Equipe d'Algérie

Ighil : «Notre principale mission est de réhabiliter l’image de l’entraîneur local»

Menad : «La touche de chacun de nous doit être ressentie et remarquée dans cette équipe !»

Auteur : Moumen A. vendredi 20 octobre 2017 10:35

 En parfaite harmonie avec l’entraîneur en chef, l’ancien coach de la JSK et du Mouloudia d’Alger, Meziane Ighil, est clair, net et précis, sa mission est d’abord de faire honneur à la compétence locale. L’ex-driver des Verts  ne cache pas sa satisfaction de travailler avec un staff qu’il qualifie de collégial pour le bien du football national.  

«Je suis à fond avec Madjer et on travaillera pour redonner à l’EN sa brillante image en Afrique»
Désigné par son ancien camarade au NAHD Hussein Dey, Meziane Ighil parle d’emblée de sa tâche dans ce staff qu’il compose avec Menad et Rabah Madjer. «En ce qui concerne la répartition des tâches, je dirai que dans chaque collectif, il y a un leader qui doit le représenter, donc on est trois dans ce staff technique. Il est clair qu’on se concertera sur tous les détails touchant à l’Equipe nationale, mais le dernier mot revient au sélectionneur national.  On est là, on est engagés à fond dans cette mission avec Madjer, il y a une mission qui me tient à cœur, celle de réhabiliter l’entraîneur local.»

«La personnalité n’est pas dans le poste qu’on occupe, mais dans ce qu’on peut apporter»
«Certains se demandent comment on a été installés et comment on a été choisis comme assistants de Rabah Madjer. Je crois que lorsqu’on est dans le monde du football depuis bien longtemps,  moi qui ai occupé plusieurs postes  pendant des périodes différentes de ma carrière de footballeur, et à mon âge, je pense que la personnalité n’est pas dans le poste que l’on occupe, mais plutôt dans ce qu’on peut donner pour la sélection.»

«Madjer a été  clair à propos de l’espace de liberté qu’aura chacun de nous dans son staff»  
«Lorsque j’ai parlé avec Madjer, dès le début on parvenus à un accord sur la liberté de chacun de nous dans ce staff. Il a été très clair sur la mission de chaque membre du staff technique et l’espace de vie de chacun de nous dans son staff. C’est ce qui m’a encouragé à apporter ma contribution, notamment sur la réhabilitation de l’entraîneur local.»

«On prônera pour le projet de jeu qui correspond au profil de nos joueurs»
«Un projet de jeu dépend du groupe de joueurs que vous avez sous la main. Quand vous faites une lecture du profil des joueurs que vous avez, là vous pouvez déterminer une façon de jouer qui correspond le mieux au profil de vos éléments. Si nous arrivons à bien analyser, on s’aperçoit que beaucoup de joueurs évoluent dans le même poste qu’ils occupent en club, ce qui fait qu’on ne peut profiter que d’un seul registre de jeu pour chaque élément au lieu par exemple de pouvoir compter sur des polyvalences.»

«On aime prendre le jeu à notre compte mais on a du mal à s’imposer en Afrique»
«D’une façon générale, on est une équipe technique, joueuse mais qui ne peut prendre le jeu à son compte contre des équipes africaines avec un certain style de jeu et dans des conditions difficiles. Sur le plan collectif, on a du mal à sous imposer parce qu’individuellement, on a tendance à délaisser le jeu collectif qu’on pratique ou qu’on devrait pratiquer et nous tombons dans le jeu de l’adversaire, à savoir les duels et les combats et là nous sommes en déficit par rapport aux joueurs africains.»

«On doit trouver la bonne formule pour aller chercher des résultats à l’extérieur»
«Je crois qu’on doit trouver la bonne formule pour qu’on puisse développer le jeu qui correspond à nos joueurs. Pour ce faire, il faudra se retrousser les manches pour parfois apprendre à se battre et aller chercher un ballon ou bien le garder. Donc, c’est cette capacité à offrir du beau jeu mais sans oublier que nous jouons dans un continent où parfois la force et vitesse sont prédominantes. C’est dans ce sens là qu’on doit travailler pour améliorer d’abord le jeu collectif de notre équipe et aussi ne pas oublier qu’en Afrique, on a tendance à avoir recours à des guerriers pour véritablement arracher quelque chose.»

«Je n’ai jamais eu de rapports conflictuels avec les anciens présidents de la FAF»
Interrogé par un confrère sur sa désignation interprétée par certains comme une manière d’embêter l’ex-président Raouraoua, Meziane Ighil, en homme sage, rétorque : «D’abord, je dois dire je n’ai pas de rapports conflictuels avec n’importe quel président de fédération. J’ai des relations courtoises avec l’ensemble des précédents présidents et les membres des différents bureaux qui sont passés. Je suis là depuis bien longtemps donc j’en ai vu passer des présidents et je n’ai jamais eu de conflits avec quiconque.»

«Je ne comprends pas pourquoi on a tendance à dévaloriser l’entraîneur local !»
«Concernant ma réaction à propos de la question posée à Madjer à propos de son salaire par rapport à Alcaraz, j’ai entendu dire : «Heureusement que vous n’avez pas le même salaire que l’ancien sélectionneur.» Là, j’ai eu le réflexe naturel de dire pourquoi pas ? Ce n’est pas par rapport au montant, mais l’intérêt est que mentalement, on part déjà avec l’idée de sous-estimer l’Algérien par rapport à un étranger. Je veux dire qu’un Algérien ne peut pas toucher comme Alcaraz. Donc, voilà on aurait pu dire c’est trop mais dire heureusement, c’était un peu osé.»
 

Menad : «La touche de chacun de nous doit être ressentie et remarquée dans cette équipe !»

Pour sa première expérience comme entraîneur adjoint de l’Equipe nationale, Djamel Menad se dit honoré par cette marque de confiance et promet d’apporter sa touche avec son ancien camarade champion d’Afrique des nations en 1990. «Ma contribution dans ce staff technique sera la même que celle évoquée par Meziane Ighil. Sur le triple plan sportif, technique et tactique, il y a lieu de dire qu’un staff composé de trois entraîneurs ne peut fonctionner seul. Je crois que mon vécu en tant que je joueur d’abord puis comme entraîneur m’aideront à apporter ce que j’ai appris à la sélection.»

«Ma modeste expérience pourrait servir Madjer et l’aider à diriger la sélection»
«J’ai exercé en Algérie comme entraîneur depuis plus de 20 ans, j’en connais un bout. Je peux apporter ma contribution à tout ce qui touche au plan méthodologie, scientifique, technique et physique. Je dirais que ma modeste expérience pourrait servir et aider Madjer à diriger cette sélection. Maintenant si Madjer m’a fait appel, c’est qu’il a  vu en moi quelqu’un qui a du vécu comme entraîneur. J’espère être à la hauteur de cette attente.»

«Je l’ai dit, monter une équipe composée essentiellement de joueurs locaux est impossible»
«On m’avait demandé si on pouvait former une Equipe nationale composée de joueurs locaux uniquement, j’ai répondu non. Je me rappelle bien de cela et je réitère mon idée. J’avais dit que c’était impossible, et le temps m’a donné raison. La preuve, cette débâcle de la Libye. C’est aussi la preuve qu’en ce moment bien précis, on ne peut monter une sélection nationale A composée dans sa majorité de joueurs locaux.»

«On peut lancer certains locaux pour en faire de bonnes doublures»
«On peut lancer quelques joueurs locaux dans certains postes bien précis mais je pense qu’ils seront là comme doublures. J’ai eu une discussion avec le président et les membres du staff et j’ai dit  qu’il faut essayer d’inverser la tendance parce que là, je pense qu’on est à peu près à 70% de joueurs qui évoluent à l’étranger et à 30% de joueurs locaux.»

«Je ne suis pas contre le joueur local mais la catastrophe contre la Libye m’a donné raison»
«Je ne suis pas contre le joueur local et je ne suis pas en train de remettre en cause les qualités de certains d’entre eux, au contraire. Mais la catastrophe contre la Libye m’a donné raison. Maintenant, il faut travailler à plein temps et organiser des stages réguliers pour améliorer le rendement de nos locaux. Le meilleur exemple en Afrique de ce que je suis en train d’avancer est l’Egypte qui fonctionne avec une majorité de joueurs issus du championant local et cela lui donne la possibilité de faire plusieurs stages hors dates FIFA et construire une équipe en toute liberté.»

«On travaillera collégialement et que chacun de nous apporte sa pierre à l’édifice»
«Quand je dis convaincre, je veux dire qu’il faudra plaire aux supporteurs de l’Equipe nationale. Donc notre touche doit être perceptible, on est là pour travailler collégialement et que chacun de nous apporte sa pierre à l’édifice.»  

«On est confrontés à des problèmes d’adaptation en Afrique, l’équipe doit apprendre à se battre»
«Vous êtes des journalistes, vous arrivez à décortiquer les matchs de l’Equipe nationale qu’elle livre à l’extérieur, notamment en Afrique, et je crois que vous n’êtes pas sans savoir qu’on est confrontée à des problèmes d’adaptation et d’engagement en Afrique. Chez nous, il n’y a pas de problème, même si on a été accrochés par le Cameroun et battus par la Zambie à Constantine. Je veux dire qu’on arrive à s’imposer à domicile facilement, mais on sent notamment en phases finales de Coupe d’Afrique que l’équipe n’arrive pas à se transcender. On sent qu’elle a du mal à s’adapter aux conditions réelles de l’Afrique»

«Nos joueurs doivent montrer plus d’engagement en Afrique»
«Quand je vois nos joueurs, notamment les binationaux qui jouent bien avec leurs clubs et se défoncent, je veux qu’on reproduise le même effort en sélection. Je ne dis pas qu’ils sont des tricheurs ou ne veulent pas se donner à fond en Equipe nationale, loin de là, je ne doute pas de leur bonne foi, mais il y a certains facteurs qui influent sur leur rendement.»

«On doit organiser des stages de préparation en Afrique noire»
 «Vous savez, le grand problème de notre équipe est qu’on ne dispose pas de dates FIFA. Je pense que même pour les joueurs locaux, on peut avoir des difficultés avec nos clubs. On ne peut se permettre de les regrouper chaque semaine parce qu’un président ou un entraîneur club est en droit de revendiquer ses joueurs pour préparer des rendez-vous importants dans la semaine. Il faut qu’il y ait une entente avec les entraîneurs, les présidents de club et penser à organiser des stages répétitifs surtout pour les joueurs locaux, pour le bien de notre football.»

Publié dans : madjer raouraoua Meziane Ighil

Fil d'actualité



Compétitions

Sélectionner

Sondage

Archive

Quelle sélection va le plus vous manquer à la Coupe du Monde 2018 ?

Retrouvez le meilleur de notre communauté

Dossiers

Liste
10:11 | 2017-08-04 PSG : Neymar, 10 dates-clés dans sa carrière

À 25 ans, l'étoile montante du foot possède déjà une carrière bien remplie. La preuve en 10 instants charnières du désormais plus cher joueur de l'histoire.

14:21 | 2017-03-25 Leicester City : Claudio Ranieri, la gloire puis la chute en 10 dates

En un an demi sur le banc de Leicester, Claudio Ranieri a tout connu.

09:56 | 2017-01-01 Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

Les 10 matches qui nous ont scotchés en 2016

11:26 | 2016-12-08 A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

A Manchester City, la percée des jeunes va entraîner la saison des soldes

Edition PDF

N° 3908 17/11/2017

Archive

Année
  • 2017
  • 2016
  • 2015
  • 2014
  • 2013
  • 2012
  • 2011
  • 2010
  • 2009
Mois
Jour
Voir