Dossier

Ces matchs qui portent un nom

Parce qu'ils ont débouché sur une fin inattendue ou une grosse polémique, certains matchs ont été affublés d'un surnom. Voici l'histoire du Maracanazo, du match de la honte, ou encore La Matthews Cup Final

Auteur : jeudi 05 février 2015 21:32

Le Maracanazo

Match : Brésil - Uruguay

Date : 16 juillet 1950

Un titre mondial promis au Brésil

La 4e Coupe du monde semble promise aux Brésiliens, hôtes et stars de la compétition. Lors du tour final, la Seleçao ridiculise la Suède (7-1) avant d'écraser l'Espagne (6-1). Le dernier match, qui l'oppose à l'Uruguay, devient la finale d'un tournoi qui se jouait à l'époque comme un mini-championnat. Avant la rencontre, le maire de Rio de Janeiro chauffe les 200 000 spectateurs qui ont pris place dans le Maracana : "Vous, les joueurs, qui dans moins de 2 heures serez acclamés par des millions de compatriotes qui fêteront votre titre de champion du monde... Pour moi, vous êtes déjà vainqueurs !" Pourtant, l'optimisme aveugle de l'édile carioca ne sera pas de bon augure : alors qu'un match nul leur suffit, les Brésiliens sombrent 2-1 contre toute attente, après avoir mené au score...

Le Hiroshima brésilien

Soixante ans et cinq titres mondiaux plus tard, le souvenir de 1950 résonne encore comme un profond traumatisme dans les mémoires brésiliennes. Cette fameuse défaite, qualifiée de "Hiroshima" brésilien par le dramaturge Nelson Rodriguez, est plus connue sous le nom de "Maracanazo" (Maracanaço en portugais) ou "Coup du Maracana", en référence au stade mythique de Rio où s'est disputée la finale.

La finale des poteaux carrés

Match : Saint-Etienne - Bayern Munich

Date : 12 mai 1976

Des Verts maudits

Au printemps 76, le grand Saint-Etienne se déplace à Glasgow pour disputer sa première finale de Coupe d'Europe des clubs champions. Face à lui se dresse le Bayern Munich de Beckenbauer, Hoeness et Müller, double champion d'Europe en titre. Les Verts font jeu égal avec les Bavarois jusqu'à la 57e minute du jeu et la frappe de Franz Roth (1-0). Les attaques françaises et le remplacement de Sarramagna par Rocheteau, brillant, n'y feront rien : la chance n'est pas avec eux. Par deux fois, sur un tir de Bathenay et une tête à bout portant de Santini, le ballon échoue sur les montants du but allemand.

Avec des si...

A cette époque, les poteaux n'étaient pas ronds comme aujourd'hui mais carrés. Les supporters des Verts sont persuadés que, si la finale de 1976 s'était jouée au 21e siècle, ce serait la bande de Larqué et des frères Revelli qui aurait soulevé la Coupe.

Le match de la honte

Match : RFA - Autriche

Date : 25 juin 1982

L'Algérie, outsider sidéré

Pour sa première Coupe du monde, l'Algérie réalise le coup quasi-parfait lors du premier tour. En ouverture, les Fennecs créent la surprise face à la RFA de Felix Magath, qu'ils dominent 2-1. La suite se passe moins bien : l'Autriche est trop forte et l'emporte par deux buts d'écart (2-0). Pour autant, les Algériens redressent la tête en dominant le Chili (3-2) lors du 3e et dernier match de poule. Pour connaître leur sort, ils doivent désormais patienter en attendant le résultat du match RFA-Autriche.

Pacte de non-agression

L'enjeu est le suivant : pour se qualifier, l'Allemagne de l'Ouest doit absolument gagner ; l'Autriche, quant à elle, a déjà quasiment son billet en poche pour le 2e tour. Seule une défaite par 3 buts l'éliminerait. Dix minutes après le coup d'envoi, les Allemands ouvrent le score. Cyniques, les deux équipes calculent qu'un statu-quo les qualifierait toutes les deux. Dès lors, les joueurs abandonnent le pressing et se contentent de se faire des passes molles et inoffensives, parfois en marchant. Le public de Giron, où a lieu le match, siffle et scande le nom de l'Algérie.

Changement de règles

Ce match de la honte, qui élimine les valeureux Fennecs, sera également surnommé "la honte de Giron" ou "le pacte de non-agression de Giron". Après cela, la FIFA modifiera le règlement du Mondial pour que les derniers matchs de poule aient tous lieu à la même heure.

La Matthews Cup Final

Match : Blackpool - Bolton Wanderers

Date : 2 mai 1953

Match entré dans la légende

Cette finale de FA Cup (Coupe d'Angleterre) possèdait tous les ingrédients pour entrer dans les annales du football : une reine, Elizabeth II, présente pour la première fois dans les tribunes d'un stade ; un Nat Lofthouse (joueur de Bolton) récemment élu footballeur de l'année, buteur après seulement 75 secondes de jeu ; et un Stan Mortensen (joueur de Blackpool) auteur du premier triplé inscrit en finale de FA Cup.

Et pourtant... Pourtant, c'est bel et bien Stanley Matthews, muet en attaque cet après-midi là, qui donnera son nom à ce match de folie. A 38 ans, le "Sorcier du dribble" n'a pas encore ouvert son palmarès mais demeure le joueur le plus populaire du Royaume.

Passeur décisif

Dominé de la tête et des épaules (3-1 après une heure de jeu), Blackpool s'en est remis à son élégant ailier droit, l'homme par qui la révolte est arrivée. Grâce aux accélérations et aux passes décisives de Matthews, Blackpool a d'abord recollé au score (3-3 à la 89e minute) avant d'emporter la mise (4-3 à la 92e), sous les yeux médusés des 100 000 spectateurs amassés dans le vieux Wembley Stadium.

La bataille de Santiago

Match : Chili - Italie

Date : 2 juin 1962

Une histoire de journalistes

"Le match que vous allez regarder est la plus stupide, la plus effroyable, la plus répugnante et la plus honteuse démonstration de football". Voilà comment David Coleman, présentateur télé à la BBC, présenta le détestable Chili-Italie comptant pour le groupe B du Mondial 1962 (diffusé en différé). L'extrême tension qui entoure ce match s'est construite dans la presse. D'après les médias locaux, deux confrères italiens auraient plaisanté sur la laideur et les mauvaises mœurs des Chiliennes. Leurs propos, déformés, ont alimenté une haine anti-italienne qui s'est traduite par des agressions dans la rue.

La police entre sur le terrain

Dans un Stade national de Santiago du Chili chauffé par 66 000 spectateurs, le match dérape très tôt. Dès la 12e seconde de jeu, une première faute est sifflée par l'arbitre anglais, Ken Aston. Quelques instants plus tard, l'homme en noir exclut l'Italien Giorgio Ferrini après une vilaine faute. Le joueur du Torino, qui refuse de quitter le terrain, provoquera une interruption du match pendant 8 minutes. Ce sont finalement des policiers chiliens qui viendront le chercher... A deux autres reprises, les forces de l'ordre s'immisceront sur la pelouse afin d'aider l'arbitre. Celui-ci exclura ensuite un autre Italien, le défenseur Mario David. Le match se clôturera par une victoire du Chili (2-0).

Le vol du siècle

Match : Angleterre - Argentine

Date : 23 juillet 1966

Expulsion sévère

L'Angleterre et l'Argentine entretiennent une rivalité extrême depuis ce quart de finale de Coupe du monde, disputé au vieux Wembley Stadium devant 90 000 personnes. A la 35e minute, le capitaine et maître à jouer de la sélection argentine, Antonio Rattin, se fait expulser après une vive discussion avec l'arbitre. Pour les médias britanniques, cette sanction serait due à la "violence verbale" du milieu argentin. Pour les supporters de l'Albiceleste, l'arbitre allemand Rudolf Kreitlein n'aurait tout simplement pas supporté la façon dont Rattin l'avait regardé. Toujours est-il que le capitaine refuse de quitter les siens. Ken Aston, superviseur général des arbitres, entre alors sur la pelouse pour convaincre Antonio Rattin de sortir. Celui-ci s'exécutera à regret, raccompagné par des policiers anglais jusqu'aux vestiaires. Cette expulsion, jugée injuste et excessive par beaucoup, explique pourquoi les Argentins parlent de cette rencontre comme du "vol du siècle" (el robo del siglo).

Ramsey le pyromane

A la fin du match, remporté par les Anglais (1-0), le sélectionneur Alf Ramsey interdira aux siens d'échanger leurs maillots avec les Argentins, qu'il traitera par ailleurs "d'animaux".

La bataille de Berne

Match : Hongrie - Brésil

Date : 27 juin 1954

42 fautes en 90 minutes

Ce quart de finale du Mondial 1954, ce devait être la fête du (beau) football. Face à face, tout simplement les deux meilleures équipes du monde, la Hongrie et le Brésil. Seulement, ce qu'on a appelé la "finale officieuse" du tournoi s'est transformée, à Berne, en véritable champ de bataille. Dans un match d'une rare violence, les Magyars dominent leur sujet face à des Brésiliens très nerveux. Au cours de la partie, l'arbitre Arthur Ellis sifflera pas moins de 42 fautes ! A 20 minutes de la fin, les esprits s'échauffent un peu plus ; l'homme en noir est contraint d'expulser deux joueurs de chaque côté. A la 79e minute, le Brésilien Humberto Tozzi est lui aussi expulsé. Le match se termine dans la pagaille et sur une victoire du "Onze d'or" hongrois.

Bagarre générale dans les vestiaires

Au coup de sifflet final, le terrain est envahi par des supporters de la Seleçao mécontents. La cohue se poursuit dans les couloirs menant aux vestiaires, où les Brésiliens tendent une embuscade aux Hongrois. Les chaussures à crampons servent de projectiles, des bouteilles cassées sont employées pour faire mal. Bilan côté magyar : un joueur inconscient et un sélectionneur qui doit se faire recoudre après avoir été frappé par une bouteille.

Le Centenariazo

Match : Real Madrid - Deportivo La Corogne

Date : 6 mars 2002

Le rêve de Pérez...

Pour honorer dignement le centenaire de son club, le président du Real Madrid Florentino Pérez avait vu les choses en grand. D'abord, il avait négocié avec la fédération espagnole pour que la date de la finale de la Coupe du Roi coïncide jour pour jour avec l'anniversaire en question. Ensuite, il avait mis la pression toute l'année sur l'entraîneur, Vicente Del Bosque, pour que celui-ci aligne ses meilleurs éléments en Coupe, afin d'être certain d'accéder à la finale. Jusque-là, son plan se déroule sans accroc. Le 6 mars 2002, le stade Santiago Bernabeu de Madrid est plein au moment où le Real et le Deportivo entrent sur la pelouse. Dans les rangs madrilènes, on retrouve en autres Roberto Carlos, Claude Makelele, Luis Figo, Raul et Zinédine Zidane. Du beau monde !

... Devient cauchemar

Sauf que les joueurs de La Corogne, vice-champions d'Espagne, ne sont pas venus pour faire de la figuration. Six minutes après le coup d'envoi, les Bianquiazules ouvrent la marque par Sergio, qui ridiculise la défense du Real. Une demi-heure plus tard, Diego Tristan double la mise en trompant le gardien d'une frappe décroisée. Raul réduira le score en 2e période, pour l'honneur, limitant quelque peu l'aspect tragique de ce Centenariazo mémorable.

Publié dans : algerie real madrid Allemagne

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