Equipe d'Algérie

Bensebaïni : «Gourcuff m’a dit qu’il pourrait me convoquer pour le tournoi du Qatar»

«Voilà pourquoi je n’ai signé ni à Arsenal ni au FC Porto.» «Ma mère ne voulait pas que je fasse l’Académie du Paradou.»

Auteur : Saïd Fellak lundi 02 mars 2015 20:26

C’est dans la ville de Lierre, située dans la province d’Anvers, que le défenseur central, Ramy Bensebaïni, nous a reçu lundi dernier, au lendemain de la rencontre de championnat disputée à Malines et à laquelle le coach national, Christian Gourcuff, était présent dans les tribunes, afin de le superviser. Le natif de Cirta nous a aimablement accordé cette interview qu’on vous invite à apprécier. De ses débuts dans le foot à son parcours à Lierse SK, en passant par ses essais à Arsenal et Porto, le joueur nous a tout dit.
Racontez-nous, tout d’abord, comment s’est effectuée votre arrivée dans ce club de Lierse SK ?
J’étais venu l’été dernier. J’ai effectué des tests ponctués par un match amical face à un club de 2e Division. L’entraîneur de l’équipe première était présent et a été séduit par ma prestation. Après, je suis rentré au pays, avant que les dirigeants du club m’appellent pour me dire qu’ils voulaient m’engager.
Et votre saison jusque-là, comment s’est-elle effectuée ?
Au départ, ç’a été un peu compliqué pour moi, notamment lors des premiers matchs de la saison. Le coach ne me faisait pas totalement confiance. Par la suite, il m’a fait jouer et petit à petit, je me suis imposé. El hamdoulilah.  
La nomination d’Olivier Guillou à la tête de l’équipe vous a-t-elle fait du bien ?
Evidemment. C’est un coach qui me connaît parfaitement. C’est lui qui m’a formé à l’Académie du Paradou et il sait de quoi je suis capable. Il m’a eu sous sa coupe pendant plus de cinq ans. C’est un avantage.
Le club traverse une situation difficile en championnat, en témoigne sa dernière place au classement. Comment le vivez-vous lorsqu’on connaît votre jeune âge ?
On joue sans pression. On a un groupe de jeunes joueurs dont la plupart évolue pour la première fois au sein de l’élite professionnelle. On n’a rien à perdre et moi, je ne fais pas trop de calcul. Les supporters sont compréhensifs avec nous car ils savent que ce n’est pas nous (les jeunes) les responsables de cette situation dans laquelle se trouve le club.
Parlez-nous un peu de votre style de jeu ?
Mon jeu, je l’ai appris à l’Académie. Un style propre aux Académiciens. Je suis un joueur technique. Je pose le ballon le plus longtemps possible. J’essaye de jouer calme et ne pas dégager le ballon devant.
Votre entraîneur n’a pas tari d’éloges sur vous, mais il a néanmoins dit que vous aviez tendance à perdre le contrôle de vos nerfs, qu’il fallait que vous progressiez à ce niveau…
(Il sourit.) Oui, c’est vrai que ça m’arrive de m’emporter en plein match. Je sais que ce n’est pas une bonne chose, notamment pour moi qui suis devenu professionnel, mais avec le temps et beaucoup de travail, je finirai par oublier ces mauvaises habitudes.
Si on revenait sur votre formation, qu’avez-vous appris de votre parcours à l’Académie de Paradou qui aura duré six années ?
J’ai tout appris là-bas. N’était le Paradou, je ne serai pas là où j’en suis maintenant. La formation là-bas m’a beaucoup aidé à bien m’intégrer ici en Europe.
Comment s’est effectuée votre arrivée dans cette Académie ?
A vrai dire, j’étais à Constantine avec ma famille, lorsque les gens de cette Académie faisaient faire des essais à de jeunes enfants. Je me suis prêté au jeu et au final, on m’avait retenu. On m’avait demandé de venir à Alger pour passer un test final et c’est là-bas que mon intégration à l’Académie a été validée. J’avais un peu plus de 11 ans.
Quelle était la position de vos parents par rapport à ça ?
Je ne vous cache pas qu’il y avait discorde chez mes parents. Mon père était favorable pour que je fasse cette Académie alors que ma mère était contre et me voulait encore auprès d’elle. Ce n’était pas facile pour elle de me laisser partir comme ça très jeune.
Vous êtes d’où exactement de Constantine ?
Je suis de la cité appelée «Boussouf». Je salue tous ceux qui sont de là-bas.
Il y a deux ans, vous aviez effectué des tests à Arsenal. Pourquoi n’y a-t-il pas eu de signature au bout ?
Tout d’abord, il faut savoir qu’Arsène Wenger est un ami de Jean-Marc Guillou. Ce dernier m’a proposé à lui et voilà comment ça a débuté. J’ai passé un mois là-bas à m’entraîner avec l’équipe première. J’ai aussi joué trois matchs avec les U20 du club. J’ai donné satisfaction, mais après je ne pouvais pas rester, car j’ai rencontré un problème au niveau des papiers. Je devais compter au moins une sélection avec l’Equipe nationale première et disposer d’un passeport européen. Malheureusement pour moi, ce n’était pas le cas.
Avez-vous eu des rapprochements avec les stars de l’équipe ?
Je discutais souvent avec les joueurs francophones, à l’image de Sagna, Giroud et Gervinho. Il y avait aussi Chamakh avec lequel je m’entendais très bien. Il m’emmenait souvent à l’entraînement avec lui. Un chic type.
Par la suite, il y a eu les essais effectués au FC Porto. Qu’est-ce qui a bloqué cette fois ?
A Porto, je suis parti avec deux de mes coéquipiers de l’Académie. Le club m’avait retenu dans un premier temps, mais pour une question d’argent (montant du transfert et salaire), ça ne s’est pas fait. Les deux clubs ne se sont pas mis d’accord.
Donc, on peut dire que Zetchi vous a privé d’une expérience avec le FC Porto…
Non, ce n’est pas lui qui m’a privé. Les dirigeants de Porto voulaient m’avoir presque gratuitement. Ils m’ont proposé un salaire minable.
Et à l’OGC Nice ?
Là-bas, j’avais effectué une séance d’entraînement mais après j’avais contracté une blessure qui m’a donc éloigné des terrains durant quelques semaines. Les dirigeants de Nice ne voulaient pas prendre de risque.
En Algérie, avez-vous eu des offres de clubs de l’élite ?
Certains clubs me voulaient. Je crois qu’il y avait l’USMH et l’USMA, mais je ne suis pas sûr. Je n’étais pas directement au courant, puisque c’est Zetchi qui s’en occupait. Lui, il ne m’en a pas parlé ouvertement.
Passons à l’EN. Comme vous le savez, Christian Gourcuff est à la recherche de nouveaux défenseurs centraux. Vous êtes l’une de ses cibles et il semblerait qu’il vous ait déjà contacté. Vous confirmez ?
Oui, il m’a appelé au téléphone dernièrement (avant le match face à Malines, disputé dimanche dernier).
Que vous a-t-il dit au juste ?
Rien de très spécial. Il m’a juste dit qu’il m’avait appelé pour m’encourager et me pousser à travailler encore plus. Il m’a aussi fait savoir que Mansouri avait dit beaucoup de bien de moi et qu’il allait me suivre de très près à l’avenir.
Mansouri vous a supervisé il y a quelques semaines, c’est bien ça ?
Oui, il était venu me superviser lors du match qu’on avait disputé face au Cercle de Bruges. Il est venu me parler après le match et m’a félicité pour ma bonne prestation ce jour-là. Il m’a dit que mon profil correspondait parfaitement à celui recherché par le coach.
Gourcuff vous a-t-il dit qu’il comptait peut-être vous appeler pour le prochain tournoi amical du Qatar ?
Oui, il m’a parlé de ce tournoi et m’a dit qu’il y avait une possibilité pour que je sois retenu. Evidemment, je serai très heureux d’intégrer l’EN. Ce serait un rêve pour moi.
Vous n’avez même pas bouclé vos 20 ans. Sentez-vous réellement que vous pouvez intégrer l’EN en ce moment ?
Sincèrement, je me sens prêt à 100 % à intégrer la sélection. Mais après, si on ne fait pas appel à moi, ce n’est pas trop grave. L’avenir m’appartient et je ferai en sorte de travailler encore plus pour être là le plus rapidement possible.
Est-ce que vous connaissez certains joueurs de l’EN ?
Je les connais tous, mais pas personnellement.
Si on parlait de l’Académie de Paradou. Pas mal de gens disent aujourd’hui que ç’a été un échec. Vous dites quoi ?
Non, je ne le pense pas. Il faut juste laisser le temps aux joueurs de s’exprimer et grandir. Pas mal d’entre eux ont trouvé des clubs et l’avenir nous dira combien de joueurs auront réussi à faire une grande carrière.
Il y a deux ans de cela, il y a eu la CAN des U20. Vous avez effectué tous les stages sous l’ère du sélectionneur Nobilo, mais au final, vous n’avez pas été retenu pour le tournoi. Vous n’étiez pas frustré ?
Oui, j’ai fait tous les stages avec la sélection. J’ai toujours répondu présent, mais pour cette CAN, on m’a mis de côté. Je n’étais pas le seul, puisque quatre autres parmi mes coéquipiers au sein de l’Académie ont eu droit au même traitement. Ça m’avait vraiment frustré car j’avais vraiment envie de jouer cette compétition.
Pourquoi au juste ?
Aucune idée. Personne ne nous a donné des explications.
En tant que Constantinois, on imagine que vous êtes pour le CSC…
Evidemment. Je suis à fond avec le CSC. Dommage, on n’est pas au top cette saison !
Vous envisagez un jour de porter les couleurs du CSC ?
Inch’Allah. Vers la fin de ma carrière, pourquoi pas ? Maintenant, je veux m’imposer en Europe.

Publié dans : Qatar gourcuff Mansouri Bensebaini Paradou Zetchi

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