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7e Ballon d’Or El Heddaf-Le Buteur
Andreas Brehme :

Un champion  du monde à Alger

 

 

Il est 00h45 en cette nuit du dimanche à lundi. Des pluies diluviennes s’abattent sur Alger, mais cela n’empêche pas l’avion de la compagnie Lufthansa d’effectuer son atterrissage sur le tarmac de l’aéroport international Houari-Boumediène, à l’heure, pas une minute de retard. Quelques minutes plus tard, Andreas Brehme, flanqué de son accompagnateur, Chabane Zerzour, fait son apparition dans le hall de l’aéroport. «Bienvenue en Algérie !», lui lançons-nous en anglais en lui serrant la main. Il répond par une chaude poignée de mains accompagnée d’un sourire. La pluie avait cessé de tomber, mais il faisait froid. «Nous sommes désolés de vous accueillir par un temps pluvieux. Cependant, la météo prévoit du soleil pour demain.» «Ce n’est pas grave. J’y suis habitué», nous a-t-il rétorqués. «Et puis, il ne faut jamais regretter la pluie. Elle est source de vie.» Alors que nous l’invitons à prendre place à l’arrière du véhicule, il se met sans complexe aucun sur le siège passager. Sans un mot, il envoie des messages par son téléphone portable, alors que Chabane raconte le voyage et surtout l’atterrissage. «Je voyage souvent, mais jamais je n’avais vécu un atterrissage comme celui de cette nuit. Je voyais par le hublot des cordes de pluie tomber, mais tout s’est très bien passé, fort heureusement.» A 01h40, après les formalités d’usage, Brehme rejoint sa chambre pour une nuit de sommeil réparatrice, sans oublier, au préalable, de s’informer des horaires du petit déjeuner. Réglé au professionnalisme, il ne perd jamais les bonnes habitudes, même à l’étranger.

«C’est beau d’avoir la mer à portée du regard»
Lundi à 11h35. Après s’être levé une première fois pour le petit déjeuner, Brehme s’est recouché pour une heure et demie, avant de se réveiller pour de bon et de se préparer pour une virée en ville. Arrivé le jour même, Djamel Belmadi veut se joindre au groupe. «Pas de problème», nous dit l’ancien international allemand. D’ailleurs, le plus naturellement du monde, Chabane, Belmadi et lui se serrent sur la banquette arrière de la voiture. Comme prévu, le soleil est au rendez-vous, ce qui ne manque pas de ravir notre prestigieux invité. «Au loin, c’est Alger», lui montrons-nous du doigt alors que nous longions la baie. Il scrute la ville, surpris de voir qu’il y a des immeubles, des ponts, de grandes bâtisses et surtout beaucoup de voitures. Lorsqu’on n’est jamais venu en Algérie, il est vrai qu’on vit de préjugés et d’idées reçues. Arrivés au siège du journal, en plein cœur de la ville, les invités du Buteur sont accueillis par le directeur, Nabil Amra, et tout le personnel. Brehme est étonné de trouver autant de monde dans le journal et, surtout, autant de micro-ordinateurs et de téléviseurs. «Eh ben, ça travaille !», lance-t-il avec le sourire. Après une collation offerte en son honneur dans le bureau du directeur, il signe le Livre d’Or du journal et effectue une visite guidée des services de l’entreprise. Il s’attarde dans le balcon, saisi par la vue de la mer et de la baie. «Voyez-vous le carré là-bas, de l’autre côté de la baie ? C’est l’hôtel Hilton, là où vous êtes hébergé.» «Ah, bon ? Nous sommes venus de si loin ? Ce qui est certain, c’est que vous avez une vue magnifique d’ici. Avoir la mer à portée du regard, c’est vraiment beau.»

«Pas de gras pour que je puisse garder ma ligne»
Après une séance de photos avec le personnel du journal, Brehme, Belmadi et Chabane sont accompagnés par le rédacteur en chef, Mohamed Saâd, pour déjeuner dans un restaurant réputé pour ses spécialités algéroises dans un décor typiquement mauresque. «Si ce n’est pas loin d’ici, je préfère y aller à pied. Il y a du soleil et ce serait dommage de ne pas en profiter, surtout en cette période de l’année», propose-t-il. Et voilà les quatre bonhommes déambulant dans le centre-ville. La traversée de la rue Asselah-Hocine se fait incognito, mais dans les environs de la Grande-Poste, Djamel Belmadi est reconnu par des citoyens. Poignées de mains et salutations, sous le regard de Brehme qui ne s’attend pas à ce que les footballeurs soient autant adulés en Algérie. Les jeunes, qui étaient enfants ou pas encore nés lorsqu’il était en activité, ne le reconnaissent pas, alors que quelques «vieux» le regardent intrigués, comme si son visage leur disait quelque chose.
Il est 13h00 passé lorsque les convives se mettent à table. Brehme veut manger traditionnel, mais pas trop gras. «Même si je ne joue plus, j’ai réussi à garder la ligne. Ce serait dommage de prendre du poids aujourd’hui», dit-il en plaisantant. Il accepte une salade algérienne et un plat léger, mais refuse le m’touem car comportant trop de viande, donc trop de gras. Belmadi, quant à lui, choisit un repas sportif : salade et soupe. «Je suis réellement tenté par un m’touem ou une dolma, mais je dois être raisonnable : j’ai entraînement demain.» Tout au long du repas, la discussion est spontanée et très convivial.

«Avec moi, Kaiserslautern jouait chaque année la Coupe de l’UEFA»
Brehme est vraiment très à l’aise. Il veut tout savoir sur le mode de vie des Algériens : leurs préférences culinaires, leurs coutumes, leurs spécificités sociales… On le sent curieux d’en connaître plus sur un pays où il est venu comme on saute dans l’inconnu. Détendu, il se laisse aller, tantôt en allemand, tantôt en espagnol, à quelques confidences sur son actualité. On apprend ainsi qu’il vit entre Munich et une station de ski en Autriche. C’est d’ailleurs là qu’il passera Noël et le Réveillon avec sa femme et ses enfants. «Au fait, il faudra me montrer où je pourrai acheter des dattes. J’aimerais fêter la nouvelle année en mangeant des dattes entouré de neige.» Professionnellement, il n’entraîne plus depuis qu’il a démissionné de Kaiserslautern, il y a deux ans et demi. «Lorsque j’étais en poste, Kaiserslautern jouait chaque année la Coupe de l’UEFA. Cependant, j’ai démissionné par principe le jour où un dirigeant voulait s’immiscer dans le domaine technique. Une année après, le club a rétrogradé en deuxième division», raconte-il. Pour la petite histoire, l’entraîneur qui était à la tête de Kaiserslautern lorsque ce dernier a rétrogradé est… Eric Gerets, l’entraîneur actuel de l’Olympique de Marseille. Andreas Brehme nous a révélé être en négociations très avancées pour prendre en mains un club au début janvier. «Cependant, je ne peux pas vous révéler l’identité de ce club. C’est secret professionnel.»

Charef, un excellent interlocuteur en allemand
La cérémonie verra un Brehme très à l’aise, détendu et jovial, surtout qu’il est rejoint à l’hôtel par un représentant de l’ambassade d’Allemagne en Algérie. Il ne s’attend pas à se trouver dans une aussi grande salle et parmi autant de monde. Lorsqu’il monte sur scène pour remettre le Ballon d’Or à Karim Ziani, il commençait déjà à transpirer. Quelques minutes plus tard, la chaleur des projecteurs aggravant, il suait abondamment, si bien qu’un serveur de l’hôtel a dû lui lancer des serviettes en papier pour s’éponger le visage. «Il fait trop chaud», dit-il avec un sourire embarrassé, comme pour s’excuser. Tout au long de la soirée, il répond avec gentillesse aux sollicitations pour les photos. Après le dîner, il rejoint le salon d’honneur et rencontre Boualem Charef, produit de l’école allemande de formation des entraîneurs. Durant près de deux heures, les deux hommes devisent dans la langue de Goethe du football et des footballeurs, des différences d’approche de la chose du sport ici et là-bas. Vers 01h00, Brehme nous reçoit pour l’entretien qu’il nous avait promis. «S’il est fatigué et qu’il veut dormir un peu, nous pourrons le faire à 02h30, à l’aéroport (il devait prendre le vol de 04h00 de la Lufthansa, ndlr)», disons-nous à Chabane. «Il ne va pas dormir alors qu’il a un voyage de nuit. Alors, autant faire l’interview maintenant.» Pendant une petite demi-heure, Brehme répond à nos questions sans détours et sans n’en éluder aucune, souvent avec des phrases courtes et précises. En Allemagne, on n’a pas la réputation d’être très poète et on a l’habitude d’aller à l’essentiel.

Des dattes et la Casbah pour l’accompagner
02h50. Brehme et Chabane sont dans le hall presque désert de l’aéroport international d’Alger. L’enregistrement se fait rapidement. L’ancien international allemand prend comme bagages à main les dattes que nous lui avons offertes pour le Réveillon dans la nage ainsi qu’un tableau en relief représentant la Casbah. «C’est un cadeau que nous vous offrons comme souvenir d’Alger. Notre vœu est que vous preniez une photo en tenant ce tableau dans la station de ski où vous serez ou chez vous en Allemagne. Ainsi, la Casbah aura, d’une certaine manière, visité l’Allemagne», lui demandons-nous au moment des adieux. Il promet d’exaucer notre vœu en accompagnant sa poignée de main d’un sourire chaleureux. Andreas Brehme est reparti en Allemagne 27 heures après son arrivée en Algérie. 27 ans qui ont changé son approche de l’Algérie et qui lui ont montré que notre pays, c’est plus que onze gars qui ont fait pleurer les Allemands un certain après-midi de juin 1982 et plus qu’une talonnade qui avait ridiculisé le Bayern cinq ans plus tard.
Farid Aït Saâda

 

«Une revanche entre l’Allemagne et l’Algérie serait intéressante»

  • Quelles sont vos impressions à chaud sur la cérémonie, sans complaisance aucune ?
    Elle s’est vraiment très bien passée. Franchement, je ne m’attendais pas à une cérémonie d’une telle ampleur. C’était merveilleux. J’espère sincèrement assister à d’autres cérémonies à l’avenir.

     

  • Quelle image aviez-vous de l’Algérie de manière générale et du football algérien avant de venir dans notre pays ?
    Pour être honnête, je ne connaissais rien de l’Algérie, si ce n’est les informations sur l’actualité relayées par les médias allemands. Maintenant que je suis là, je découvre un peuple chaleureux et un pays dynamique et cela me surprend agréablement. Côté football, il m’arrive de regarder à la télévision des séquences sur la sélection algérienne et de suivre les prestations de quelques Algériens. J’ai toujours pensé que l’Algérie possède de nombreux talents, à qui il ne manque que du travail poussé pour s’illustrer.

     

  • On ne peut pas parler à un footballeur allemand sans évoquer avec lui la fameuse défaite allemande face à l’Algérie lors du Mondial-82. Vous n’étiez pas dans l’effectif allemand, mais vous aviez dû suivre le match comme tout citoyen allemand. Comment avez-vous vécu cette surprenante défaite ?
    J’ai regardé naturellement le match et ce serait malhonnête de ne pas reconnaître que, ce jour-là, l’Algérie était plus forte. Les Algériens sont été supérieurs sur tous les plans. En tant que sportif, je dois reconnaître, avec fair-play, que l’Algérie avait mérité la victoire. Le succès ne doit rien au hasard.

     

  • Peut-on dire que cette défaite a été salutaire pour l’Allemagne puisque, depuis, cette dernière n’a jamais plus sous-estimé un adversaire, spécialement durant les compétitions internationales ?
    Dans un certain sens, oui car une équipe qui prend son adversaire de haut n’est pas une équipe sérieuse et ne mérite pas de gagner. L’Algérie a administré aux Allemands une leçon d’abnégation et d’application tactique et c’est pour cela que sa victoire ne souffre d’aucune contestation. L’Allemagne a retenu la leçon : il faut respecter tous ses adversaires.

     

  • Concluons ce chapitre par la polémique soulevée il y a quelques mois en Allemagne et en Autriche par des joueurs de ces deux pays de l’époque et qui évoquaient un arrangement du résultat du match entre la RFA et l’Autriche. Quel est votre point de vue sur la question ?
    Ce que je peux dire à ce sujet, c’est que la RFA et l’Autriche n’avaient pas joué sur leurs véritables valeurs. Je ne peux pas affirmer qu’il y a eu combine. Peut-être que c’est le déroulement du match et la peur d’une élimination qui a poussé les joueurs des deux sélections à gérer instinctivement un résultat qui les arrange tous les deux, sans que cela ne soit calculé au départ. Toujours est-il que, pour moi, c’était un match catastrophique et à mettre aux oubliettes. J’espère ne plus revoir ce genre de matches.

     

  • Vous avez un autre souvenir du football algérien avec la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions de 1987 entre le Bayern Munich et le FC Porto, à Vienne. Le Bayern, dont vous étiez un joueur, menait 1 à 0 à la mi-temps grâce à un but de Koegl. Sincèrement, la possibilité qu’il y ait un renversement de situation en fin de match vous avait-elle effleuré l’esprit en abordant la deuxième mi-temps ?
    Sincèrement, non. Ce jour-là, nous avions dominé le match, mais à six minutes de la fin, nous avons encaissé deux buts en deux minutes. Nous n’étions pas assez concentrés. Cela se passe dans le football. D’ailleurs, le Bayern a vécu la même mésaventure en 1999 contre Manchester United, en encaissant deux buts en deux minutes. Lorsqu’on la vigilance baisse, on se fait piéger souvent. Nous avons manqué de concentration et nous l’avons payé.

     

  • Le football allemand est connu pour sa rigueur et sa discipline. Vous attendiez-vous à encaisser un but fantaisiste comme la talonnade de Rabah Madjer ?
    Pas du tout. Nous aurions pu tout imaginer, sauf que Madjer marque du talon. En tout cas, le but était magnifique. Il a fait le geste parfait, celui que personne n’attend et qui fait mouche.

     

  • Après la finale, l’entraîneur du Bayern Munich, Udo Lattek, avait décidé de recruter Madjer. Etait-ce le but qu’il avait inscrit qui l’avait décidé à le faire venir au Bayern ou bien sa prestation d’ensemble ?
    En Allemagne, on ne recrute pas un joueur sur un simple but. Il faut qu’il ait un rendement régulier et qu’il remplisse des critères bien précis pour qu’il soit recruté. A mon avis, Lattek voulait ramener Madjer pour ses grandes qualités techniques car son talent sautait aux yeux.

     

  • A l’été 1988, au moment où vous aviez opté pour l’Inter de Milan, Rabah Madjer allait signer dans le même club, mais la visite médicale avait révélé une blessure. Auriez-vous aimé jouer à ses côtés à l’Inter ? Avez-vous regretté que ce transfert ne se soit pas concrétisé ?
    C’est sûr ! Tout footballeur sain d’esprit dirait qu’il aimerait avoir Rabah Madjer comme coéquipier. Il était vif, déroutant, rapide. C’était un plaisir de le voir jouer.

     

  • Qu’est-ce qui vous plaisait particulièrement en lui et que vous ne trouviez pas chez d’autres footballeurs ?
    Sa technique avec ballon.

     

  • Les clubs allemands étant connus pour privilégier le physique et la discipline tactique, un joueur déroutant comme Madjer pouvait-il constituer un atout pour déstabiliser des défenses rigoureuses ?
    C’est toujours un avantage d’avoir un soliste dans une équipe, un joueur capable, individuellement, de créer le danger. Madjer faisait partie de ces solistes techniquement doués pour déstabiliser n’importe quelle défense. Cependant, quelle que soit l’étendue de son talent, un joueur ne pourra jamais rien faire tout seul. En plus de ses qualités innées, il doit s’adapter au système de jeu mis en place. Il peut utiliser sa technique pour faire la différence, mais pas au détriment du collectif et de la discipline tactique.

     

  • Que vous a apporté le football, que ce soit au plan sportif, humain et intellectuel ?
    Tout. Vraiment tout. Le football a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, sur tous les plans. Depuis que j’étais enfant, j’ai toujours voulu être footballeur et je n’ai jamais pensé faire autre chose. Pour être efficace dans la vie, il faut faire des choses qu’on aime et qui ne nous sont pas imposées. C’est pour cela que je dis que le football m’a comblé et m’a tout donné.

     

  • Si vous n’aviez pas été footballeur, quel métier auriez-vous aimé pratiquer ?
    Je ne peux pas vous répondre pour la simple raison que je n’y ai jamais pensé. J’avais rêvé d’être footballeur et mon rêve s’est concrétisé. Donc, je n’ai pas eu besoin de gamberger sur ce que j’aurais pu devenir.

     

  • Vous êtes parmi les grands footballeurs allemands les plus estimés dans votre pays et à travers le monde. Maintenant que vous êtes à la retraite, ressentez-vous cette estime auprès des gens que vous croisez ?
    Evidemment. Lorsqu’on respecte autrui, on se fait respecter. De par mon statut d’international et de professionnel, j’ai toujours veillé à entretenir des relations courtoises avec tous les acteurs du football et le public. Aujourd’hui, là où je vais, que ce soit en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Italie, en Grèce ou en Algérie comme aujourd’hui, je me sens toujours couvert d’une grande estime. Cela me rassure car je me dis que j’ai laissé une bonne image de moi en tant que footballeur.

     

  • Vous avez reçu un accueil chaleureux durant la cérémonie ainsi que dans les rues d’Alger. Avant de venir chez nous, vous attendiez-vous à être aussi populaire en Algérie ?
    Franchement, non. J’ai été surpris et ému par l’accueil formidable qui m’a été réservé. Les gens étaient affables et chaleureux, tout en étant très respectueux. Tout le monde voulait prendre des photos souvenir avec moi et j’ai fait mon possible pour contenter le maximum de gens, sans rejeter personne. Croyez-moi, j’en ai ressenti quelque chose intérieurement. Vraiment, j’ai hâte de revenir ici car l’Algérie me laisse une excellente impression.

     

  • On sait que vous avez obtenu vos diplômes d’entraîneur et nous avons su que vous étiez disposé à entraîner le MC Alger lorsque ce dernier était à la recherche d’un entraîneur étranger. Seriez-vous intéressé par une expérience d’entraîneur en Algérie si les conditions sont réunies ?
    Pour le moment, je n’ai discuté officiellement avec aucun dirigeant de club algérien. Cependant, je n’écarte pas la possibilité de venir un jour travailler en Algérie, comme je pourrais travailler dans un autre pays. Tout est négociable.

     

  • Parlons de la finale de la Coupe du monde de 1990. Vous aviez battu l’Argentine alors que, quatre ans auparavant, à Mexico, c’était l’inverse. Compreniez-vous la détresse des Argentins pour l’avoir vécue avant eux ?
    En 1986, l’Argentine méritait largement d’être championne du monde car elle avait réalisé des matches exceptionnels. Cependant, en 1990, c’est nous qui étions les meilleurs. Je peux comprendre la déception des vaincus, mais il faut être honnête : les Argentins doivent s’estimer heureux d’être arrivés jusqu’en finale avec un effectif limité et un niveau de jeu approximatif. D’ailleurs, je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils ont échappé aux éliminations tout au long de leur parcours.

     

  • Qu’aviez-vous ressenti en voyant Maradona pleurer ?
    Ce n’est jamais agréable de voir un joueur pleurer sur le terrain. Le sport a une loi : il y a un vainqueur et un vaincu. Nous avons fêté notre victoire sans nous soucier de Maradona.

     

  • Vous avez été l’auteur de l’unique but de la partie en transformant un penalty. Etiez-vous sûrs de la victoire après ce but, surtout que l’Argentine était diminuée par plusieurs absences ?
    Nous savions pertinemment que les Argentins ne reviendraient pas au score. Durant tout le match, ils n’avaient même pas réussi un tir cadré. Cette Argentine-là était faible et nous étions conscients qu’un but était suffisant.

     

  • En dépit d’un excellent parcours lors de la dernière Coupe du monde, l’Allemagne du football marque le pas ces dernières années et ne se montre plus aussi souveraines qu’elle l’avait été. Que manque-t-il actuellement aux Allemands pour régner de nouveau sur le football mondial, que ce soit au niveau des clubs ou des nations ?
    La sélection a été rajeunie. Elle est composée de jeunes joueurs vraiment prometteurs qui feront mal très prochainement. Au niveau des clubs, le Bayern Munich sera la saison prochaine en Ligue des champions et je crois sincèrement qu’il y fera très bonne figure car il repart sur de très bonnes bases. Nous assistons à un renouvellement de génération et c’est très bien ainsi.

     

  • Souhaiteriez-vous assister à un match revanche entre l’Allemagne et l’Algérie, que ce soit en officiel ou en amical ?
    Oui, j’aimerais bien, que ce soit en Allemagne ou en Algérie. Un tel match serait intéressant. Le football algérien est réellement apprécié chez nous car il est spectaculaire. Il lui manque juste de la rigueur et du travail pour que la technique qui le caractérise soit accompagné d’efficacité. Avec du travail, du vrai travail, l’Algérie du football peut aller loin.

    Farid Aït Saâda

 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
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