Nostalgie

Rivera, Golden Boy au coeur rouge et noir

Technicien hors pair, doté d'une étonnante vision du jeu, Gianni Rivera a été pendant 19 saisons un numéro 10 à l'ancienne, le moteur de l'AC Milan, un golden boy tombé dans une marmite de potion magique.

Auteur : dimanche 23 août 2015 19:25

Son nom restera à jamais dans le livre d'or de l'AC Milan avec qui il a tout gagné, en portant notamment pendant 12 saisons le brassard de capitaine.
Au-delà de son palmarès, l'histoire retiendra sans doute sa rivalité avec son alter ego de l'Inter Milan, Sandro Mazzola. Rarement une nation n'a disposé, dans la même période, de deux joueurs aussi talentueux évoluant dans le même registre.

Le guide de l'AC Milan
Originaire d'Alessandria, une ville du Piémont, Rivera y a fait ses débuts avec l'Association sportive Don Bosco où il a été repéré par Franco Pedroni, un ancien milieu de terrain de l'AC Milan devenu entraîneur adjoint de l'équipe locale évoluant à l'époque en Serie A. En 1958, il rejoint l'équipe première où il fait ses débuts le 2 juin 1959. Rapidement, l'AC Milan lui fait signer un contrat et le laisse une saison en prêt à Alessandria pour l'aguerrir. Mais, le 7 février 1960, lors de son premier déplacement à Milan (1:1), Rivera inscrit un superbe but à son futur club, histoire de montrer à son prochain public qui il est. En quelques mois, Rivera va prendre une nouvelle dimension en se situant mieux sur le terrain ce qui lui permet de terminer sa première saison professionnelle avec 6 buts en 26 rencontres.

Le 9 octobre 1960, sous la conduite du légendaire Nereo Rocco, il débute sous les couleurs du Milan face à Bologne (5:1). Entre le gamin surdoué et l'entraineur à la forte personnalité, c'est le coup de foudre. "C'est un personnage inoubliable qui dégageait une incroyable joie de vivre, une énorme vitalité, et une immense humanité. Il réunissait toutes les meilleures choses que pouvait avoir un être humain. C'était comme mon père ou un frère ainé qui donnait toujours le conseil juste", se souvient Rivera, ému. Au plus fort de la domination de l'Inter, l'ennemi séculaire, les deux hommes, et quelques autres comme Cesare Maldini ou Giovanni Trapattoni, vont permettre à l'AC Milan de se relancer vers les sommets après le départ de ses vieilles gloires.

La symbolique du 10
A ses débuts, Juan Alberto Schiaffino, légende des Rossoneri, avait dit à Rivera qu'un footballeur complet devait savoir marquer des buts, être l'architecte du jeu au milieu et donner un coup de main à la défense. Pendant 19 saisons Rivera, allait suivre ces recommandations à la lettre, portant l'équipe à bout de bras quand cela était nécessaire et se contentant de se reposer sur son bagage technique quand la physionomie de la rencontre le permettait. Sous la direction de ce jeune homme bien sous tous rapports, l'AC Milan allait tout gagner et notamment trois scudetti, deux Coupe d'Europe des Clubs Champions de l'UEFA, et une Coupe intercontinentale. Tout au long de sa carrière, Gianni Rivera allait inscrire 128 buts en Serie A (122 pour Milan) et 173 toutes compétitions confondues en 527 matchs. Mais au-delà de ces chiffres, c'est sa présence sur tous les points chauds et la manière dont il pesait sur une rencontre qui étaient impressionnantes.

Son numéro 10 rayonnait sur le terrain à une époque où ce poste était réservé aux fuoriclasse, les joueurs "hors normes", ceux par qui tous les ballons passaient et qui donnaient le tempo à tout le stade. "Je ne me suis jamais revu dans un autre joueur. Il y a eu en Italie d'autres grands numéro 10 comme Baggio, Del Piero ou Totti mais chacun a son style, ses caractéristiques. De toute façon, une copie ne vaudra jamais l'original. Aujourd'hui, ce numéro n'a plus la même signification. Je vois dans la dissolution historique d'un numéro mythique celle d'un football héroïque et nostalgique", commentait-il à l'approche de son 70ème anniversaire.

Un relais pour l'histoire
Dans la grande histoire du football italien, quand on évoque le nom de Gianni Rivera tous les tifosi pensent immédiatement à la rivalité-complicité entre Rivera et Mazzola et à la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1970™.

Rivera a fait ses débuts avec la Nazionale le 13 mai 1962 face à la Belgique (3:1) et a disputé contre l'Argentine le 19 juin 1974 (1:1) la dernière de ses 60 sélections (14 buts). Vainqueur de l'UEFA EURO 1968, il a également participé à quatre Coupes du Monde de la FIFA disputant neuf rencontres de phase finale. Mais au-delà de ces statistiques en sélection, un nom restera à jamais accolé à celui de Rivera sous le maillot azzurro, celui de Ferruccio Valcareggi. Par ailleurs brillant sélectionneur de la Nazionale de 1967 à 1974, Valcareggi avait décidé une fois pour toutes que Rivera et Mazzola ne pouvaient jouer ensemble. C'est la raison pour laquelle l'équipe-type d'Italie était alors composée de 12 joueurs : Albertosi - Burgnich, Bertini, Rosato, Facchetti - Cera, Domenghini, Mazzola (puis Rivera), Boninsegna - De Sisti et Riva. Dans ce système, Mazzola disputait la première mi-temps et était remplacé par Rivera à la pause. Cette fameuse staffetta (relais) qui allait déchirer l'Italie fonctionnait en général à merveille comme le 17 juin 1970 en demi-finale de Coupe du Monde de la FIFA contre l’Allemagne où Rivera, entré en jeu à la 46ème minute, inscrivait en prolongation le quatrième but Italien (4:3). Le 21 juin en finale contre le Brésil, l'Italie arrivait à la pause sur un score de parité (1:1). Mais énorme surprise à la sortie des vestiaires, c'est Mazzola qui revenait sur le terrain alors que Rivera restait sur le banc. Le Milanais n'entrera finalement qu'à six minutes de la fin alors que la Seleçao avait déjà fait le break grâce à Gerson, Jairzinho et Carlos Alberto. Rendus furieux par la défaite (4:1) et par l'affront fait au Ballon d'or milanais, les tifosi accueillaient avec des tomates pourries la délégation transalpine à son retour en Italie.

La reconversion
Le 13 mai 1979 le Golden Boy disputait son dernier match officiel contre la Lazio Rome, une semaine après avoir été sacré champion d'Italie sous la direction de Nils Liedholm. Devenu une véritable légende, il était rapidement nommé vice-président du club, une fonction qu'il occupera pendant sept ans, jusqu'à l'arrivée de Silvio Berlusconi à la présidence. "Il a été rapidement évident qu'il me serait impossible de continuer à occuper mes fonctions en ayant une vision différente de la sienne", précise Rivera pour expliquer son éloignement du football pour se consacrer à la politique. Il va réussir une brillante reconversion en étant élu à la chambre des députés, sous-secrétaire d’État à la défense puis député européen. Puis le 4 août 2010, sur proposition du président de la Fédération italienne de football, il était nommé "responsable du secteur jeunes et scolaires". Histoire de transmettre son savoir.
                                                            IN FIFA.com
 

Publié dans : AC Milan gianni rivera

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