à sa nouvelle politique, le Barça a gagné beaucoup d’argent. Il a réussi à se hisser vers le haut, et devenir le troisième ou deuxième grand club du monde. Au Milan, c’est le contraire, on a perdu du terrain. J’espère que le club va retrouver sa grandeur.
Pourquoi vous n’avez pas endossé une carrière d’entraîneur ?
Non, j’ai préféré être un dirigeant mieux qu’un entraîneur. J’ai reçu une proposition de la Fédération italienne avant le Mondial-2006 remporté par l’Italie justement, pour devenir vice-président et aujourd’hui je suis content. J’ai préféré être dirigeant que coach. Je veux profiter de ma famille. En plus, j’ai le sentiment de ne pouvoir apporter un plus en tant qu’entraîneur.
Parlons de la Serie A, pourquoi les clubs ne peuvent pas concurrencer la Juventus qui remporte le titre chaque année ?
Ecoutez ! La Juventus est très forte sur le plan financier par rapport aux autres clubs. Je peux vous dire qu’il fait partie des dix clubs au monde qui possèdent un revenu important. Tout d’abord, ils ont leur stade. C’est le seul club en Italie tout comme l’Udinese qui ont leur propre stade. Les recettes des matchs sont vraiment énormes. Ils gagnent beaucoup d’argent. Puis, la Juventus reste l’unique club en Italie qui vend de grands joueurs avec des sommes faramineuses et qui peut en même temps recruter de grands joueurs. Les autres clubs vendent certes de grands joueurs, mais ne peuvent pas les recruter. C’est là la différence. La Juventus peut gagner des titres européens.
Comment analysez-vous la performance du Napoli qui a quitté la compétition suite à une défaite en aller-retour face au Real Madrid ?
Il faut être logique. On ne peut pas comparer le Napoli au Real Madrid. Le Napoli est en train d’apprendre et de gagner de l’expérience. En face, le Real est un grand club d’Europe. C’est un habitué de la Ligue des champions. Puis, la différence est de taille. Le Real possède les moyens financiers nécessaires. D’ailleurs, avant l’entame de la saison, le club madrilène a dû débourser de grosses sommes d’argent, contrairement au Napoli qui attend à chaque saison la prime de participation à la Ligue des champions pour pouvoir acheter un ou deux bons joueurs. C’est incomparable. Le football italien a régressé quelque peu ces derniers temps. La sélection italienne ne réalise plus de bons résultats. Les clubs italiens ne gagnent plus les coupes européennes. Il n’y a eu que la Juventus qui a réussi à atteindre la finale en 2015 avant de perdre face au FC Barcelone.
Au Napoli, il y a un Algérien, Faouzi Ghoulam. Que pouvez-vous nous dire sur ce joueur ?
C’est un très bon joueur. Faouzi Ghoulam est l’un des meilleurs arrières gauches du championnat d’Italie. Le Napoli a fait une très bonne affaire en le recrutant. Il a été à la hauteur de la confiance placée en lui. En Italie, ce n’est pas facile de jouer comme latéral car il doit défendre et attaquer en même temps. Il y a toujours cette rigueur tactique dans le championnat italien.
En Angleterre, un autre Algérien fait sensation. Il s’agit de Riyad Mahrez…
Oui, je l’ai vu jouer. C’est un très bon joueur qui a beaucoup de qualités. En Angleterre, il a pu s’imposer car c’est un joueur complet physiquement et techniquement, en plus le championnat y est très offensif, contrairement à la Serie A. Nous en Italie, les joueurs ne pensent pas à l’attaque mais uniquement à la défense et comment ne pas encaisser de but. J’espère qu’un joueur comme Mahrez rejoigne la Serie A pour changer un peu la mentalité.
Un autre joueur algérien avait même intéressé le Milan AC et son dirigeant emblématique, Adriano Galiani, à savoir Yacine Brahimi…
Oui je le connais. Il joue à Porto mais à mon avis, il doit quitter le championnat portugais pour rejoindre un autre championnat plus huppé.  
Un ancien attaquant algérien avait marqué l’histoire de la Ligue des champions européenne, vous le savez ?
Oui, évidemment. Vous parlez d’un grand joueur, Rabah Madjer. Il a marqué un but somptueux face au Bayern en finale de la Ligue des champions. De grands joueurs avec qui j’ai joué, n’ont pas réussi à faire ce qu’a fait Madjer.
Vous connaissez aussi Zinedine Zidane, l’actuel entraîneur du Real Madrid ?
Oui, j’ai joué contre lui et c’était un grand joueur. Il est très difficile de pouvoir le retenir sur le terrain. En plus, il jouait dans la même zone que la mienne. Mais s’il y avait un joueur difficile à museler sur le terrain, c’est l’attaquant brésilien Ronaldo, qui a fait les beaux jours de l’Inter de Milan et de Barcelone. C’était un grand joueur.
Un dernier mot pour le peuple algérien…
J’ai été très ravi d’évoquer ma carrière avec un journaliste algérien. Je salue le peuple algérien et notamment ceux qui aiment le Milan A

Publié dans : Albertini

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