Equipe d'Algérie

Sénégal 0 - Algérie 1: Belmadi et ses Guerriers, les Rois d’Afrique !

Ce fou de Belmadi avait raison

Auteur : Nacym Djender samedi 20 juillet 2019 10:29

Finalement, Rbahmahoum ga3 ! Oui, on les a tous battus ! Du premier au dernier. Sur 90, 120 minutes ou en séances de tirs au but. On les a fait tomber comme des quilles de bowling. On les a tués comme dans un safari, sans la moindre pitié. On a empaillé les Eléphants, les Aigles, les Lions… et on les a envoyés, bien momifiés, se reposer dans les musées égyptiens, aux côtés des Pharaons. 
Une rude bataille dans la jungle
Aujourd’hui et après une rude bataille de jungle, Belmadi et ses Guerriers ont gagné le titre oh, combien cher, de Rois d’Afrique ! Vingt-neuf ans qu’on l’attendait, qu’on en rêvait, sans y parvenir, au point où cet espoir commençait à prendre l’allure d’une mission impossible. Oui, les Verts sont bien les champions d’Afrique 2019. Et en terre égyptienne, s’il vous plait ! Là, où on aurait tous juré de ne jamais le faire, tellement Salah et son Egypte paraissaient intouchables, inébranlables même, avant le début de cette CAN. Et comment le penser face à l’Egypte qui avait gagné la CAN à sept reprises, creusant un écart désespérant sur leurs poursuivants, notamment les rivaux historiques du monde arabophone, que sont le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
Ce fou de Belmadi avait raison 
Franchement, on n’en revient toujours pas, même après cette épopée aussi rassurante que convaincante du début à la fin de la compétition. L’Algérie est sacrée championne d’Afrique ! Qui l’eut cru en dehors de ce fou de Belmadi qui nous avait tous choqués en avançant sans masque, pour nous dire qu’il en avait marre de faire de la figuration dans cette CAN. « Depuis que j’ai intégré la sélection nationale en tant que joueur, avait-il alors asséné à la face des journalistes, on nous a répété le même discours défaitiste. Toujours pareil. On va tenter de jouer match par match et faire honneur au football national. C’était comme si on n’avait pas le droit d’avoir des ambitions, de rêver… Et pourtant, c’est gratuit de rêver. Et bien moi, je vais essayer d’être différent en disant qu’on va y aller pour tenter de la gagner cette CAN. Oui, on ira pour la gagner, même si cela peut paraître fou de le dire… » 
Un coach qui a décomplexé tout un pays 
Non, Belmadi n’a jamais joué au devin, ni vendu au peuple de la poudre de perlimpinpin. Il a juste voulu changer le mental de ses compatriotes, soucieux de l’avenir de son équipe. Ne pas être défaitiste avant même le début de la CAN, comme c’était de coutume avant sa venue, depuis bien longtemps... Le coach national a chamboulé même le fonctionnement de la FAF et la culture des Verts avec. Il a transformé la vision qu’on avait de nos capacités en nous prouvant qu’on pouvait bien jouer avec de vraies chances, pour de vraies ambitions, sans avoir de complexe à se faire devant n’importe quel adversaire. Djamel Belmadi nous a débloqué le mental de cette peur qu’on avait en affrontant les gros bras du football africain. 
Belmadi leur a insufflé la grinta et le beau jeu 
Il a battu tous ses adversaires, trois mondialistes, excusez du peu, par l’art et la manière. Celle d’un football léché, agressif et correct, bien organisé et offensif à souhait. Il a marché sur ses adversaires, de manière féroce et intelligente. Il a inculqué à ses joueurs la solidarité de groupe, leur a expliqué comment s’aimer entre eux comme des frères et comment rester unis dans la difficulté, mais aussi humbles et disciplinés à toute épreuve. Il leur a insufflé la grinta qui leur faisait défaut depuis 2014, tout en arrachant de chaque joueur le meilleur de ce qui était enfoui dans ses tripes. Avec son staff technique et médical, ils ont réussi de vrais miracles pour souder l’équipe tactiquement et mentalement, mais aussi dans la récupération après chaque bataille. Belmadi a réussi à transformer ses joueurs en vrais guerriers en les sortant du néant pour en faire de vrais géants. 
Qui aurait évincé des mondialistes pour faire confiance à Boudaoui ?
Beaucoup d’indices ont peut-être échappé aux supporteurs des Verts. Et c’est justement cela qui a permis à Belmadi de se hisser aux cimes des Pyramides africaines. Dans son chapeau de « Raqi », le coach des Verts a commencé sa « Roqia » en sélectionnant des joueurs que peu de spécialistes auraient pris dans la liste des 23. Et le moins qu’on puisse dire est que le temps lui a bien donné raison. Car prendre Benlamri, Guedioura ou Belaïli, pour ne citer que ceux-là, relevait tout bonnement de l’improbable dans la tête des éternels sceptiques insatisfaits. Qui aurait pensé que ces trois éléments étaient taillés pour cette CAN et qu’ils allaient réaliser les prestations qu’on connaît aujourd’hui ? Qui aurait évincé d’anciens mondialistes évoluant en Europe pour laisser place à des jeunots comme Boudaoui ou Bennacer ? Qui aurait eu l’audace et le courage de laisser sur le banc Yacine Brahimi et donner libre court au génie enchaîné de Youcef Belaïli, le banni d’un récent passé ? 
Ils ont applaudi ceux qui ont pris leurs places, en gardant le sourire 
Non, Belmadi est bien un vrai génie, peut-être bien le plus fou des génies, mais sa folie est bien étudiée, structurée et surtout raisonnée… Des détails qu’on a retenus dans cette CAN confirment bien l’étendue de son talent. De technicien d’abord, mais surtout de meneur d’hommes. Car peu d’entraineurs peuvent s’enorgueillir de pouvoir fédérer comme il l’a fait ses joueurs autour d’un même projet, d’une même ambition. L’on se demande encore comment il a pu faire accepter à Brahimi, Slimani, Ounas et les autres stars de l’EN, de garder un grand sourire et la même ferveur sur le banc des remplaçants en jubilant avec les titulaires qui ont pourtant pris leurs places et partager leur bonheur en fin de match, sans y avoir joué la moindre minute.
La confiance donnée à Delort ères aux dernières secondes 
Autre détail qui prouve la grandeur de Djamel Belmadi : souvenez-vous du changement effectué à la toute dernière minute du match contre la Côte d’Ivoire, lorsqu’il a fait rentrer Andy Delort qui piaffait d’impatience sur le banc, en lui confiant de tirer le coup franc devant une armada de tireurs qui se battaient presque pour le faire ? N’est-ce pas là un signe de totale confiance envers son joueur qui s’est sans doute senti pousser des ailes ? Ou alors ce remplacement du jeune Boudaoui à la place de Guedioura dans un match à enjeu, alors que 99% des coachs auraient fait confiance à Abeid ? Voyez aussi comment il a accordé sa confiance à Brahimi lors de cette finale en l’incorporant à la place de Belaïli, non seulement parce qu’il avait confiance en lui, mais aussi pour ne pas léser le génie du FC. Porto et le priver d’une présence effective dans cette CAN. 
Merci Belmadi de ne pas nous écouter 
Non, Belmadi a eu raison sur toute la ligne, lorsque toute l’Algérie a eu tort dans toutes ses spéculations. Nous sommes tous passés à côté à un moment ou un autre de cette aventure africaine, en lui demandant indirectement, qui, de faire rentrer Ounas à la place de Mahrez, ou Delort pour remplacer Bounedjah, ou alors de déplacer Mandi à droite à la place de Zeffane, etc. Fort heureusement que Belmadi ne nous a pas écoutés, sinon on l’aurait poussé à éliminer les Verts au premier tour avec nos conseils d’experts à la noix. Heureusement que Belmadi a de la personnalité et qu’il connaît son métier bien mieux que les éternels insatisfaits. Heureusement qu’il n’a écouté que son staff et son cœur de guerrier. C’est comme ça que l’Algérie a enfin gagné cette CAN et le respect. Merci Belmadi de ne pas nous écouter désormais. 
 

 

Publié dans : Belmadi Sénégal - Algérie

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