Exclusif : Mbolhi : «Passer le premier tour, ensuite penser à remporter cette CAN !»
PUBLIE LE : 20-12-2012 | 00:00 | PAR Moumen Aït Kaci Ali
«Feghouli, Ghoulam, Boudebouz et Cadamuro sont jeunes et talentueux» «La compétition me manque mais je travaille assez pour maintenir ma forme»
C’est dans la chambre de son ami Foued Kadir que le gardien de but de l’EN, Rais Ouahab Mbolhi, a accepté de nous recevoir pour se confier en exclusivité à nos lecteurs. Très attachant, souriant et assez à l’aise, il a répondu à toutes nos questions qui concernent sa situation, son avenir et ses contacts. Rais nous a bien entendu parlé des chances de l’Algérie lors de la prochaine CAN- 2013. Entretien !
Et si on revenait à cette campagne éliminatoire de la CAN-2013, quelle est votre analyse sur les matchs disputés ?
Je crois qu’on a fait le boulot. Après avoir raté la CAN-2012, on devait absolument nous racheter pour faire plaisir au peuple et qualifier l’Algérie en Afrique du Sud. Maintenant, il faudra penser à bien représenter le pays lors de la prochaine Coupe d’Afrique.
Il y a eu aussi une explication tendue face à la Libye, parlez-nous un peu de ce qui s’est passé à Casablanca en fin de rencontre ?
Contrairement à ce qui a été dit, je n’étais pas le seul à avoir réagi, tous mes coéquipiers s’étaient impliqués. Je veux dire qu’après l’agression d’un de nos camarades, c’est toute l’équipe qui a réagi et c’est normal, je trouve.
On vous a vu intervenir énergiquement pour protéger certains de vos camarades…
C’est vrai, à un moment donné, ça a dégénéré. Vous savez, sur le terrain, on est des frères et lorsque j’ai vu un de mes frères se faire tabasser par un groupe de joueurs libyens, j’ai réagi instinctivement, je suis allé le protéger et l’arracher des mains de ses agresseurs. On lui a sauté dessus, je ne pouvais pas rester sans rien faire. Il fallait bien réagir pour lui porter secours.
En tout cas, les supporteurs algériens ont qualifié votre réaction d’homme, qu’avez-vous à dire là dessus ?
Je tiens à dire que c’est un geste qu’il faut condamner. Ce genre de choses ne devrait pas se produire sur un terrain de football. Il y a des gamins qui suivent les matchs de l’Algérie à la télévision, on se doit donc de se montrer exemplaires pour bien éduquer les jeunes footballeurs. Je ne suis pas fier de ce qui s’est passé. Maintenant, j’espère que ça ne se reproduira plus.
Lors du dernier Mondial, tout comme votre ami Foued Kadir, vous n’avez pas participé aux éliminatoires, quel était votre votre sentiment, à présent que vous avez réussi à prendre part à la qualification de l’Algérie à un rendez-vous aussi important ?
Arriver comme ça et prendre part à une Coupe du monde sans avoir eu l’honneur de participer aux éliminatoires, quelque part on se sent frustré. Et là, bien sûr que je suis très heureux et fier d’avoir pris part comme tout le monde à cette qualification de l’Algérie à la prochaine CAN.
Vous êtes impatient d’y être ?
C’est clair, on en parle beaucoup entre nous, surtout avec mon ami Foued. On en est très fiers et on a envie de rendre heureux notre public et représenter comme il se doit le pays.
La tâche s’annonce difficile, on est tombés sur un groupe composé de grandes nations africaines…
On le sait, c’est un groupe pas du tout facile, mais ça va être le cas pour toutes les équipes de notre poule. Après, on n’a peur de personne, il ne faudra pas surtout se sous-estimer par rapport à la qualité de nos adversaires. On est un grand pays du football. Si on se prépare bien, je pense qu’on pourra aller loin dans cette compétition.
Avez-vous les moyens d’atteindre la finale de la CAN ?
Bien sûr, mais ça va être très dur. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas trop parler d’objectif maintenant. On doit prendre cette compétition match par match. Il va falloir se préparer correctement et avoir du respect pour toutes les autres équipes. On doit rester humbles.
Cette fois, l’Algérie présente un effectif très jeune, il n’y aura pas Bougherra, Yebda, Ziani et d’autres joueurs du dernier Mondial 2010 ; des appréhensions ?
Ce que vous dites est vrai. Dans une compétition pareille, on a besoin de beaucoup d’expérience mais très sincèrement, j’ai confiance en notre entraîneur. On a la chance de posséder un sélectionneur habitué des grandes compétitions. C’est sûr qu’il va nous apporter tout ce qu’il faut pour réussir à ce niveau-là.
Des jeunes comme Boudebouz, Ghoulam, Feghouli et Cadamuro vont découvrir cette compétition africaine, croyez-vous qu’ils seront assez costauds pour répondre physiquement et mentalement ?
Les joueurs que vous venez de citer n’ont pas beaucoup d’expérience de ce niveau-là, mais ce sont des professionnels. Croyez moi, ils possèdent le talent pour y remédier.
Que pensez-vous de la Côte d’Ivoire qui se présente comme l’ogre de notre groupe ?
Cette équipe n’est plus à présenter. Aujourd’hui, elle fait partie des grandes nations africains avec son armada de joueurs de très grand niveau qu’on connaît très bien. On les a affrontés lors de la CAN-2010, en quarts de finale, et on sait de quoi ils sont capables. A mon avis, il ne faut pas trop focaliser sur la qualité et le jeu de notre adversaire. On doit rester surtout concentrés sur notre façon de se préparer et notre manière de jouer.
Un mot sur la Tunisie et le Togo ?
La Tunisie reste un derby difficile et je vous le redis encore une fois, on ne doit pas focaliser sur nos adversaires. Il faudra faire preuve de vigilance et travailler davantage et normalement, ça devrait passer. Le Togo, ça va être aussi compliqué. C’est une équipe costaude. Il n’y a plus de petites équipes en Afrique, il faut se méfier de tout le monde. L’exemple de la Zambie reste édifiant.
L’Algérie sera aussi privée de son capitaine d’équipe Madjid Bougherra et Anthar Yahia, un axe central avec qui vous avez pris l’habitude de jouer ; ne pensez-vous pas que ça va être un handicap pour vous ?
Il est clair qu’il s’agit de deux piliers de la défense de l’EN. Ce sont des joueurs très importants avec qui on a construit une assise défensive depuis un moment. Maintenant, il y a des nouveaux qui sont arrivés et je pense qu’ils vont être aussi à la hauteur. On n’a pas vraiment le choix, c’est la loi du football, parfois on est obligé de faire avec.
Votre défense sera probablement constituée de jeunes joueurs qui n’ont pas joué assez de matchs avec vous et tout le monde sait qu’il faudra un maximum de complémentarité entre le gardien et ses coéquipiers défenseurs…
C’est vrai, mais il y a des jeunes qui arrivent et qui prouvent de match en match qu’ils sont bien capables de relever le défi. Moi, je leur fais confiance. Donc, je ne pense pas qu’il va y avoir de problème à ce niveau-là.
Rais, votre situation au Krylia Sovetov Samara inquiète, quel est réellement le problème qui se pose pour vous ?
Comme tout le monde le sait, je suis dans une situation embarrassante. J’ai eu quelques problèmes d’ordre sportif avec le coach. J’insiste sur ça parce que comme vous le savez, les entraîneurs font des choix qui ne vous sont pas souvent favorables et qu’il faut accepter. Je suis toujours sous contrat avec Samara. Cependant, je travaille à fond pour maintenir ma forme.
En dépit de votre situation sportive difficile, vous arrivez à sortir de grands matchs en sélection, quel est le secret de cette réussite ?
Le secret se résume en un seul mot : le travail. Je ne lésine jamais sur l’effort, c’est ma nature d’être. Dans ma carrière, j’ai toujours été appelé à surmonter des situations difficiles et là, j’essaye de rester concentré pour faire honneur aux couleurs de l’Algérie. La compétition me manque beaucoup et je sais que c’est important, mais j’ai envie de dire que je ferai tout pour être au top physiquement.
Justement, le coach Halilhodzic continue à vous faire confiance. D’ailleurs, il affirme qu’à chaque stage, vous êtes le mieux préparé physiquement, cette confiance du coach vous encourage à bien préparer la CAN…
C’est normal, car ça motive. Lorsqu’on ne joue pas avec son club, on doit travailler deux fois plus que les autres. Après, la réussite de l’équipe ne dépend pas seulement de moi. L’Equipe nationale, c’est tout un groupe de joueurs, un staff de qualité et un peuple mobilisé derrière son équipe. Maintenant, tout ça me donne cette envie de ne pas décevoir et d’être présent à chaque moment. Pour ma part, j’essaye d’être au top lors des matchs de l’EN.
Concernant votre avenir, avez-vous reçu des contacts ?
Pour l’instant non, aucun contact ! Comme je l’ai dit, je suis sous contrat avec Sovetov Samara, il me reste encore un an et demi à honorer, après on verra. Maintenant, le championnat de Russie s’arrêtera jusqu’au mois de mars. J’ignore comment les choses vont évoluer.
On vous a annoncé à l’USMA, au CSC et à la JSK, qu’en est t-il au juste ?
A vrai dire, par correction, j’ai parlé avec les dirigeants de l’USMA. J’ai discuté avec les dirigeants algérois de ce qui pouvait se faire, mais comme je suis sous contrat avec mon club, je ne pouvais pas me permettre de faire n’importe quoi. Après, je vais être très honnête avec vous, je ne vais pas vous raconter des histoires. Avec tout le respect que j’éprouve pour notre championnat et les clubs algériens, venir jouer en Algérie ne fait pas partie de mes projets. Qui sait, peut-être à l’avenir.
Et la JSK ?
Il n’y a absolument rien avec cette équipe.
Vous êtes maintenant devenu un leader de cette Equipe nationale, parfois on vous voit crier pour replacer votre défense, et vous n’hésitez pas à réprimander d’autres équipiers, comme vous l’avez fait avec Boudebouz en Gambie, qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
Je précise qu’aujourd’hui, on a la chance d’avoir un groupe de joueurs très jeunes et on peut se dire les choses en face comme des adultes. Après, sur ce match face à la Gambie, je pense que c’est mon rôle de gardien d’orienter mes camarades, je suis derrière, je vois tout. Dans les moments cruciaux de la partie, j’interviens pour bien réorganiser les choses et c’est ce qui s’est passé avec Ryad qui est un frère.
Halilhodzic avait cité cette action comme un exemple pour illustrer l’excellent état d’esprit qui existe dans votre groupe, et Boudebouz qu’on a interrogé nous a dit que vous étiez comme un grand frère pour lui, votre commentaire ?
Je suis très content qu’ils disent ça, parce que c’est vrai que je crie beaucoup sur le terrain. Je sais que ça embête mes camarades un peu, mais je le fais toujours dans l’intérêt de l’équipe.
Parlons des jeunes professionnels qui ont renforcé l’Equipe nationale, un petit mot sur l’apport de Ghoulam qui a été retenu pour la CAN ?
C’est un jeune joueur qui monte. Je le connais, je regarde souvent ses matchs à la télévision. Kadir aussi m’a parlé de lui. Il a joué contre lui en championnat. C’est un plus pour notre équipe, c’est certain. On connaît aussi ses qualités, c’est un très bon joueur de couloir qui fera le plus grand bien à la sélection.
Concernant Belfodil ?
Je suis aussi au courant de ses performances en Italie. Il fait parler de lui. C’est bien que la sélection se renforce par des jeunes talentueux joueurs et cela ne peut être que bénéfique pour nous.
Vous serez peut-être appelé à encadrer ces jeunes joueurs de caractère, avez-vous déjà joué ce rôle dans le vestiaire de la sélection ?
Je n’ai pas eu trop à le faire, mais dans le vestiaire de l’EN, on n’hésite pas à se donner des conseils et à se motiver. Avec Bougherra capitaine d’équipe, on se montrait tous attentifs. On essaye toujours de rester sereins et solidaires.
Juste après la CAN, il y aura les éliminatoire de la CM 2014. Avec tous ces jeunes, vous vous dites peut-être qu’après avoir disputé le Mondial sans jouer les éliminatoires, il est temps pour vous d’offrir au peuple une qualification au Mondial ?
Ce que vous dites est vrai. On a vu ce qu’ils ont pu réaliser lors de la dernière qualification au Mondial-2010. Oui, on est prêts à tout pour disputer un autre Mondial. Seulement, il ne faut pas se perdre, il y a une CAN à jouer et qu’il ne faudra pas rater. C’est sûr, elle va nous permettre de gagner en expérience. Pour ce qui est de notre objectif, il s’agira de faire une bonne CAN et d’aller au Mondial.
Vous serez trois gardiens de but à postuler au poste de numéro 1, ça sera votre objectif ?
Non, je ne veux pas parler d’objectif individuel. Mon souhait, c’est que l’Algérie réussisse une grande CAN-2013. Après, comme je l’ai toujours dit, je suis à la disposition de l’entraîneur et de mon pays. Si on fait appel à moi, je serai toujours aussi heureux et fier et si on choisit quelqu’un d’autre, je continuerai à travailler, il n’y a aucun problème.
Sincèrement, vous voyez-vous dans la peau du numéro 1, comme le pensent la majorité des Algériens ?
Franchement, non. Moi, je me remets toujours en question. Aujourd’hui, je suis dans une situation difficile, je me sens plus dans la peau d’un Algérien qui sert son pays. J’attendrai comme tout le monde la décision du coach.
Un avis sur votre coéquipier Azzedine Doukha ?
Tout le monde connaît Azzedine, il travaille bien avec son club. A l’entraînement en sélection, on s’entend parfaitement. Il arrive à réaliser des performances intéressantes en championnat.
Le voyez vous-vous capable de vous concurrencer pour une place de titulaire ?
D’abord je répète qu’il existe une parfaite entente entre nous. On sait que c’est un très bon gardien et je dois dire que la concurrence est obligatoire pour tout le monde afin de pouvoir progresser, ça sert l’équipe. Même les autres gardiens Zemma et Cédric sont aussi d’un bon niveau.
Sincèrement, les performances de votre ami Foued Kadir vous étonnent-elles ?
Bof ! Je ne regarde pas trop ses matchs, c’est qui déjà ce joueur ? (il rit franchement)
C’est Foufou votre ami qui évolue à Valenciennes, votre club préféré ?
C’est vrai, j’adore ce club (Rais se remet à rire franchement et Kadir nous coupe : «Vous savez quoi, je suis son idole !)
Il est là devant vous, on sait que c’est difficile de porter un jugement objectif mais donnez- nous votre avis quand même ?
Non, c’est vrai, il est là avec nous dans sa chambre en plus (rires), il va s’enflammer un peu mais je dirai qu’il réalise une saison parfaite. Mach’Allah, tout lui réussit avec Valenciennes. J’espère qu’il continuera comme ça.
Rais, au mois d’avril, où seriez-vous ?
Je ne sais pas où, mais c’est sûr que ça sera sur un terrain de football (rires).
Avez-vous reçu un contact d’Azerbaïdjan ?
Non, je viens de l’apprendre !
Le public algérien attend beaucoup de vous,
Vous avez reçu plusieurs messages d’encouragements de la part du public algérien, qu’est-ce que cela vous fait ?
Je suis franchement très fier du soutien du public algérien et je les remercie tous pour leurs encouragements. J’espère leur rendre la pareille en sortant une très bonne CAN. Je vais tout faire pour les rendre heureux.
L’Algérie attend avec impatience la prochaine CAN ; que pouvez-vous promettre pour rassurer le public algérien ?
On ne va rien promettre, parce qu’en football, la réalité d’aujourd’hui n’est jamais celle de demain. Une chose est sûre, on va tout donner pour aller le plus loin possible dans cette CAN.
Merci Rais et on vous souhaite bonne chance.
A bientôt et encore une fois, je remercie Le Buteur pour cette invitation ainsi que tous les gens qui ont voté pour moi. Je suis très honoré et ce trophée de Meilleur gardien va me motiver à donner encore plus.
Et si on revenait à cette campagne éliminatoire de la CAN-2013, quelle est votre analyse sur les matchs disputés ?
Je crois qu’on a fait le boulot. Après avoir raté la CAN-2012, on devait absolument nous racheter pour faire plaisir au peuple et qualifier l’Algérie en Afrique du Sud. Maintenant, il faudra penser à bien représenter le pays lors de la prochaine Coupe d’Afrique.
Il y a eu aussi une explication tendue face à la Libye, parlez-nous un peu de ce qui s’est passé à Casablanca en fin de rencontre ?
Contrairement à ce qui a été dit, je n’étais pas le seul à avoir réagi, tous mes coéquipiers s’étaient impliqués. Je veux dire qu’après l’agression d’un de nos camarades, c’est toute l’équipe qui a réagi et c’est normal, je trouve.
On vous a vu intervenir énergiquement pour protéger certains de vos camarades…
C’est vrai, à un moment donné, ça a dégénéré. Vous savez, sur le terrain, on est des frères et lorsque j’ai vu un de mes frères se faire tabasser par un groupe de joueurs libyens, j’ai réagi instinctivement, je suis allé le protéger et l’arracher des mains de ses agresseurs. On lui a sauté dessus, je ne pouvais pas rester sans rien faire. Il fallait bien réagir pour lui porter secours.
En tout cas, les supporteurs algériens ont qualifié votre réaction d’homme, qu’avez-vous à dire là dessus ?
Je tiens à dire que c’est un geste qu’il faut condamner. Ce genre de choses ne devrait pas se produire sur un terrain de football. Il y a des gamins qui suivent les matchs de l’Algérie à la télévision, on se doit donc de se montrer exemplaires pour bien éduquer les jeunes footballeurs. Je ne suis pas fier de ce qui s’est passé. Maintenant, j’espère que ça ne se reproduira plus.
Lors du dernier Mondial, tout comme votre ami Foued Kadir, vous n’avez pas participé aux éliminatoires, quel était votre votre sentiment, à présent que vous avez réussi à prendre part à la qualification de l’Algérie à un rendez-vous aussi important ?
Arriver comme ça et prendre part à une Coupe du monde sans avoir eu l’honneur de participer aux éliminatoires, quelque part on se sent frustré. Et là, bien sûr que je suis très heureux et fier d’avoir pris part comme tout le monde à cette qualification de l’Algérie à la prochaine CAN.
Vous êtes impatient d’y être ?
C’est clair, on en parle beaucoup entre nous, surtout avec mon ami Foued. On en est très fiers et on a envie de rendre heureux notre public et représenter comme il se doit le pays.
La tâche s’annonce difficile, on est tombés sur un groupe composé de grandes nations africaines…
On le sait, c’est un groupe pas du tout facile, mais ça va être le cas pour toutes les équipes de notre poule. Après, on n’a peur de personne, il ne faudra pas surtout se sous-estimer par rapport à la qualité de nos adversaires. On est un grand pays du football. Si on se prépare bien, je pense qu’on pourra aller loin dans cette compétition.
Avez-vous les moyens d’atteindre la finale de la CAN ?
Bien sûr, mais ça va être très dur. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas trop parler d’objectif maintenant. On doit prendre cette compétition match par match. Il va falloir se préparer correctement et avoir du respect pour toutes les autres équipes. On doit rester humbles.
Cette fois, l’Algérie présente un effectif très jeune, il n’y aura pas Bougherra, Yebda, Ziani et d’autres joueurs du dernier Mondial 2010 ; des appréhensions ?
Ce que vous dites est vrai. Dans une compétition pareille, on a besoin de beaucoup d’expérience mais très sincèrement, j’ai confiance en notre entraîneur. On a la chance de posséder un sélectionneur habitué des grandes compétitions. C’est sûr qu’il va nous apporter tout ce qu’il faut pour réussir à ce niveau-là.
Des jeunes comme Boudebouz, Ghoulam, Feghouli et Cadamuro vont découvrir cette compétition africaine, croyez-vous qu’ils seront assez costauds pour répondre physiquement et mentalement ?
Les joueurs que vous venez de citer n’ont pas beaucoup d’expérience de ce niveau-là, mais ce sont des professionnels. Croyez moi, ils possèdent le talent pour y remédier.
Que pensez-vous de la Côte d’Ivoire qui se présente comme l’ogre de notre groupe ?
Cette équipe n’est plus à présenter. Aujourd’hui, elle fait partie des grandes nations africains avec son armada de joueurs de très grand niveau qu’on connaît très bien. On les a affrontés lors de la CAN-2010, en quarts de finale, et on sait de quoi ils sont capables. A mon avis, il ne faut pas trop focaliser sur la qualité et le jeu de notre adversaire. On doit rester surtout concentrés sur notre façon de se préparer et notre manière de jouer.
Un mot sur la Tunisie et le Togo ?
La Tunisie reste un derby difficile et je vous le redis encore une fois, on ne doit pas focaliser sur nos adversaires. Il faudra faire preuve de vigilance et travailler davantage et normalement, ça devrait passer. Le Togo, ça va être aussi compliqué. C’est une équipe costaude. Il n’y a plus de petites équipes en Afrique, il faut se méfier de tout le monde. L’exemple de la Zambie reste édifiant.
L’Algérie sera aussi privée de son capitaine d’équipe Madjid Bougherra et Anthar Yahia, un axe central avec qui vous avez pris l’habitude de jouer ; ne pensez-vous pas que ça va être un handicap pour vous ?
Il est clair qu’il s’agit de deux piliers de la défense de l’EN. Ce sont des joueurs très importants avec qui on a construit une assise défensive depuis un moment. Maintenant, il y a des nouveaux qui sont arrivés et je pense qu’ils vont être aussi à la hauteur. On n’a pas vraiment le choix, c’est la loi du football, parfois on est obligé de faire avec.
Votre défense sera probablement constituée de jeunes joueurs qui n’ont pas joué assez de matchs avec vous et tout le monde sait qu’il faudra un maximum de complémentarité entre le gardien et ses coéquipiers défenseurs…
C’est vrai, mais il y a des jeunes qui arrivent et qui prouvent de match en match qu’ils sont bien capables de relever le défi. Moi, je leur fais confiance. Donc, je ne pense pas qu’il va y avoir de problème à ce niveau-là.
Rais, votre situation au Krylia Sovetov Samara inquiète, quel est réellement le problème qui se pose pour vous ?
Comme tout le monde le sait, je suis dans une situation embarrassante. J’ai eu quelques problèmes d’ordre sportif avec le coach. J’insiste sur ça parce que comme vous le savez, les entraîneurs font des choix qui ne vous sont pas souvent favorables et qu’il faut accepter. Je suis toujours sous contrat avec Samara. Cependant, je travaille à fond pour maintenir ma forme.
En dépit de votre situation sportive difficile, vous arrivez à sortir de grands matchs en sélection, quel est le secret de cette réussite ?
Le secret se résume en un seul mot : le travail. Je ne lésine jamais sur l’effort, c’est ma nature d’être. Dans ma carrière, j’ai toujours été appelé à surmonter des situations difficiles et là, j’essaye de rester concentré pour faire honneur aux couleurs de l’Algérie. La compétition me manque beaucoup et je sais que c’est important, mais j’ai envie de dire que je ferai tout pour être au top physiquement.
Justement, le coach Halilhodzic continue à vous faire confiance. D’ailleurs, il affirme qu’à chaque stage, vous êtes le mieux préparé physiquement, cette confiance du coach vous encourage à bien préparer la CAN…
C’est normal, car ça motive. Lorsqu’on ne joue pas avec son club, on doit travailler deux fois plus que les autres. Après, la réussite de l’équipe ne dépend pas seulement de moi. L’Equipe nationale, c’est tout un groupe de joueurs, un staff de qualité et un peuple mobilisé derrière son équipe. Maintenant, tout ça me donne cette envie de ne pas décevoir et d’être présent à chaque moment. Pour ma part, j’essaye d’être au top lors des matchs de l’EN.
Concernant votre avenir, avez-vous reçu des contacts ?
Pour l’instant non, aucun contact ! Comme je l’ai dit, je suis sous contrat avec Sovetov Samara, il me reste encore un an et demi à honorer, après on verra. Maintenant, le championnat de Russie s’arrêtera jusqu’au mois de mars. J’ignore comment les choses vont évoluer.
On vous a annoncé à l’USMA, au CSC et à la JSK, qu’en est t-il au juste ?
A vrai dire, par correction, j’ai parlé avec les dirigeants de l’USMA. J’ai discuté avec les dirigeants algérois de ce qui pouvait se faire, mais comme je suis sous contrat avec mon club, je ne pouvais pas me permettre de faire n’importe quoi. Après, je vais être très honnête avec vous, je ne vais pas vous raconter des histoires. Avec tout le respect que j’éprouve pour notre championnat et les clubs algériens, venir jouer en Algérie ne fait pas partie de mes projets. Qui sait, peut-être à l’avenir.
Et la JSK ?
Il n’y a absolument rien avec cette équipe.
Vous êtes maintenant devenu un leader de cette Equipe nationale, parfois on vous voit crier pour replacer votre défense, et vous n’hésitez pas à réprimander d’autres équipiers, comme vous l’avez fait avec Boudebouz en Gambie, qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
Je précise qu’aujourd’hui, on a la chance d’avoir un groupe de joueurs très jeunes et on peut se dire les choses en face comme des adultes. Après, sur ce match face à la Gambie, je pense que c’est mon rôle de gardien d’orienter mes camarades, je suis derrière, je vois tout. Dans les moments cruciaux de la partie, j’interviens pour bien réorganiser les choses et c’est ce qui s’est passé avec Ryad qui est un frère.
Halilhodzic avait cité cette action comme un exemple pour illustrer l’excellent état d’esprit qui existe dans votre groupe, et Boudebouz qu’on a interrogé nous a dit que vous étiez comme un grand frère pour lui, votre commentaire ?
Je suis très content qu’ils disent ça, parce que c’est vrai que je crie beaucoup sur le terrain. Je sais que ça embête mes camarades un peu, mais je le fais toujours dans l’intérêt de l’équipe.
Parlons des jeunes professionnels qui ont renforcé l’Equipe nationale, un petit mot sur l’apport de Ghoulam qui a été retenu pour la CAN ?
C’est un jeune joueur qui monte. Je le connais, je regarde souvent ses matchs à la télévision. Kadir aussi m’a parlé de lui. Il a joué contre lui en championnat. C’est un plus pour notre équipe, c’est certain. On connaît aussi ses qualités, c’est un très bon joueur de couloir qui fera le plus grand bien à la sélection.
Concernant Belfodil ?
Je suis aussi au courant de ses performances en Italie. Il fait parler de lui. C’est bien que la sélection se renforce par des jeunes talentueux joueurs et cela ne peut être que bénéfique pour nous.
Vous serez peut-être appelé à encadrer ces jeunes joueurs de caractère, avez-vous déjà joué ce rôle dans le vestiaire de la sélection ?
Je n’ai pas eu trop à le faire, mais dans le vestiaire de l’EN, on n’hésite pas à se donner des conseils et à se motiver. Avec Bougherra capitaine d’équipe, on se montrait tous attentifs. On essaye toujours de rester sereins et solidaires.
Juste après la CAN, il y aura les éliminatoire de la CM 2014. Avec tous ces jeunes, vous vous dites peut-être qu’après avoir disputé le Mondial sans jouer les éliminatoires, il est temps pour vous d’offrir au peuple une qualification au Mondial ?
Ce que vous dites est vrai. On a vu ce qu’ils ont pu réaliser lors de la dernière qualification au Mondial-2010. Oui, on est prêts à tout pour disputer un autre Mondial. Seulement, il ne faut pas se perdre, il y a une CAN à jouer et qu’il ne faudra pas rater. C’est sûr, elle va nous permettre de gagner en expérience. Pour ce qui est de notre objectif, il s’agira de faire une bonne CAN et d’aller au Mondial.
Vous serez trois gardiens de but à postuler au poste de numéro 1, ça sera votre objectif ?
Non, je ne veux pas parler d’objectif individuel. Mon souhait, c’est que l’Algérie réussisse une grande CAN-2013. Après, comme je l’ai toujours dit, je suis à la disposition de l’entraîneur et de mon pays. Si on fait appel à moi, je serai toujours aussi heureux et fier et si on choisit quelqu’un d’autre, je continuerai à travailler, il n’y a aucun problème.
Sincèrement, vous voyez-vous dans la peau du numéro 1, comme le pensent la majorité des Algériens ?
Franchement, non. Moi, je me remets toujours en question. Aujourd’hui, je suis dans une situation difficile, je me sens plus dans la peau d’un Algérien qui sert son pays. J’attendrai comme tout le monde la décision du coach.
Un avis sur votre coéquipier Azzedine Doukha ?
Tout le monde connaît Azzedine, il travaille bien avec son club. A l’entraînement en sélection, on s’entend parfaitement. Il arrive à réaliser des performances intéressantes en championnat.
Le voyez vous-vous capable de vous concurrencer pour une place de titulaire ?
D’abord je répète qu’il existe une parfaite entente entre nous. On sait que c’est un très bon gardien et je dois dire que la concurrence est obligatoire pour tout le monde afin de pouvoir progresser, ça sert l’équipe. Même les autres gardiens Zemma et Cédric sont aussi d’un bon niveau.
Sincèrement, les performances de votre ami Foued Kadir vous étonnent-elles ?
Bof ! Je ne regarde pas trop ses matchs, c’est qui déjà ce joueur ? (il rit franchement)
C’est Foufou votre ami qui évolue à Valenciennes, votre club préféré ?
C’est vrai, j’adore ce club (Rais se remet à rire franchement et Kadir nous coupe : «Vous savez quoi, je suis son idole !)
Il est là devant vous, on sait que c’est difficile de porter un jugement objectif mais donnez- nous votre avis quand même ?
Non, c’est vrai, il est là avec nous dans sa chambre en plus (rires), il va s’enflammer un peu mais je dirai qu’il réalise une saison parfaite. Mach’Allah, tout lui réussit avec Valenciennes. J’espère qu’il continuera comme ça.
Rais, au mois d’avril, où seriez-vous ?
Je ne sais pas où, mais c’est sûr que ça sera sur un terrain de football (rires).
Avez-vous reçu un contact d’Azerbaïdjan ?
Non, je viens de l’apprendre !
Le public algérien attend beaucoup de vous,
Vous avez reçu plusieurs messages d’encouragements de la part du public algérien, qu’est-ce que cela vous fait ?
Je suis franchement très fier du soutien du public algérien et je les remercie tous pour leurs encouragements. J’espère leur rendre la pareille en sortant une très bonne CAN. Je vais tout faire pour les rendre heureux.
L’Algérie attend avec impatience la prochaine CAN ; que pouvez-vous promettre pour rassurer le public algérien ?
On ne va rien promettre, parce qu’en football, la réalité d’aujourd’hui n’est jamais celle de demain. Une chose est sûre, on va tout donner pour aller le plus loin possible dans cette CAN.
Merci Rais et on vous souhaite bonne chance.
A bientôt et encore une fois, je remercie Le Buteur pour cette invitation ainsi que tous les gens qui ont voté pour moi. Je suis très honoré et ce trophée de Meilleur gardien va me motiver à donner encore plus.
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