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du ballon d'or
4e édition - Ballon d’or 2004

Il a reçu son trophée 
au cours d’une cérémonie grandiose


Saïb 4e Ballon d’or algérien

 

 
Comme il est de tradition maintenant, Le Buteur et El Heddaf viennent d’organiser la cérémonie du Ballon d’or du meilleur footballeur algérien pour la saison 2003-2004. L’heureux lauréat n’est autre que Moussa Saïb qui a terminé sa carrière de footballeur par un titre de champion d’Algérie avec la JSK. Cette année encore, de nombreuses personnalités nationales et étrangères du monde du sport et des médias ont assisté à la cérémonie, ajoutant ainsi à la crédibilité de ce rendez-vous annuel qui récompense les meilleurs footballeurs de la saison écoulée, toutes catégories confondues, et honore d’anciennes gloires du football algérien pour lutter contre la marginalisation et l’oubli. Des représentants de médias européens confirmés comme TF1, France 2, L’Equipe TV, A Bola et Afrique Football ont conforté, par leur présence, l’audience internationale du Ballon d’or algérien. Il faut dire aussi que le lauréat est de stature internationale puisqu’il a joué dans trois grandes nations du football et a marqué de son empreinte son passage à l’AJ Auxerre qui a remporté ses premiers titres nationaux grâce, entre autres, à la présence de Saïb. La cérémonie de cette année a été marquée aussi et surtout par l’émotion des retrouvailles entre des joueurs de différentes générations et l’hommage à des acteurs qui ont rendu des services inestimables au football algérien. Il en est ainsi de l’équipe nationale de 1982, auteur d’une performance historique au Mondial 82, de la génération des joueurs des années 1980 de manière générale, de Djamel Zidane et Halim Benmabrouk en particulier, deux joueurs qui ont compromis leurs carrières pour répondre à l’appel de la patrie, de Abderrezak Zouaoui, commentateur télé populaire des années 1970 aujourd’hui oublié, Zoubir Bachi, capitaine d’équipe du glorieux MCA de 1976 qui a offert à l’Algérie son premier titre africain des clubs, Mahieddine Meftah, le joueur le plus titré de l’histoire du football algérien avec une moyenne incroyable de presque un titre par saison jouée, Hocine Achiou, ce diable d’attaquant qui a terrassé les Egyptiens et fait sortir toute l’Algérie dans la rue en inscrivant un but d’anthologie, le but de l’année… Le Buteur et El Heddaf ont également pensé aux gars des jeunes catégories, ceux-là qu’on appelle pompeusement l’avenir de l’Algérie, mais qui n’ont jamais eu de récompenses pour les encourager à aller de l’avant. Tout ce beau monde et d’autres encore ont été honorés dans une cérémonie conviviale et chaleureuse qui, de l’avis unanime des présents, fait honneur à l’Algérie et à la presse algérienne spécialisée.

LAUREATS
 
 BALLON D'OR ALGERIEN
   
Moussa Saïb
Date et lieu de naissance :
06/03/1969 à Theniet El Had
Taille : 1,80 m
Poids : 80 kg
   
Clubs successifs : Theniet El Had (1981-1987), JSM Tiaret (1987-1989), JS Kabylie (1989-1992), AJ Auxerre (1992-1997), Valence (Espagne, juin 1997-décembre 1997), Tottenham (Angleterre, décembre 1997-décembre 1999), An Nasr (Arabie Saoudite, décembre 1999-juin 2000), AJ Auxerre (juin 2000-juin 2001), Monaco (juin 2001-décembre 2001), Lorient (décembre 2001- juin 2002), Dubaï Club (Emirats arabes unis, juin 2002-décembre 2002), JS Kabylie (décembre 2002-juin 2004).

Moussa Saïb a une particularité : c’est le seul footballeur algérien à avoir remporté le titre de champion avec un club algérien et un club européen. De même, Rabah Madjer et lui sont les seuls joueurs algériens à avoir remporté la coupe avec un club du pays et un autre d’Europe. Saïb a une histoire avec les titres. Depuis qu’il a été transféré à la JSK, en 1989, en provenance de la JSM Tiaret, il s’est montré tout de suite compétitif. Bien qu’étant en manque de compétition en raison d’un long arrêt forcé (une suspension pour avoir signé une double licence), il a été, en dépit de son jeune âge (21 ans), l’un des artisans du sacre africain de la sélection algérienne lors de la CAN-90 à Alger : une place de titulaire, un but inscrit contre l’Egypte en match de poule et passe décisive pour Oudjani, auteur de l’unique réalisation de la finale contre le Nigeria. Sa prestation remarquable lui vaut la levée de sa suspension, ce qui lui permet de faire parler la poudre avec son nouveau club, la JSK : à l’occasion de son premier match contre le RCK, il inscrit deux des trois buts de son équipe. En trois saisons avec la JSK, Saïb gagne tout : un titre de champion en juin 1990, une Coupe d’Afrique des clubs champions en novembre 1990 et une Coupe d’Algérie en juin 1992, sans oublier une Coupe intercontinentale avec la sélection algérienne contre l’Iran en janvier 1991.
L’été 1992 marque le début d’une nouvelle ère pour le meneur de jeu algérien. Transféré vers l’AJ Auxerre réputé pour être un club détecteur et formateur de jeunes talents, il y connaîtra un succès insoupçonné. Après une saison d’adaptation, il devient titulaire à partir de la saison 1993/1994, une saison qu’il conclut de fort belle manière en remportant la Coupe de France (victoire d’Auxerre sur Montpellier par 3-1), se permettant même le luxe d’inscrire le premier but. C’était la première fois que le club bourguignon remporte la coupe. Pour une première saison, c’était prometteur. Deuxième coup d’éclat : Saïb remporte avec l’AJ Auxerre (et avec Abdelhafid Tasfaout) le premier titre de champion de l’histoire du club au terme de la saison 1995/1996 et enchaîne quelques jours après avec la Coupe de France. L’AJ Auxerre, club formateur et au budget modeste par rapport aux «grosses écuries» de la première division française, se paye un doublé historique.
Du coup, la réputation de Saïb dépasse les frontières de la France. Une année plus tard, il est transféré à Valence sur insistance de Jorge Valdano, séduit par son profil. Après quelques matches au cours desquels il a eu l’occasion de jouer aux côtés de joueurs talentueux tels le Brésilien Romario, l’Espagnol Mendieta et l’Argentin Ariel Ortega en affrontant le prestigieux FC Barcelone, Moussa se retrouve «orphelin» de celui qui l’a ramené au club, Valdano, limogé pour mauvais résultats. Son remplaçant, Claudio Ranieri, affiche dès le départ ses intentions : il ne compte pas sur Saïb. Ce dernier découvre alors la saisissante sensation de devoir chauffer le banc de touche,
si ce n’est le banc des tribunes. Las de cette situation, il part pour Tottenham, un autre prestigieux club. Mal lui en prit puisqu’il tombe sur une copie anglaise de Ranieri : Georges Graham, encore plus flegmatique que son homologue italien et surtout plus distant envers le joueur algérien. Ne voulant pas du statut de remplaçant et découragé par des problèmes relationnels avec Graham, Saïb rejoint An Nasr d’Arabie Saoudite aveclequel il disputera la Coupe du monde des clubs au Brésil. En juin 2000, il revient à Auxerre pour une saison, avant d’être transféré à Monaco une année plus tard. Il n’y restera que six mois. Il termine son passage en France en signat pour six mois au profit de Lorient avec qui il eut le mérite d’arriver en finale des Coupes de la Ligue et de France, sans pour autant les disputer à cause d’une blessure (les deux finales ont été d’ailleurs perdues toutes les deux). Après une courte expérience à Dubaï Club (Emirats arabes unis), il revient à la JSK en décembre 2002.
Ce retour se voulait une reconnaissance envers un club qui l’a révélé sur la scène internationale. Au départ, il était question d’un contrat de six mois, mais voilà que Saïb se résoud à signer pour la saison 2003/2004. Ce qui devait être un dernier tour de piste se révélera un finish tonitruant : le meneur de jeu de la JSK mène l’équipe vers un titre de champion qu’elle n’avait plus remporté depuis neuf ans. Ce sacre était d’autant plus beau pour Saïb qu’il était assorti d’une impressionnante série de 19 matches sans défaite et qu’il marquait une fin de carrière comme il l’avait commencé, c’est-à-dire par un titre. Les larmes qu’il a versées au stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou à l’occasion du dernier match à domicile de la JSK face à l’USC et les scansions du public en son hommage marqueront la fin d’une carrière riche en titres et en émotion.

 MEILLEUR BUTEUR
   
Adel El Hadi
Date et lieu de naissance :
18/01/1980 à Biskra
Taille : 1,78 m
Poids : 70 kg
   
Clubs successifs : US Biskra, USM Annaba, CR Belouizdad, USM Annaba

Il y a des joueurs pour qui sortir d’un certain environnement constitue un handicap. Il en est ainsi de Adel El Hadi, le buteur de l’USM Annaba, qui a rarement brillé hors de ce club. Ramené de l’US Biskra en 2000 par Abdennour Meribout, le président de l’USMAn, réputé pour être un détecteur de jeunes talents perdus dans l’anonymat des divisions inférieures, il n’a pas tardé à faire parler de lui, devenant l’un des meilleurs buteurs de son équipe dès sa première saison. Cela a suffi pour lui valoir l’intérêt des grands clubs. Après une batailles acharnée, c’est le CR Belouizdad qui réussit à le faire signer à l’été 2001. Cependant, la saison qu’il y a passée a été catastrophique : rarement titularisé, apparitions sporadiques sur le terrain, manque d’efficacité devant les buts... Loin de se décourager car convaincu que c’était juste une question d’adaptation, El Hadi a entamé la deuxième saison au CRB avec confiance. Malheureusement pour lui, il n’arrivait toujours pas à s’imposer. Pis : il a eu une violente altercation avec son entraîneur avant la fin de la phase aller, ce qui l’a amené à quitter le club. Le règlement à l’époque ayant supprimé les prêts, le joueur s’est retrouvé au chômage forcé durant sept mois.
A l’été 2003, il décide de retourner à l’USM Annaba, le club qui l’a révélé. Dès son premier match contre l’ES Sétif à Sétif, il (re)fait parler de lui : il inscrit les deux buts de son équipe. C’est la renaissance. El Hadi enchaîne les belles prestations tout en retrouvant le sens du but et termine fort logiquement meilleur buteur du championnat.

 MEILLEUR GARDIEN DE BUT
   
Lounès Gaouaoui
Date et lieu de naissance :
28/09/1977 à Tizi Ouzou
Taille : 1,88 m
Poids : 84 kg
   
Clubs successifs : USM Draâ Ben Khedda, JS Kabylie

En avril 2000, Lounès Gaouaoui était toujours dans l’ombre. Eternel gardien de but remplaçant à la JSK, il était méconnu du public, pour ne pas dire inconnu. Et puis, comme dans un film, un contexte émotionnel et une opportunité inattendue l’ont servi. Le gardien de but titulaire Bougherara s’étant blessé, il s’est retrouvé titularisé à Kinshasa pour le match retour des huitièmes de finale de la Coupe de la CAF contre une équipe zaïroise, de surcroît dix jours seulement après le décès tragique de Hocine Gasmi. Si ses coéquipiers étaient très perturbés au cours de ce match (ils ont encaissé rapidement deux buts, alors qu’ils en avaient marqué cinq au match aller à Tizi Ouzou), lui ne l’était pas, conscient de l’importance de ce match. Non content de sauver de nombreuses balles de but, il se permet même le luxe de stopper deux penalties. Gaouaoui venait de gagner ses galons de titulaire. Depuis, la JSK comptait sur deux bons gardiens, avant que Lounès n’accapare le poste. Avec la sélection algérienne, il s’affirmera durant la CAN-2002 au Mali où il avait été l’une des rares satisfactions algériennes, surtout durant le match contre le Mali. Cette année, il a également accompli une CAN-2004 remarquable avec des prestations probantes contre le Cameroun et l’Egypte. Avec son club, il a remporté le championnat et a été finaliste de la Coupe d’Algérie.
Ses points forts ? La régularité, une bonne prise de balle, le sens du placement et une relative réussite lors des tirs au but. Ses défauts ? Des sorties parfois hasardeuses, une certaine faiblesse sur les coups francs et une anticipation approximative sur les balles dites faciles.

 MEILLEUR ESPOIR
   
Hadj Bougueche
Date et lieu de naissance :
07/12/1983 à Arzew
Taille : 1,748 m
Poids : 64 kg
   
Clubs successifs : OM Arzew, RC Kouba, USM Blida

Lorsque Hadj Bougueche, ramené d’un petit club d’Oran, faisait ses débuts au sein de l’ASM Oran en 2002, rien n’indiquait qu’il allait se révéler de manière précoce. Pour ses entraîneurs, il était question qu’il prenne le temps de progresser, mais le joueur ne l’entend pas de cette oreille.
Il lui a fallu juste quelques apparitions en qualité de joker pour épater les observateurs. Passé au RCK la saison dernière, il s’y illustre en dépit des mauvais résultats de son équipe, surtout qu’il jouissait du statut de titulaire.
Sa petite taille est largement compensée par sa vivacité, sa vélocité et son efficacité devant les buts, soit le parfait profil de l’attaquant de poche. A 21 ans à peine, Bougueche fait figure déjà d’«ancien». Rien d’étonnant donc qu’il ait été l’un des joueurs les plus demandés à la fin de la saison précédente.

 BUT DE L'ANNEE
   
Hocine Achiou

Incroyable, génial, formidable, sensationnel... Les analystes, médias et observateurs n’avaient pas lésiné sur les épithètes pour qualifier le but inscrit par Hocine Achiou contre l’Egypte une certaine soirée de janvier à Sousse contre l’Egypte durant la CAN-2004. Le but était pour le moins peu banal : Achiou, en dépit de l’infériorité numérique dans laquelle se trouvait son équipe, a effectué un raid de soixante mètres, effaçant plusieurs défenseurs égyptiens avant de se présenter seul face au gardien de but adverse et inscrire le but de la victoire. L’exploit fait le tour du monde des médias. Il donne l’occasion à de grandioses manifestations de joie des Algériens dans toutes les villes du pays. De par la rivalité sportive traditionnelle entre l’Algérie et l’Egypte, Hocine Achiou devient un héros national. Son but, en tout cas, fera date.
 JOUEUR LE PLUS TITRE
   
Mahieddine Meftah

Mahieddine Meftah est un éternel jeune. A 36 ans, il continue d’évoluer à un haut niveau, entamant sa 18e saison en Division 1. C’est, en effet, en 1987 qu’il a disputé son premier match avec la JSK, son club formateur. Devenant vite un titulaire indiscutable, il allait vite connaître la gloire en collectionnant les titres. C’est ainsi qu’il remporte avec la JSK trois championnats (1989, 1990 et 1995), deux Coupes d’Algérie (1992 et 1994), une Supercoupe d’Algérie (1992), une Coupe d’Afrique des clubs champions (1990) et une Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe (1995). Au passage, il remporte avec l’Algérie une Coupe d’Afrique des nations (1990) et une Coupe intercontinentale (1991). En 1987, après dix saisons passées à la JSK, «Tchico» (le surnom qu’on lui avait donné du temps où il était junior) rejoint l’USMA. A 29 ans, on le disait presque fini, mais il surprendra tout le monde non seulement en gagnant une place de titulaire, mais aussi et en restant sur une dynamique de titres : deux championnats (2002 et 2003) et quatre Coupes d’Algérie (1999, 2001, 2003 et 2004). Cela fait 16 titres au total (série en cours) pour Meftah qui devient, ainsi, le joueur le plus titré de l’histoire du football algérien.
 PRIX SPECIAL
 

Equipe nationale 82

Qui ne se souvient pas de la fabuleuse épopée de l’Equipe d’Algérie au Mondial-82 ? Pour leur première participation à une Coupe du monde, les Fergani, Belloumi, Madjer, Dahleb, Merzekane, Cerbah et autre Mansouri ont réalisé un coup de maître : battre la redoutable RFA des Rummenige, Magath, Littbarsky, Breitner et Schumacher et obliger les «cousins» allemand et autrichien à recourir à une parodie de match afin d’éliminer les Algériens. La génération dite «EN 82» a été et demeure la référence par excellence de la représentativité du football algérien. C’était l’époque dorée où on affrontait l’Algérie avec respect, sinon avec crainte. Belloumi et ses frères ont hissé la sélection algérienne à un niveau de jeu et de représentativité inégalé, à une époque où, pourtant, jouer au football en Algérie ne rapportait pas gros. Leur sacrifice mérite tous les égards.

 

Témoignage - Guy Roux
«Il faut être d’un très haut niveau 
pour surclasser Saïb»

Propos recueillis à Auxerre par Ali Hamouche


On ne peut pas parler de Moussa Saïb sans évoquer l’entraîneur de l’AJ Auxerre, Guy Roux, les deux hommes s’étant côtoyés durant cinq saisons parmi les plus belles du club bouguignon dans le championnat français avec comme point culminant le doublé en 1996. A l’occasion de la consécration de Moussa Saïb, élu Ballon d’or algérien pour la saison 2003-2004, nous sommes allés à la rencontre de Guy Roux à Auxerre. Qui mieux que lui peut, en effet, nous parler de Saïb durant son passage à l’AJA ? La plus grande satisfaction de l’entraîneur est que son ex-joueur soit passé de l’autre côté de la barrière.

  • Moussa Saïb, que vous avez eu sous votre coupe pendant cinq ans à l’AJ Auxerre, vient d’être désigné Ballon d’or algérien 2003-2004, une distinction décernée conjointement par Le Buteur et El Heddaf, deux titres spécialisés dans l’actualité du football. Un commentaire ?
    Instaurer une récompense aussi importante comme le Ballon d’or est significatif de l’intérêt porté à la discipline et stimule les joueurs à donner le meilleur d’eux-mêmes pour la mériter. Si une telle récompense est organisée par des journaux spécialisés dans le football, cela suppose que c’est un travail de professionnels qui requiert toute la crédibilité nécessaire. Il est vrai que je ne connais pas trop les autres joueurs nominés car ils n’ont pas la chance d’être aussi médiatisés que Saïb, mais je pense que Moussa tel que je le connais mérite amplement cette distinction et il aurait fallu à un autre joueur pour la revendiquer qu’il soit d’un très haut niveau à même de surclasser Saïb, si vous voyez ce que je veux dire.

  • Ce Ballon d’or, Moussa l’a eu grâce notamment au titre de champion d’Algérie obtenu avec la JSK la saison passée… 
    Oui, je sais que Moussa a été champion d’Algérie avec son club, la JSK, que je suis très attentivement, surtout lorsqu’elle dispute une compétition continentale. Je pense que c’est un grand club. C’est un des meilleurs en Algérie si ce n’est le meilleur.

  • Si vous êtes au courant que Saïb a été champion d’Algérie ; est-ce à dire que vous n’avez pas perdu sa trace ?
    Sachez qu’à l’AJA, nous nous intéressons toujours au parcours des joueurs qui ont porté les couleurs de notre club même après l’avoir quitté. Je me suis toujours tenu informé sur Moussa après son départ d’Auxerre. Au début, lorsqu’il était à Valence, puis à Tottenham, puis en Arabie Saoudite et après son retour à la JSK. En France aussi, je le suivais lorsqu’il était à Monaco et Lorient.

  • Quel regard portez-vous sur sa carrière ?
    J’estime que Moussa Saïb a eu une carrière magnifique et c’est tout à son honneur.

  • Savez-vous qu’il est passé de l’autre côté de la barrière ?
    Absolument. On m’a appris qu’il était devenu directeur technique sportif et entraîneur de l’équipe première. C’est une bonne chose. Je suis convaincu qu’il aura un bel avenir car il a une certaine expérience cumulée à travers sa longue carrière de footballeur.

  • Ses débuts sont réussis puisque sous sa houlette, la JSK occupe la troisième place…
    Je vous ai dit que je m’informais autant que je peux sur mes anciens joueurs. Je sais que la JSK est actuellement positionnée en haut du tableau. C’est encourageant pour Saïb qui débute dans le métier, mais il lui reste beaucoup à faire car être entraîneur est un métier difficile, surtout dans les pays méditerranéens où généralement une succession de mauvais résultats est mal vue, mal acceptée par les supporters, et l’Algérie est le pays qui caractérise le mieux cet état d’esprit. Dans les pays du nord, l’entraîneur n’est pas soumis à une aussi forte pression.

  • Parlons à présent de Moussa Saïb l’ex-joueur d’Auxerre ; quelle image gardez-vous de lui ?
    En toute sincérité, je garde une très bonne image de Moussa dont j’ai pu apprécier les qualités autant sur le terrain qu’en dehors où il avait toujours le sourire. Dès son premier jour ici à Auxerre, il m’a fait une grosse impression de par sa bonne éducation, faisant que son comportement a toujours été exemplaire. Il aurait pu s’asseoir à la table de Jacques Chirac sans aucun problème et sans que vous ayez honte de lui. C’est pour cette raison que je voue un grand respect pour sa maman qui a su lui inculquer une bonne éducation, malgré le fait qu’il n’est pas issu d’une famille aisée.

  • Malgré toutes ses qualités en tant que joueur, vous ne cessiez de lui crier durant les matches «Mouss, par-ci… Non Mouss par-là». Pourquoi ?
    C’était tout simplement en raison du rôle clé qu’il avait dans mon équipe. Son placement sur le terrain était donc important pendant le déroulement du match. 

  • Ce «Mouss» est devenu légendaire si on ose dire…
    Oui, car Moussa est resté plusieurs saisons chez nous et il a marqué son passage. En plus de cela, ce diminutif est courant ici à Auxerre où il y a une cité qui compte environ 4 000 Maghrébins. Je dois dire qu’indirectement, Moussa a beaucoup fait pour eux.

  • Expliquez-nous ce qu’a fait Saïb au juste ?
    Avant l’arrivée de Saïb, les Maghrébins n’osaient pas venir à l’Abbé-des-Champs car ils ne se reconnaissaient pas trop dans l’AJA. Mais avec le recrutement de Saïb, on a vu apparaître des drapeaux algériens dans les tribunes et à partir de là, c’est devenu une habitude de voir des drapeaux représentant les différentes nationalités des joueurs évoluant chez nous. Puis, avec l’arrivée de Tasfaout, le nombre de Maghrébins qui venaient au stade a augmenté. C’est une situation qui m’a énormément ravi. J’irai plus loin en disant que Moussa a confirmé les bonnes relations entre l’AJA et l’Algérie. Sachez que notre club a été le premier à se rendre en Algérie en 1967 après les événements en dépêchant notre équipe juniors pour un match contre le Mouloudia d’Alger. Nous avons également invité il y a quelques années la sélection nationale algérienne. C’est toujours un plaisir de retrouver les Algériens.

  • Durant le Ramadhan, est-ce que vous obligiez Saïb et Tasfaout à manger ?
    Pas du tout. C’est vrai qu’à Auxerre, nous sommes de culture catholique, mais nous respectons les convictions religieuses de chaque joueur. Pour Saïb et Tasfaout, j’ai consulté l’imam de la Mosquée de Paris sur ce qui est licite et illicite durant la période de jeûne, notamment sur le plan culinaire. C’est ainsi, par exemple, que nous avons mis au goût du jour dans leur menu le jambon de dinde pour remplacer le jambon de porc. J’ai même fait une étude sur les besoins diététiques d’un jeûneur. Tout cela n’a pas été vain puisque aujourd’hui, il y a de plus en plus de jeunes footballeurs musulmans qui intègrent notre centre de formation sans craindre pour leurs convictions religieuses.
«Mouss, il est plus dur d’être entraîneur 
que milieu de terrain !»
Guy Roux, qui sait de ses joueurs actuels comme de ses anciens joueurs, était au courant de la reconversion de Moussa Saïb en tant qu’entraîneur. Il a été très content de l’apprendre, convaincu que son ancien meneur de jeu a les qualités requises pour réussir dans sa nouvelle mission. «Il lui faudra acquérir de nouveaux réflexes comme par exemple être le premier au stade et le dernier à en partir.» Cela dit, il a tenu à adresser un message important à Moussa Saïb : «Hé Mouss, accroche-toi ! Il est plus dur d’être entraîneur que d’être milieu de terrain !»
 

Ils sont venus de là-bas…

Les invités étrangers à la cérémonie du Ballon d’or étaient loin d’être banals.

  • Dominique Le Glou, rédacteur en chef de l’émission «Stade 2» de France 2, est un habitué de la cérémonie du Ballon d’or du meilleur footballeur algérien, lui qui n’a raté aucune édition. Le fait qu’il a travaillé en Algérie durant les années 1970 en qualité de coopérant l’a fait aimer notre pays et notre football. C’est avec plaisir qu’il croise chaque année des figures marquantes du sport roi algérien. Cette année, il a été particulièrement ému de rencontrer des figures emblématiques de l’EN 82. C’est également avec plaisir qu’il a revu Saïb qu’il connaît bien pour l’avoir suivi dans le championnat de France.

  • Christelle Boudjema est organisatrice de stages en France pour les sélections africaines et reporter pigiste à Canal +. D’origine algérienne par son père (il est originaire de Béjaïa), elle vient avec plaisir en Algérie à chaque fois que son agenda le lui permet. Il est vrai aussi que son activité qui consistait à organiser des matches amicaux en France pour le compte de l’USMA du temps où elle travaillait comme chargée des relations extérieures au centre sportif Léonard-de-Vinci de Lisses a accru son intérêt pour le football algérien. Présente à la première cérémonie du Ballon d’or en 2001, elle en a gardé un si bon souvenir qu’elle n’a pas hésité à revenir cette année, tout en promettant d’être là lors des prochaines éditions.

  • Christian Jeanpierre, présentateur de «Téléfoot» chaque dimanche matin sur TF1 et commentateur des matches de la Ligue des champions avec Guy Roux comme consultant, est venu avec une spontanéité déconcertante. Admirateur de Moussa Saïb dont il a eu à commenter certains matches du temps où le Ballon d’or 2003-2004 du Buteur et d’El Heddaf évoluait à Auxerre, Monaco et Lyon, il conserve une belle image de l’Algérie depuis qu’il a côtoyé Zinédine Zidane. «Un exemple d’humilité, de respect et de moralité», avoue-il. Pour une première présence à la cérémonie de remise du trophée et d’autres distinctions, il semblait comme un poisson dans l’eau, n’hésitant pas à demander un badge presse pour circuler librement dans la salle. Incontestablement, il a marqué sa mission de reporter à la cérémonie et a démontré à tout le monde qu’il était un grand homme et pas uniquement par sa taille.

  • Vincent Coueffé, reporter-journaliste à l’Equipe TV, est venu muni de sa caméra pour travailler, disait-il, mais aussi par curiosité car il a beaucoup entendu parler du Ballon d’or algérien. De surcroît, la qualité du lauréat de cette quatrième édition ne l’a pas laissé indifférent, ainsi que la perspective de rencontrer plein de gens intéressants. Lorsqu’on sait que L’Equipe TV est une chaîne d’information en continu, tout comme Infosport ou Eurosport, on imagine l’honneur qu’il y a à accueillir un de ses représentants.

  • Baba Wamé est un journaliste français d’origine camerounaise exerçant dans le bimestriel Afrique Football et à la chaîne de radio africaine Africa N°1. Pour sa première visite en Algérie, il a eu l’agréable surprise de découvrir le caractère grandiose de la cérémonie du Ballon d’or du meilleur footballeur algérien. Il en garde un souvenir impérissable, surtout qu’il a rencontré un compatriote, Jean-Paul Yontcha, originaire de la même région que lui (Batié) de surcroît.

  • Nuno Paralvas est journaliste à A Bola, leader de la presse sportive au Portugal et un des plus forts tirages en Europe. Pour lui, Algérie est synonyme de Madjer, ce géant du football qu’il espérait rencontrer à Alger. Malheureusement pour lui, il était retenu par des obligations professionnelles au Qatar. Qu’à cela ne tienne, il a eu l’occasion de croiser Djamel Menad, un autre joueur algérien qui a évolué au Portugal et avec lequel il a eu l’occasion d’évoquer quelques souvenirs.

  • Lucidio Ribeiro, manager de joueurs à la réputation bien établie et ancien agent de Rabah Madjer, est venu à Alger pour la deuxième fois consécutive malgré de nombreuses obligations professionnelles (il s’occupe des affaires de plusieurs stars françaises, brésiliennes, portugaises et africaines). Convaincu que l’Algérie est un réservoir intarissable de jeunes talents, il ne désespère pas de dénicher d’autres Zidane, surtout qu’il est décidé à reprendre attache avec le football algérien. 

  • Fabio Anelli, assureur de voitures à Paris et Marseille, a appris à aimer le football. Il s’est du coup reconverti en assureur de joueurs, prenant sous sa coupe plusieurs stars du football français et africain. Cette année, il a initié, en compagnie de journalistes français, le prix Marc-Vivien Foé qui récompense à chaque fin de saison le meilleur footballeur africain de la Ligue 1 française. C’est un hommage qu’il a voulu rendre à feu Foé, mort sur le terrain du stade Gerland (Lyon) en 2003 à l’occasion de la demi-finale de la Coupe des Confédérations entre le Cameroun et l’Uruguay. Sa venue à la cérémonie du Ballon d’or lui a permis, entre autres, de convaincre Mamadou Diallo, transféré de l’USMA à Nantes, de s’assurer chez lui.

  • Farid Belkacemi était l’agent de Moussa Saïb du temps où ce dernier évoluait en France. C’est avec un grand plaisir qu’il a accepté d’assister à sa consécration dans son pays après qu’il l’eut été en France. 

  • Hocini Boulanouar, conseiller de joueurs algériens et africains dans l’Hexagone, reste fidèle à la cérémonie du Ballon 
    d’or depuis la première 
    édition.

Les invités étrangers charmés


Christian Jeanpierre
«J’ai aimé l’Algérie grâce à Zizou»
«C’est vrai que je n’avais que 17 ans lorsque l’Algérie avait fait sensation en Espagne. J’étais un bébé journaliste en quelque sorte, mais cela ne m’empêche pas d’en garder un bon souvenir. C’est là que j’ai aimé le football algérien. Par la suite, j’ai appris à aimer l’Algérie grâce à Zizou qui, en plus d’être un grand footballeur, possède de grandes qualités humaines que beaucoup de footballeurs français n’ont pas. J’ai donc retrouvé avec plaisir l’Algérie grâce à l’initiative d’El Heddaf et du Buteur qui ont organisé une cérémonie très sympa. J’ai noté que les responsables et les journalistes de ces titres sont jeunes. 
Ce qui ajoute une note de fraîcheur à l’évènement.»

Dominique Le Glou 
«Je me reconnais dans l’équipe 1982»
«J’ai assisté à toutes les cérémonies du Ballon d’or et permettez-moi de vous dire qu’à chaque occasion, vous me permettez de replonger dans mon passé en Algérie. Je ne l’ai jamais caché, j’ai des liens affectifs très forts avec l’Algérie et le football algérien. Et puis le fait de revoir les joueurs de l’équipe du FLN me pousse à répondre toujours favorablement à votre invitation. Aujourd’hui, j’ai été agréablement surpris par la présence de l’équipe 1982 qui a été honorée. J’ai eu la chair de poule en regardant les séquences du match face à l’Allemagne. Je me reconnais dans cette équipe qui a pratiqué au mieux le jeu à l’algérienne.»

Vincent Coueffé
«Bravo aux organisateurs !»
«Ce que vous faites là est très intéressant car cela motive les joueurs à travailler davantage pour être les meilleurs. Même si je ne connais pas trop les autres joueurs algériens, je suis convaincu que Saïb mérite largement ce titre de meilleur joueur du championnat d’Algérie. C’est une belle fin de carrière.»

Nuno Paravlas
«Madjer a fait découvrir l’Algérie aux Portugais»
«Si les Français ont appris à aimer l’Algérie grâce à Zidane, nous les Portugais, nous avons appris à connaître et à aimer l’Algérie grâce à Rabah Madjer qui a marqué son passage à Porto. Il y a eu par la suite d’autres joueurs algériens qui ont réussi chez nous comme Menad ou Medane. Je tiens aussi à dire que je ne m’attendais pas à une fête d’une telle envergure.»

Lucidio Ribeiro (ex-manager de Madjer) 
«J’espère découvrir d’autres Madjer»

«Une nation qui a enfanté les Madjer, Belloumi, Menad et Saïb peut encore enfanter de grands joueurs. J’espère découvrir d’autres joueurs comme Madjer dans ce pays de football. La fête a été une réussite totale.»
 
Christelle Boudjema
«C’est la deuxième fois que j’assiste à la cérémonie du Ballon d’or et j’en suis très contente. Je retrouve à chaque avec beaucoup de plaisir l’Algérie car je suis d’origine algérienne. Je suis charmée par la rigueur de l’organisation, la bonne ambiance et la qualité de l’assistance. Je suis heureuse que Achiou et Meftah, deux joueurs de l’USMA, un club qui vient chaque année effectuer son stage de préparation dans le centre où je travaillais à Lisses, aient été primés.»
 
Baba Wamé
«C’est la première fois que je viens en Algérie et que j’assiste à la cérémonie du Ballon d’or. Je suis émerveillé par la qualité de l’organisation et de l’assistance. C’est un exemple pour l’Afrique.»
 

Les sponsors en force

Comme chaque année depuis le lancement du Ballon d’or du meilleur footballeur algérien, plusieurs sponsors et non des moindres se sont associés au Buteur et à El Heddaf pour l’organisation de la cérémonie de remise du trophée et pas moins de vingt et une autres distinctions à différents footballeurs primés mais aussi aux acteurs du sport roi en général. La participation de nos partenaires, que nous remercions au passage pour leur promptitude, témoigne de l’audience grandissante que connaît la cérémonie du Ballon d’or au fil de ses éditions. Cette année, nos partenaires ont été Sonatrach, Mobilis, Air France, Blanky, Puma, Plein Soleil, l’ENTV, Liberté, El Moudjahid et Le Soir d’Algérie.

 
Wassila Boubekeur
«Un vrai moment 
de communion»

«Nous vous rendons un vibrant hommage pour l’organisation et la richesse de l’animation de cette quatrième édition du Ballon d’or du Buteur et d’El Heddaf. Vos reportages, la qualité de vos interventions, ainsi que les différents hommages rendus à des personnalités qui ont incarné l’art du football algérien font de cette soirée un vrai moment de communion entre deux générations pour lesquelles le football n’est pas simplement un métier, mais une grande passion. Rendez-vous l’année prochaine.»
Kamel Tabet

«Une soirée qui fait honneur au football algérien»
«Je ne peux que vous féliciter pour la qualité de cette cérémonie tant sur le plan de l’organisation que côté émotion. 
Vous avez réuni des joueurs et des acteurs du football de toutes les générations, de l’équipe du FLN jusqu’aux cadets de la saison actuelle, ce qui est tout à l’honneur du Buteur et d’El Heddaf. Je relève également votre professionnalisme avec la diffusion de témoignages vidéo et audio de personnes qui ont côtoyé Saïb à Auxerre. J’ai assisté à une soirée magnifique qui fait honneur au football algérien et à l’Algérie. Puma a été très satisfait d’avoir contribué à cette fête et nous comptons nous associer au Buteur et à El Heddaf pour l’organisation de la cérémonie de 2005.»

Ammar Khelifati 
«C’est une bonne publicité pour l’Algérie»
«Je félicite Le Buteur et El Heddaf pour l’organisation de cette cérémonie qui constitue une fierté pour toute l’Algérie. Je pense que le fait d’avoir eu la présence de journalistes de médias étrangers comme TF1 et France 2 est une excellente chose pour l’image de marque du pays car cela leur a permis de constater que l’Algérie n’est pas, comme le prétendent les alarmistes, une destination à risque. C’était, en somme, une bonne publicité pour notre pays. Des personnalités qui n’étaient peut-être jamais venues en Algérie ont pu sans doute apprécier la chaleur humaine des Algériens et constater qu’il y avait des choses intéressantes qui s’y faisaient. Quant à nous, Plein Soleil, c’est notre deuxième participation à la cérémonie du Ballon d’or. Nous avons apprécié l’organisation rigoureuse qui l’a marquée par rapport aux éditions précédentes.»
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
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