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Exclusif / Maldini : «Ghoulam est un défenseur moderne et sa progression a été fulgurante»

«J’aimerais bien voir Mahrez jouer en Serie A»

Auteur : Brahim Hanifi mardi 23 janvier 2018 06:57

L’invité d’honneur du Buteur et d’El Heddaf à la cérémonie de remise du trophée du meilleur joueur algérien de la saison écoulée, Paolo Maldini, a accepté, en dépit de son état fiévreux, de nous accorder cet entretien et revenir avec nous sur les 36 heures qu’il a passées ici en Algérie. La légende vivante du Milan AC s’est livré pour nos lecteurs sur l’actualité footballistique du moment.

Paolo, on vous remercie d’avoir accepté notre invitation pour assister à cette cérémonie de remise du trophée du meilleur joueur algérien…
Merci à vous de m’avoir invité. Ç’a été un honneur pour moi de venir partager ces bons moments de bonheur en Algérie.
Dites-nous justement quel a été votre ressenti lorsque vous avez reçu cette demande d’invitation pour assister à cette cérémonie du Ballon d’Or algérien ?
Je me suis dit que ça allait être une bonne occasion pour moi de découvrir un pays que je n’avais jamais visité auparavant. Ensuite, je me suis dit que c’était une bonne chose de remettre ce trophée à un joueur de grand talent. Franchement, j’ai bien apprécié.
On imagine que vous avez ressenti l’estime qu’ont les Algériens pour vous, mais aussi pour le Milan AC, l’Italie et le football en particulier, non ?
Sincèrement, je ne m’attendais pas à recevoir autant d’estime et de passion de la part du peuple algérien. J’ai été très surpris. Malgré la distance qui sépare les deux pays, j’ai constaté que les Algériens connaissaient beaucoup de choses sur nous et surtout sur le Milan AC. C’est incroyable !

Vous avez visité notre monument historique, le Mémorial du Martyr. Vous avez été émerveillé par le symbole que représente ce monument. Qu’est-ce qui a retenu le plus votre attention ?
Franchement, c’est une chose très importante, la liberté. Ce monument représente justement cela et met en valeur l’histoire de votre pays. Dommage, on n’avait pas beaucoup de temps, car j’aurais voulu visiter d’autres sites historiques de l’Algérie.
Votre présence en Algérie a suscité un engouement sans précédent. Tout le monde voulait sa photo souvenir avec Paolo Maldini. Malgré le fait que vous étiez malade (il était grippé), vous aviez tenu quand même à répondre favorablement à toutes les demandes…
C’était impressionnant et magnifique à la fois. J’étais étonné par tout cet amour. C’est vrai que les gens m’apprécient à travers pas mal de pays, mais ce que j’ai vu en Algérie, c’est unique. Cette ferveur populaire autour de ma personne, c’était magnifique. Les Algériens connaissent vraiment tout du championnat italien et du Milan AC. C’est fou !
Vous avez eu l’occasion de rencontrer l’icône du football algérien, Rabah Madjer que vous aviez affronté avec le Milan en 1988 quand il était à Porto…
Oui, c’est vrai. Madjer fut un grand joueur. Durant la cérémonie, j’ai été impressionné par les images de l’ancienne génération du football algérien. Un talent exceptionnel. Ce n’est pas pour rien qu’elle a pris part à deux Coupes du monde successives. Pour ce qui est de Madjer, c’est un champion, pas uniquement en Algérie, mais aussi en Europe.  
Sincèrement Paolo, qu’est-ce qui a retenu votre attention lors de cette visite en Algérie ?

Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de visiter les autres régions. On a tout fait en moins de 24 heures seulement. J’espère revenir prochainement pour découvrir d’autres régions de votre beau pays.
Vous avez remis le trophée du meilleur joueur algérien de l’année 2017 à Faouzi Ghoulam. Mérite-il selon vous cette consécration ?
Je pense qu’il mérite son trophée. Mahrez a remporté le trophée lors des deux précédentes éditions avec brio, puisqu’il avait brillé en Angleterre, un championnat pas facile. Ghoulam évolue dans une équipe qui joue bien au football et il montre beaucoup de bonnes choses. C’est un défenseur moderne. Il sait bien défendre et attaquer aussi. Il est efficace. Sa fulgurante progression m’impressionne.
Au moment de remettre le trophée à Ghoulam, que lui avez-vous dit ?
J’ai demandé de ses nouvelles, notamment en ce qui concerne sa blessure au genou. Je lui ai demandé de ne pas se précipiter à vouloir revenir très vite. Il faut prendre un mois supplémentaire, afin de revenir plus fort. Il faut éviter tout risque de rechute.
Avez-vous apprécié la musique algérienne, notamment celle relative au football et qui a été diffusée lors de la cérémonie ?
Oui, j’ai bien apprécié, même si je n’ai pas compris les paroles. J’ai su que le chanteur s’appelait Milano. J’ai demandé à Madjer pourquoi justement…

Ça fait référence au club qu’il supporte et qui est l’USM Alger. Vous avez visité les installations de ce club à Bologhine et on vous a remis un maillot du club…
C’est un honneur. J’ai gagné beaucoup de titres durant ma carrière et cela fait que tu es un exemple pour beaucoup de personnes. J’ai bien apprécié les gens de l’USMA et de l’amour qu’ils portent pour le Milan et ma propre personne.
Qu’est-ce qui a retenu le plus votre attention durant cette cérémonie du Ballon d’Or ?
L’ambiance était magnifique. Les Algériens aiment passionnément le football et savent glorifier leurs anciens joueurs. J’ai surtout apprécié le fait qu’on ait récompensé les sportifs handicapés. En résumé, j’ai apprécié cette cérémonie et ç’a été un plaisir de la passer à vos côtés.

On avait parlé auparavant du match livré par l’Algérie en Coupe du monde 2014 face à l’Allemagne. Vous avez été impressionné par la qualité de jeu des Algériens, n’est-ce pas ?
Oui, en effet. L’Algérie ne méritait pas la défaite lors de ce match. L’Allemagne dispose de grands joueurs et dans une phase finale d’un Mondial, elle devient redoutable. Ce qu’a réalisé l’Algérie est une chose extraordinaire.
Vous avez déjà affronté l’Algérie, c’était en 1989 exactement…
Oui, exactement. C’était à Vicence et on avait gagné (1-0). Lors du déjeuner et en discutant avec Madjer, il m’avait dit que ce but avait été entaché une position de hors-jeu flagrante.
Vous avez eu aussi une discussion avec le jeune international algérien, Youcef Attal. Quels conseils lui avez-vous donnés ?
Je pense que l’idéal pour les joueurs algériens, c’est de quitter le championnat local et d’aller tenter leur chance en Europe. Là-bas, ils pourront progresser et prouver leurs qualités. Le championnat algérien ne peut pas rivaliser avec ceux d’Europe. Le joueur algérien doit avoir cette ambition.
En toute sincérité, est-ce qu’il y a un joueur algérien que vous voudriez voir jouer au Milan AC ?
Je n’ai pas un poste au Milan AC actuellement, mais j’aurais souhaité voir Mahrez jouer en Italie. J’ai entendu dire que l’AS Rome le voulait absolument, l’été dernier, mais malheureusement, ça ne s’est pas fait. Qu’il joue pour le Milan ou un autre club italien, il n’y a pas de différence. Un joueur de la trempe de Mahrez, s’il vient en Italie, c’est quelque chose d’extraordinaire.

Vous avez affronté une grande icône du football, à savoir Maradona. Dites-nous comment peut-on contrer ce grand joueur ?
A l’heure actuelle, ce n’est plus possible (rires), il s’arrête tout seul. Sincèrement, il fut un grand joueur, comme l’est aujourd’hui un certain Léo Messi. C’était un artiste et un joueur de grande classe et il était difficile de l’arrêter à ce époque-là. Il jouait dans un grand club qui est le Napoli.
Peut-on dire que Maradona demeure le meilleur joueur de tous les temps ?
C’est difficile de comparer les générations. Néanmoins, pour sa génération, Maradona était sans doute le meilleur.
Vous préférez plus Messi ou Ronaldo ?
J’aime plus le style de jeu de Messi. Ronaldo est un grand joueur aussi et ses statistiques parlent pour lui, mais le jeu de Messi est exceptionnel. Il est unique et il reste le seul joueur qui peut décanter un match à n’importe quel moment.
Pourquoi, selon vous, Ronaldo a déclaré qu’il était le meilleur joueur de l’histoire du football ?
Sans doute parce que c’est un joueur qui a une grande confiance en soi. Cela ne plaît pas à certains, mais franchement, il demeure parmi les meilleurs joueurs de l’histoire.
Del Piero a déclaré une fois qu’il y avait de grands joueurs, mais que le plus grand, c’était vous. Votre avis ?
C’est un honneur pour moi, surtout que ça vient d’un grand champion. Alessandro est un ami et lui aussi, il reste un énorme joueur.
L’Italie a eu de grands joueurs aussi. Parmi ces trois joueurs, Baggio, Totti et Del Piero, qui est selon vous le meilleur ?
C’est très difficile d’en choisir un. Roberto Baggio a beaucoup plus donné par rapport à Totti et Del Piero, notamment en sélection, mais il n’a pas remporté la Coupe du monde. En somme, j’estime que les trois sont de grands joueurs et demeurent parmi les meilleurs qu’ait connus le football italien.

Votre plus beau but de votre carrière ?
Celui qui a été pour moi le plus important, c’était le 1er but que j’ai marqué avec le Milan AC face à Côme en 1986. C’était une sensation indescriptible.
Il y a aussi ce but que vous avez inscrit en finale de Ligue des champions en 2005…
Oui, c’est vrai, mais le résultat final n’a pas été à notre avantage.
Parlez-nous un peu de votre ancien président, Silvio Berlusconi…
Il a donné beaucoup pour le Milan. Quand il a racheté le club en 1986, il y avait déjà de grands joueurs au club, à l’image de Baresi et Tassotti. Il a façonné le club à sa manière et l’a conduit aux titres. C’est grâce à lui que le Milan est arrivé au sommet.
Que pensez-vous de la lutte pour le Scudetto cette saison ?
Je pense que ça se jouera entre le Napoli et la Juventus. Naples a été éliminé de la Ligue des champions certes, mais le club jouera l’Europa League et c’est ce qui pourrait l’épuiser. Il faut voir aussi ce que fera la Juventus en Ligue des champions. La fraîcheur physique a son rôle. Après plusieurs années de règne pour la Juventus, j’espère que cette saison, c’est Naples qui remportera le championnat.

Comment expliquez-vous la régression de l’Inter et de la Roma depuis quelques semaines ?
Certainement parce qu’ils ne sont pas du même niveau de la Juventus et Naples qui ont un effectif de qualité et un banc de touche qui peut faire la différence. L’Inter et la Roma n’ont pas assez de moyens pour espérer lutter pour le titre jusqu’au bout.  
Que doit faire Gattuso pour faire revenir le Milan au sommet ?
Il est en train de faire un gros travail, mais malheureusement pour lui, le niveau technique de l’équipe n’est pas à la hauteur. Milan ne peut pas rivaliser avec les gros du championnat et ne sera même pas en mesure de lutter pour une place parmi les quatre premiers.
Pour conclure cette interview. Un mot pour le public algérien…
Je tiens du fond du cœur à remercier les Algériens pour leur chaleureux accueil et l’estime qu’ils me portent toujours. Je passe le salut à tous les amoureux du Milan en Algérie. A la prochaine fois.
 

 

Publié dans : maradona ghoulam Maldini Mahrez. Messi. Ronaldo

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